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DIRECT. Narcotrafic à Toulouse : comment depuis la Hollande, les trafics de drogue et notamment de cocaïne prennent de l’ampleur aux Izards, à Toulouse

Ce mardi, le procès de Mohamed Zerrouki, surnommé le "boss des Izards", qui aurait longtemps été à la tête du trafic de stupéfiants dans ce quartier de Toulouse, se poursuit devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Son co-accusé, Badeddrine Abbou, sera interrogé sur les ramifications internationales de cette organisation qui aurait généré notamment 3,7 millions d’euros de chiffre d'affaires en dix-huit mois. 

l'essentiel Ce mardi, le procès de Mohamed Zerrouki, surnommé le "boss des Izards", qui aurait longtemps été à la tête du trafic de stupéfiants dans ce quartier de Toulouse, se poursuit devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Son co-accusé, Badeddrine Abbou, sera interrogé sur les ramifications internationales de cette organisation qui aurait généré notamment 3,7 millions d’euros de chiffre d'affaires en dix-huit mois. 

14h28.

Le piège des écoutes

Quand une enquête européenne a permis de saisir, dans le nord de la France, les serveurs où se trouvaient stockées les conversations des Sky ECC, ces téléphones réputés inviolables prisés par les voyous européens, les enquêteurs de la police judiciaire ont pu ouvrir le champagne. Notamment à Toulouse où les conversations de Zerrouki et ses amis nourrissent le dossier. "Ces écoutes ont amené du concret à nos soupçons", ra reconnu lors de sa déposition de commissaire de police.

La présidente Dominique Coquizart lit des larges extraits de ces conversations enregistrées notamment en 2020 entre Zerrouki et Abbou. C'est actif l'activité des dealers de drogues... Et cela commence bien avant 2019. "Cinq ans, frère, cela fait cinq ans, bientôt six. Et on n'a fait qu'avancer, faire et refaire mais avancer. On n'a fait qu'avancer ! On travaille avec notre tête", se réjouit Mohamed Zerrouki en mai 2020. Ennuyeux.

14h13.

Zerrouki admet son implication dans le stup entre 2019 et 2021

"Sur quelles années reconnaissez-vous votre implication ?", demande la présidente Coquizart à Mohamed Zerrouki. "A partir de 2019 jusqu'en 2021..." Avant, "rien", assure le "boss" désigné. Pas d'écoute, pas de trace. "Il y a eu pas mal d'enquête à cette époque. Je n'apparais nul part", répète encore Mohamed Zerrouki.

Lors de l'été 2019, son frère a été interpellé. Il avait été condamné en 2017 à 9 ans de prison dans un transport de cocaïne intercepté par la police. Il n'avait pas attendu le jugement pour disparaître. Son arrestation a-t-elle précipitée le retour de son grand frère sur le devant de la scène du trafic aux Izards ? Les initiés, et les policiers, le soupçonnent à défaut de l'affirmer. Mohamed Zerrouki se garde bien d'effectuer ce rapprochement.

14h10.

Pas de bénéfice ? L'accusé l'assure

"Et l'argent ? Vous vous êtes enrichi. Que sont devenus vos bénéfices ?" "Pas grand-chose... J'ai vécu, tranquille et confortablement." L'avocate générale a beau insister, l'accusé ne retrouve plus son argent.

"Pour un négociateur, c'est peu..." "J'étais un simple intermédiaire. Cinq kilos par mois, 3500 euros de bénéfices, ce n'est pas énorme." "Donc il n'y a pas eu d'enrichissement personnel de votre part ?", s'étonne la porte-parole de l'accusation. "Et au Maroc, vous n'avez rien ?" "Juste un petit appartement..."

13h49.

L'avocate générale offensive

Virginie Audebert se montre direct. En s'appuyant sur les écoutes, elle demande à Badeddrine Abbou : "Dans vos échanges, on constate une vraie complicité. Ce n'est un chef et intermédiaire, mais bien deux associés qui discutent de leurs projets." L'accusé n'affirme pas le contraire mais limite cette association déjà dénoncée par la police.

"Et M Boudjellah ?", enchaîne la porte parole de l'accusation. "C'est en arrivant ici que j'ai compris qui il était. Pour moi, c'était Mimi, un contact. Mais je ne travaillais pas avec lui."

Sur le même ton, Virginie Audebert s'étonne du cannabis toujours en stock, un an après. "On n'arrivait pas à le vendre", assure l'accusé. "Pendant presque un an ? Sérieusement ?" L'avocate générale ne dit pas mais pas difficile de comprendre qu'elle envisage d'autres livraisons passées sous les radars.

13h45.

Reprise des débats devant la cour d'assises

L'audience vient de reprendre.

Les questions de l'avocate générale sont prévus avant de nouvelles auditions des quatre accusés.

Le réquisitoire et les plaidoiries sont désormais programmée ce mercredi. Avec un possible verdict dès demain soir.

11h59.

L'audience est suspendue

Après trois heures d'un interrogatoire fouillé, l'audience est suspendue. Elle reprendra à 13h30.

La présidente Dominique Coquizart vient de confirmer que le réquisitoire aurait lieu demain matin.

11h55.

"Marre de vivre en marge de la société"

Lors de son arrestation, devant les policiers puis le juge d'instruction, Badreddine Abbou, encore aujourd'hui devant la cour d'assises, n'a pas caché grand-chose. La présidente veut savoir pourquoi. "Je en avais assez. L'importation-exportation, les allers-retours, les risques... J'avais envie de passer à autre chose. J'en avais marre de vivre tout le temps en marge de la socité", répond l'accusé.

11h35.

Pas impliqué dans les règlements de comptes

"Le 25 novembre 2020, vous interrogez Badr sur le marché toulousain. Vous vous inquiétez parce que l'argent ne rentre pas dans la caisse. Plus tard vous affirmez que vous pouvez prendre tous les terrains, donc vendre aux autres..." Badreddine Abbou ne contredit pas.

Retour sur les montres. La présidente cherche à savoir : "Vous êtes collectionneurs ou c'est pour autre chose" "Non, j'aime bien..." Me Parra-Bruguière intervient parce que certaines montres, retrouvées dans la voiture, sont des contrefaçons. "Pas toutes", sourit la présidente. "La Patek, c'était une fausse, pour frimer", prévient l'accusé.

En perquisition, une arme a été retrouvée dans sa voiture. Interrogé sur les règlements de comptes qui ont endeuillé le quarter des Izards, Badreddine Abbou se montre affirmatif : "Je n'ai jamai été impliqué, de près ou de loin, dans ces meurtres."

11h18.

Un intermédiaire "incontournable"

"Vous êtes au plus près des transactions, des transports d'argent... Votre rôle est incontournable", insiste la présidente, les yeux sur les écoutes. Pas de quoi déstabiliser l'intéressé.

"Vous constatez qu'il manque de l'argent; C'est quoi cette histoire ?" "C'était sur le cannabis... Il manquait 14000 euros." "Enfin vous expliquez à Badr combien cela doit être vendu. Donc vous vous intéressez aussi sur le prix de vente..." "Le but c'était de vendre à un certain prix", répond l'accusé que rien ne surprend, même les questions gênantes.

"Si one ne parlait pas de stupéfiants, on se croirait dans une épicerie", sourit la présidente qui , elle non plus, ne désarme pas. Nouvelle conversation et le rôle de l'accusé qui s'affirme : "Badr vous demande combien vous vendez le kilo. Vous répondez 39, immédiatement. 39 000 euros bien sûr. "

10h57.

Intermédiaire ou associé, l'accusé relativise 

"Si on vous écoute, on a le sentiment que Monsieur Zerrouki vous donne les ordre, que vous n'êtes qu'un simple intermédiaire. L'enquête ne dit pas ça, vous êtes associé", souligne la présidente. "C'est plus compliqué", affirme l'accusé."

"Et Ayoub Badr, le garagiste ? C'est un de vos cousin. Quand il parle de vous, il dit Patron. C'est lui qui ramène l'argent jusqu'en Hollande, qui collecte l'argent auprès de vos clients", résume encore la présidente. Badreddine Abbou confirme. "Nous étions régulièrement en contact. Il me servait d'intermédiaire avec Zerrouki mais quand l'argent était livré, il y avait souvent des trous dans les comptes... C'est par ironie qu'il m'appelle Patron.""

"Dans une conversation après l'arrestation à Saint-Tropez, vous vous inquiétez Vous demandez à Badr de dissimuler, l'argent et la drogue. Vous donnez des ordres, non ?" "Nous étions en contact", préfère, soudain vague, l'accusé.

10h43.

137 000 euros, de l'argent liquide qui intrigue

Toujours précise, Dominique Coquizart s'intéresse désormais à une voiture, une Citroën C4 saisi lors de l'arrestation du suspect à Launaguet, au nord de Toulouse, en mars 2022; Dans une cache, entre les sièges, 137 000 euros en liquide et plusieurs montres évaluées à 45 000 euros. "Sur cette somme, environ 45 000 euros m'appartenait. Pour les montres, je devais les faire passer discrètement aux acheteurs."

Badreddine Abbou ne se montre gère précis. Les montres de luxe serviraient de blanchiment dans le narcotrafic selon les services de police. Mohamed Zerrouki est accusé d'avoir eu un coffre avec plusieurs montres, au Maroc. "Jamais eu de coffre, ni de montre. J'aimerais bien. Cela tient du fantasme", a affirmé le "boss" hier lors de sa longue audition.

Confronté aux photos de sa maison qui parait bien confortable, à Rotterdam, Badreddine Abbou réfute tout blanchiment. Exceptée la saisie lors de son arrestation, l'enquête n'a pas permis d'identifier des sommes liés aux activités illicites de l'accusé. Ses relevés bancaires des banques hollandaise ne sont jamais parvenus au cabinet du juge d'instruction toulousain. Un mystère non élucidé.

10h37.

Un "indépendant" actif, aussi, sur le cannabis

S'il ne nie pas grand-chose, Badreddine Abbou reste quand même flou sur les quantités finalement livrés à Toulouse, aux Izards ou ailleurs. "Dans ces conversations, on voit que vous êtes très indépendant". "Cela a toujours été le cas", confirme l'accusé. Selon lui, sur les trois importations évoquées dans les écoutes, aucune n'est allée au bout. Quelques centaines de milliers d'euros ont même été perdus. "Ces pertes, c'était pour moi", affirme ce père de famille dont la mère, et l'épouse, assistent, silencieuses, aux débats."

Me Alexandre Parra-Bruguière défend Badreddine Abbou.
Me Alexandre Parra-Bruguière défend Badreddine Abbou. DDM Laurent Dard

Les questions évoluent vers le cannabis. Et sur 300 kilos arrivés à Toulouse en avril 2020, malgré le confinement. Depuis le Maroc, les "sarafs" ces banquiers occultent qui permettent les échanges discrets de centaines de milliers d'euros. Zerrouki et Abbou s'inquiètent du prix, "faut faire vite autrement à 5000 euros le kilo, on n'y arrivera pas !"

10h13.

Bateau ou avion, l'art de s'adapter...

Toujours à l'aise, placide, l'accusé ne réfute rien. Une conversation de novembre 2020 évoque un projet d'acheminement vers KLM Cargo, en passant par le Canada. "Dans un bar, un copain m'a présenté un type qui m'a évoqué cette possibilité", confirme l'accusé.

S'il ne lie pas grand-chose, Badreddine Abbou reste quand même flou sur les quantités finalement livrés à Toulouse, aux Izards ou ailleurs. "Dans ces conversations, on voit que vous êtes très indépendant". "Cela a toujours été le cas", confirme l'accusé. Selon lui, sur les trois importations évoquées dans les écoutes, aucune n'est allée au bout. Quelques centaines de milliers d'euros ont même été perdus. "Ces pertes, c'état pour moi", affirme ce père de famille dont la mère, et l'épouse, assistent, silencieuses, aux débats.

09h42.

Depuis le Brésil, un projet d'importation de 100 kg de cocaïne !

La présidente veut entrer dans les détails. Elle s'appuie sur une conversation de mars 2020, "période du confinement". Les choses deviennent beaucoup plus sérieuses. "Cette fois, vous évoquez une cargaison de 100 kg de cocaïne", prévient Dominique Coquizart. difficultés en soucis, la cargaison n'arrive pas. "En mai, vous avez des états d'âme. Vous dites : depuis 5 ans, je vis avec la peur au ventre..."

"Oui j'étais dans ce projet. Je l'avoue, répond l'accusé. Mais ces 100 kg, c'est tombé à l'eau". Au propre ou au figuré ? On ne sait pas. Selon Badreddine Abbou, qui raconte ces tentatives d'importation comme un dîner entre amis, tout aurait commencé dans un bar. "Un mec se trouvait avec un ami. On a discuté et voilà. Au bout d'un moment, il m'a dit que la charge minimale, c'était 100 kg. "

Si cette grosse importatoin semble avoir échoué, dans les comptes de Mohamed Zerrouki, et de Badreddine Abbou, la police a bien trouvé la trace de 100 kg de cocaïne. Une marchandise qui aurait permis, après 350 000 eurosd 'investissment, de dégager un million d'euros de bénéfice !

09h30.

"Avec les Izards, cela a commencé par un kilo de cocaïne"

"J'ai commencé à fournir des stupéfiants, et à utiliser ce téléphones en 2019. A l'époque, je n'étais pas encore en contact avec Monsieur Zerrouki." La présidente veut savoir pourquoi, après son retour en Hollande en 2017, il s'est lancé dans les stupéfiants. "Des soucis d'argent. Pour faire vivre ma famille", répond l'accusé.

Avec les Izards, à Toulouse, Badreddine Abbou a d'abord proposé un kilo de cocaïne "pour me dépanner". "Cela n'a pas posé de problème... Cela a commencé comme ça. Je suis descendu de Paris. Puis une autre kilo. Monsieur Zerrouki tenait sa parole. C'est devenu un roulement. J'ai appris comment cela fonctionnait. Et voilà..."

09h16.

Les Sky ECC, ces téléphones cryptés qui intriguent

Loin de Toulouse à partir de 2018, Badreddine Abbou réapparait dans l'environnement des Izards et dans l'enquête en 2020 avec l'utilisation d'un téléphone crypté.

"Est-ce vous qui achetait ces appareils, et qui les distribuait ?", interroge Dominique Coquizart. "Oui. Ces téléphones étaient en vente libre..." "Enfin pour connaître ces appareils, il faut savoir, être introduit. C'est quand même destiné à des activités illicites", insiste la présidente. "Une relation en Hollande m'a signalé et m'a expliqué comment cela se marchait."

Ces appareils, autour de 1000 euros à l'achat, s'accompagnaient d'abonnement à 2000 euros. "Qui décide qui dispose d'un PGP ?", demande la magistrate. Lors de l'enquête, tous les accusés disposaient d'un appareil, parfois de plusieurs. L'accusé confirme que les commandes "ont été demandées par Mohamed Zerrouki. Je gagnais 150 euros par appareil."

09h07.

Les débats reprennent devant la cour d'assises

Après un long après-midi marqué par les auditions de Mohamed Zerrouki et de son épouse, puis de Hakim Boudjellah, les débats devant la cour d'assises reprennent ce mardi matin avec l'interrogatoire de Badreddine Abou, 39 ans.

Né au Pays-Bas, ce garçon a grandi à Toulouse, dans les quartiers à partir de l'âge de 9 ans. Il a reconnu, depuis son arrestation, son implication dans le trafic de stupéfiants. "J'avais pas mal de contacts. Mon rôle était de mettre en relation les gens, de trouver de la cocaïne de qualité à bon prix", a-t-il expliqué la semaine dernière. Il refuse, en revanche, le rôle d'associé de Mohamed Zerrouki dans l'organisation des Izards, fonction que les policiers lui attribuent. "Je travaillais seul", affirme ce garçon sans casier judiciaire.

07h30.

Bonjour et bienvenue dans ce direct

Après une interruption jeudi soir, le procès de Mohamed Zerrouki et de ses trois autres accusés a redémarré lundi devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Il doit se poursuivre doit se poursuivre jusqu’à jeudi, date du verdict.

19h36.

Le trafic de drogue, au cœur de nombreux règlements de compte

Ce procès du narcotrafic met en évidence un mal qui gangrène aussi la Ville rose, théâtre encore le week-end dernier d'un règlement de compte. Un homme de 23 ans a été exécuté à la kalachnikov et régulièrement des armes de guerre sont retrouvées par des policiers. Une violence autour du trafic de drogue qui explose.

19h33.

Le train de vie du couple Zerrouki à la loupe

Hier, les juges ont examiné le train de vie des Zerrouki. Voyages, maison... la femme du principale accusée a expliqué à plusieurs reprises qu'elle ne savait pas d'où venait l'argent. "Je ne posais pas de questions, il n’aimait pas ", a-t-elle indiqué à la barre.

19h04.

Un trafic de drogue très très lucratif

Pas moins de 3,7 millions d’euros en 18 mois. C'est ce qu'aurait généré selon les enquêteurs le trafic de drogue pour lequel les quatre co-accusés, avec à sa tête le duo Zerrouki-Abbou, sont présents devant cour d’assises.