Du banc de l’Union au onze de base en Italie, Fedde Leysen revient sur son transfert réussi : “Je joue ma Champions League avec Sassuolo en Serie A”
C'est tout le charme du football. Fedde Leysen, plus souvent sur le banc que sur le terrain en ce début de saison avec l'Union, revit en Italie. Transféré fin août à Sassuolo, actuel dixième de Serie A, le Belg...
C'est tout le charme du football. Fedde Leysen, plus souvent sur le banc que sur le terrain en ce début de saison avec l'Union, revit en Italie. Transféré fin août à Sassuolo, actuel dixième de Serie A, le Belge de 23 ans s'est rapidement imposé comme un titulaire indiscutable au cœur de la défense. Avec, récemment, une victoire arrachée au bout des arrêts de jeu face à la grande Juventus… "C'était irréel comme moment, sourit-il. J'ai ressenti des sensations incroyables, j'avais l'impression d'être dans un film !"
Avant de défier le Milan AC ce dimanche, Fedde Leysen s'est confié sur ses premiers pas en Italie, mais aussi sur ses trois années à l'Union. Un long chapitre de sa jeune carrière, avec des hauts et des bas, qu'il évoque avec plus de fierté que de frustration.
Plus de points que jamais après 7 journées, plus de buts et plus de style : on vous explique pourquoi l'Union est la meilleure version d'elle-mêmeQu'est-ce qui vous a le plus marqué durant votre premier mois en Italie ?
Le niveau du football est vraiment top. Nous avons une très bonne équipe qui joue un football très différent de ce que je connaissais à l'Union, où on misait davantage sur l'intensité, le pressing et le contre-pressing. Avec Sassuolo, on essaye de bien jouer au football dans un système offensif en 4-3-3. Durant les premières semaines, j'ai dû m'adapter à ce système de jeu différent de celui de l'Union, mais c'est toujours plus facile de passer d'une défense à trois à une défense à quatre que l'inverse.
À quoi ressemble votre quotidien ?
Déjà, c'est la toute première fois de ma vie que je mettais les pieds en Italie (sourire). J'habite à Modène, à une vingtaine de kilomètres de Sassuolo. C'est une petite ville avec beaucoup d'histoire, où j'ai mon propre appartement. Quand j'ai signé au club, je n'avais jamais parlé italien de ma vie. Désormais, j'ai commencé les cours et je peux déjà dire certaines choses basiques : "ciao come stai", "tutto bene" (sourire). Le coach parle 90 % du temps en italien et je peux le comprendre s'il ne va pas trop vite.
Après un premier match sur le banc, vous avez enchaîné avec 100 % de temps de jeu lors des cinq dernières rencontres. Vous attendiez-vous à vous imposer aussi rapidement ?
Quand je suis arrivé à Sassuolo, le coach m'a dit qu'il n'avait pas beaucoup de défenseurs centraux à sa disposition, donc je me suis dit qu'il y avait une belle carte à jouer. Je pense avoir montré aux entraînements et lors des matchs que j'avais le niveau, même si je ne m'attendais pas à autant jouer aussi rapidement (NdlR : derrière Leysen, le responsable communication prend la parole en français : "Fedde est très fort, il mérite de jouer !").

Qui sont les grands leaders de votre équipe ?
Nous avons des joueurs comme Nemanja Matic, Domenico Berardi ou encore Armand Laurienté. Globalement, nous avons une équipe talentueuse, qui est très jeune mais aussi très mature. Sebastiano Esposito, qui a joué à Anderlecht, est aussi dans l'équipe, tout comme le Belge Ignace Van der Brempt, qui est un back droit très fort avec le ballon et très athlétique. C'est un défenseur moderne qui fera parler de lui en Serie A après quelques semaines d'adaptation.
Vous venez d'affronter la Juventus et vous allez jouer contre le Milan AC le week-end prochain : vous ne jouez pas l'Europa League avec l'Union, mais c'est tout comme…
Je dis souvent à mes amis qu'il y a tellement de top clubs en Serie A que je joue presque chaque week-end un Super Sunday belge… Je joue ma Champions League avec Sassuolo en Serie A, c'est même plus que cela, car je vais affronter ces équipes deux fois sur la saison. Quand je suis à la maison, je me dis parfois : "C'est fou, qu'est-ce que je fais ici ?"
guillementBeaucoup de joueurs rêvent de porter le maillot des Diables et je fais partie de ceux-là.
Que retenez-vous de votre passage de trois ans à l'Union ?
Je retiens d'abord le fait qu'on ait gagné tellement de matchs ! Au total, j'ai remporté cinq titres avec l'Union, c'est le plus beau que tu puisses imaginer dans une carrière de footballeur. Il y a eu beaucoup de hauts, mais aussi quelques bas, comme mon temps de jeu qui a diminué la saison dernière. C'était dur à vivre, tout le monde sait qu'un joueur n'est pas heureux quand il ne joue pas. Je pensais avoir les qualités pour jouer, mais l'entraîneur préférait aligner Ross Sykes, ce que j'ai évidemment respecté.
On vous voyait souvent courir tout seul sur la pelouse après les matchs, quand vos coéquipiers étaient déjà rentrés au vestiaire…
C'était une des choses les plus difficiles à vivre, mais c'était vraiment important de le faire. Si je voulais être prêt physiquement et ne pas accuser de retard sur mes coéquipiers qui avaient joué, je devais le faire. Je le faisais de ma propre initiative, en collaboration avec le préparateur physique. Je pense avoir été assez professionnel pour être toujours prêt.

Pensez-vous que vos erreurs face à Newcastle et à l'Inter Milan en Champions League ont eu un impact sur votre temps de jeu ?
Peut-être, mais ce serait quand même bizarre si c'est le cas. J'ai simplement dû accepter les choix du coach et travailler dans l'ombre. D'ailleurs, je n'ai aucun problème avec l'Union, qui m'a donné énormément de choses. Ce club m'a permis de gagner de nombreux titres et de me développer en tant que joueur et en tant qu'homme.
Il y a 50 ans, en faillite, l'Union était sauvée grâce à Anderlecht, au Standard... et Thierry Le LuronQuand avez-vous senti que la fin de votre aventure était arrivée ?
C'est difficile à dire, car c'est une sensation que je ressentais depuis plus longtemps que ce début de saison. Cela a grandi petit à petit au fil des mois. Le fait de ne pas avoir été sélectionné dans la liste européenne pour affronter Bodo/Glimt a été un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Cela a vraiment été dur à vivre… Pourtant, à ce moment-là, j'étais clairement dans un état d'esprit qui me disait que tant que je n'avais pas signé dans un autre club, je me donnerais toujours à 200 % pour l'Union, en étant professionnel et loyal.
Quand avez-vous entendu parler de l'intérêt de Sassuolo pour la première fois ?
Cela faisait longtemps que les dirigeants s'intéressaient à moi, ils avaient déjà parlé avec mes agents dans le passé. Quand un club stable de Serie A, qui propose un chouette style de football avec des joueurs talentueux, te veut, tu te dis que tout s'aligne. J'ai encore beaucoup de choses à améliorer et Sassuolo est le club parfait pour continuer à grandir.
guillementQuand un club stable de Serie A, qui propose un chouette style de football te veut, tu te dis que tout s'aligne.
Quel regard portez-vous sur le début de saison de l'Union ?
J'ai presque vu tous les matchs et l'équipe m'a quand même fort surpris positivement. En plus de gagner, l'Union joue très bien malgré l'énorme pression qui entoure l'équipe. Je suis heureux de ce début de saison réussi, ils montrent qu'ils seront encore là en fin de saison pour jouer le titre.
Pensez-vous encore parfois à une première sélection chez les Diables rouges ?
Pour le moment, je suis concentré à 100 % sur Sassuolo, sans penser au reste. Si cela doit se passer, cela se passera. Beaucoup de joueurs rêvent de porter le maillot des Diables et je fais partie de ceux-là. C'est clair que c'est sûrement plus facile d'y arriver en évoluant dans un grand championnat étranger.
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