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Dons, reconditionnement, recyclage… Le secteur de la mode a désormais l’interdiction de détruire les vêtements et chaussures invendus

Chaque année en Europe, 600 000 tonnes de produits de mode invendus sont détruites par des entreprises. ...

Chaque année en Europe, 600 000 tonnes de produits de mode invendus sont détruites par des entreprises.

Radio France

Publié le 19/07/2026 06:37

Temps de lecture : 2min

Un centre de collecte de vêtements, le 17 septembre 2025. (NICOLAS LIPONNE / MAXPPP)
Un centre de collecte de vêtements, le 17 septembre 2025. (NICOLAS LIPONNE / MAXPPP)

À partir de dimanche 19 juillet, les grandes entreprises n'ont plus le droit de détruire leurs vêtements ou leurs chaussures invendus, ce qui représente chaque année probablement 600 000 tonnes de produits en Europe. L'interdiction vaut dans toute l'Europe. L'objectif ultime est de rendre l'industrie de la mode un peu plus propre.

Ce n'est plus possible de détruire en masse, tous les ans, des textiles qui n'ont même pas été portés. C'est le sens du nouveau règlement européen qui s'applique, à partir de dimanche 19 juillet, pour les très grandes entreprises. Les sociétés de taille moyenne ont un délai jusqu'en 2030. Ces invendus tout neufs, détruits chaque année, génèrent plus de 5 millions et demi de tonnes de CO2. C'est l'équivalent des émissions de la Suède en une année, mais aussi du CO2 rejeté par un million de voitures chaque année, ou encore par 5 millions et demi de trajets Paris/New York en avion.

Les entreprises vont devoir trouver des alternatives pour leurs invendus. La solution la plus évidente, c'est la revente mais on peut penser aux dons de vêtements et de chaussures, au reconditionnement ou même au recyclage. L'objectif est de remettre en circulation les matières sous une forme ou sous une autre.

Il y a tout de même des exceptions : les produits vont pouvoir être détruits pour des raisons de sécurité, si on constate des dommages ou encore s'il y a une atteinte à la propriété intellectuelle. En clair, on va continuer à faire la chasse aux contrefaçons. Toutes les entreprises vont être concernées : fabricants, importateurs comme distributeurs. Et ce n’est pas tout, il faudra aussi plus de transparence, notamment pour le consommateur. Ce sera le cas avec le passeport numérique. Il fournira toutes sortes d'informations sur les matières, l'origine, la capacité à être recyclé ou les impacts environnementaux de la fabrication du vêtement.

En réalité, c'est une transformation radicale qui est demandée au secteur de la mode. Le but, c'est de concevoir des vêtements faits pour durer, pour être réparés si besoin, donc sortir de la logique du jetable et même tout simplement produire moins quand on sait que cette industrie est responsable de 20% de la pollution de l'eau potable dans le monde, qu'en Afrique, destinataire numéro 1 des déchets textiles européens, les habits terminent souvent dans des décharges à ciel ouvert…

Alors même avec le nouveau règlement, les associations de défense des plus fragiles restent inquiètes. Elles craignent que les entreprises ne déversent leurs excédents sur le secteur caritatif, déjà noyé sous les habits de mauvaise qualité, impossibles à réparer, sans valeur à la revente. Et pire que tout : en acceptant ces dons, les associations récupéreraient aussi la responsabilité de la fin de vie de ces textiles. Donc les nouvelles règles européennes vont dans le bon sens mais ne régleront sans doute pas tout.

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