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Disparition. François Patriat, 52 ans d’une vie politique intense

Né à Semur-en-Auxois le 21 mars 1943, vétérinaire de formation (il a été major de promotion en 1968 à l’école nationale d’Alfort) puis de profession à Pouilly-en-Auxois, il s’engage en 1974 au sein d’un Parti s...

Né à Semur-en-Auxois le 21 mars 1943, vétérinaire de formation (il a été major de promotion en 1968 à l’école nationale d’Alfort) puis de profession à Pouilly-en-Auxois, il s’engage en 1974 au sein d’un Parti socialiste alors en pleine progression.

Élu conseiller général de la Côte-d’Or en 1976 – il le restera pendant plus de trente ans jusqu’en 2008 –, il prend rapidement une dimension nationale en devenant député en 1981, surfant sur la « vague rose » consécutive à l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

Réélu dans la cinquième circonscription de Côte-d’Or en 1986 puis 1988, il devient également maire de la petite commune de Chailly-sur-Armançon en 1989, un poste qu’il occupera jusqu’en 2001.

Ministre de l’Agriculture quelques mois

Grand amateur de cyclisme et de chasse, le Côte-d’Orien fait son entrée au sein du gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin, d’abord comme secrétaire d’État chargé des Petites et moyennes entreprises (PME), du commerce et de l’artisanat (d’octobre 2000 à février 2002) puis en tant que ministre de l’Agriculture pendant à peine un peu plus de deux mois (entre février et mai 2002).

Le 2 avril 2004, sa liste de gauche plurielle l’emporte aux élections régionales et François Patriat succède à Jean-Pierre Soisson à la tête de la Région Bourgogne. Réélu en 2010, il cède sa place à Marie-Guite Dufay après la fusion avec la Franche-Comté en 2015.

Un soutien sans faille à Emmanuel Macron

Devenu sénateur en 2008, il prend peu à peu ses distances avec le Parti socialiste. Mais c’est sa rencontre avec Emmanuel Macron qui le fera définitivement tourner le dos à sa famille politique en 2016, l’ancien ministre devenant l’un des premiers soutiens du futur plus jeune président de la Ve République.

Membre du bureau exécutif de la République en marche, puis cadre du parti Renaissance, François Patriat était le chef de file du groupe macroniste RDPI (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) au Sénat depuis sa création en 2017.

Juin 2026 : le temps du retrait

Le 24 juin dernier, il annonçait dans nos colonnes ne pas se présenter aux élections sénatoriales du 27 septembre prochain. « Quand on est dans l’action, quand on est en forme intellectuellement et physiquement comme c’est mon cas, on peut se dire que les choses peuvent continuer » détaillait-il.

« Mais il y a la passion et la raison. La passion, c’est la politique, je l’ai toujours fait avec beaucoup d’humilité contrairement à d’autres. Et la raison, c’est l’âge, c’est la durée et c’est la politique d’aujourd’hui. C’est une décision de lucidité, de sagesse. J’ai été sollicité pour continuer mais ce qui a guidé ma décision, c’est une forme d’éthique, la volonté de ne pas faire le mandat de trop. Il faut savoir à un moment s’effacer, prendre du recul ».

Il ajoutait toutefois : « Je n’ai pas dit que je me retirais de la vie politique. Je continuerai de soutenir le chef de l’État, je m’engagerai dans la campagne présidentielle et si je peux aider des collectivités, je le ferai. Ma vie ne sera pas vélo, jardin, golf… Je vais m’occuper de moi et de ma famille, mais je vais continuer à faire de la politique. Le combat politique me passionne ».

La passion, c’est la politique, je l’ai toujours fait avec beaucoup d’humilité contrairement à d’autres.

F. Patriat en juin 2016