Dominique Moïsi: “La supériorité du monde occidental est en train de prendre fin”
Selon le géopolitologue Dominique Moïsi, le monde est actuellement le théâtre d'un bouleversement géopolitique majeur, qui voit la "supériorité occidentale" décliner. Face à des acteurs "irrationnels", l'observateur plaide pour une montée en puissance de l'Europe.
Selon le géopolitologue Dominique Moïsi, le monde est actuellement le théâtre d'un bouleversement géopolitique majeur, qui voit la "supériorité occidentale" décliner. Face à des acteurs "irrationnels", l'observateur plaide pour une montée en puissance de l'Europe.
Le monde n'est plus rationnel et est désormais régi par les passions: c'est par cette thèse que le géopolitologue français Dominique Moïsi explique la "fuite en arrière" du monde actuel, où l'irrationalité "triomphe".
Ainsi, alors qu'ils devraient plutôt s'appuyer sur leurs alliés, les Etats-Unis les humilient. "On a eu l'impression pendant plusieurs mois après le retour de Donald Trump qu'ils étaient plus généreux avec leurs ennemis traditionnels et rivaux qu'avec leurs alliés", analyse le cofondateur de l'Institut français des relations internationales (IFRI) dans La Matinale de la RTS.
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Selon lui, le constat est le même concernant la Russie. "La menace pour elle, en termes de sécurité et d'avenir stratégique, vient de l'Est. C'est la montée en puissance d'une Chine qui la traite de plus en plus comme un vassal. Or, la Russie attaque l'Ouest", poursuit le géopolitologue, qui signe l'ouvrage 'Le triangle des passions du monde – Comprendre le chaos qui vient'.
>> L'interview complète de Dominique Moïsi dans La Matinale :
AFP - JEAN-PIERRE MULLER
Nouvel ordre mondial
Pour Dominique Moïsi, nous assistons aujourd'hui au passage à une nouvelle ère géopolitique. "La supériorité du monde occidental est en train de prendre fin sous nos yeux, accélérée par la personnalité étrange de Donald Trump. Le président lui-même n'est pas la cause, mais un symptôme du déclin", commente l'observateur.
La victoire des autoritarismes et le triomphe des populismes ne sont cependant pas inéluctables, estime-t-il. "Il y a des mécanismes, des contre-feux démocratiques qui se mettent en place et qui naissent."
Face à ce nouvel ordre mondial, le Français l'affirme: l'Europe doit devenir un "centre de puissance" afin de contrer notamment "l'action conjointe de Donald Trump qui la trahit et de Vladimir Poutine qui la menace directement".
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Propos recueillis par Adrien Krause/iar