Dinant: un round judiciaire (bien) après la querelle politique entre l’ex-échevin Closset et l’ex-bourgmestre Bodlet - Clone
Alors 1er échevin, en 2023, Robert Closset avait porté plainte contre le bourgmestre Thierry Bodlet. Ce dernier comparaît mercredi devant la chambre du conseil. Le parquet requiert son renvoi devant le tribunal correctionnel, notamment pour calomnie.
Ce mercredi, l'ancien bourgmestre de Dinant Thierry Bodlet (désormais conseiller communal de l'opposition) comparaîtra devant la chambre du conseil, l'instance d'aiguillage des procédures. Les suites d'une plainte déposée en 2023 par celui qui était alors "son" premier échevin, Robert Closset (lui a quitté le monde politique). Une plainte avec constitution de partie civile, à l'origine d'une instruction. Le dossier a mené à l'inculpation de l'ex mayeur pour harcèlement et calomnie à l'encontre du plaignant. Inculpation aussi pour injures envers un membre du groupe Closset, l'une des branches de la majorité sous la précédente législature.
Des querelles susceptibles de sortir du cadre purement politique de l'époque, très, très chaud, c'est d'emblée le cas. La chambre du conseil décidera ou non du renvoi de Thierry Bodlet devant le tribunal correctionnel. Le parquet, pour sa part (mais ce n'est pas lui qui décide) a dressé un réquisitoire de renvoi de l'ancien mayeur. Si le ministère public est suivi par le siège, Closset et Bodlet iront donc s'expliquer dans les prétoires.
Le réquisitoire de renvoi porte sur des préventions possibles de harcèlement, calomnie et injures. Par contre, le parquet, dans son réquisitoire (il date du 30 janvier dernier) réclame le non-lieu pour violation du secret professionnel au bénéfice de Thierry Bodlet, mais aussi de celle qui était sa secrétaire, lors de la précédente législature.
Un communiqué de presse musclé
Le cadre de ce conflit politique, avec des aspects personnels et qui a pris une tournure judiciaire (sachant que tout peut s'arrêter en chambre du conseil, laquelle ne suit pas nécessairement le réquisitoire du parquet, qui n'est "qu'un" avis, sachant aussi que la décision à venir peut faire l'objet d'un appel) ?
Le summum des tensions date d'une réunion du conseil communal houleuse, le 6 novembre 2023. Le nouveau plan de stationnement n'avait pu être voté, la branche "Closset" de la majorité ayant claqué la porte, suivie de l'opposition.
En réaction, le bourgmestre Bodlet avait fustigé l'échevin Closset, l'accusant d'y aller d'un coup d'éclat pour surfer sur "un prétendu malaise au sein du collège". Collège communal où, selon Thierry Bodlet, Robert Closset peinait "à distinguer ses intérêts privés de l'intérêt public". Ces griefs ont été détaillés dans un communiqué de presse daté du lendemain, le 7 novembre 2023. Ce qui y était exposé ? Closset aurait tenté d'influencer un dossier d'urbanisme (demande de renouvellement de permis d'exploitation) concernant l'un de ses concurrents (dépanneur). Extrait: "Le collège communal n'est pas là pour permettre à un échevin de faire du tort à son concurrent". Un autre reproche mayoral à l'échevin Closset, contenu dans le communiqué de presse, concernait un bâtiment que le second avait acquis au Froidvau: "Le collège communal n'est pas là pour arranger les choses afin de valider une opération immobilière scabreuse". Troisième salve: "Le collège communal n'est pas là pour effacer l'ardoise de ceux qui doivent de l'argent à la Ville". L'ardoise d'un conseiller de la liste Closset, cité nommément.
Si les mots volent en conseil communal, les écrits d'un communiqué de presse restent.
A lire aussi: un malaise profond au sein de la majorité, des griefs réciproquesLa réaction de Thierry Bodlet: de la lassitude
Une explication devant le tribunal correctionnel ? On verra ce que décide la chambre du conseil et éventuellement par la suite, la chambre des mises en accusation (l'instance d'appel). En cas de renvoi, les reproches de calomnie seront analysés. Ils ne tiennent que si les allégations sont fausses, bien évidemment.
Ambiance à Dinant, celle-ci est exhumée de la législature 2018-2024, qui fut particulièrement chahutée.
Contacté par nos soins, Thierry Bodlet signale que le mélange des genres dans le chef de l'ancien échevin Closset n'a pas été mis au jour par ses soins, des articles de presse en ayant traité auparavant. Il n'en dira pas davantage, laissant le soin à son avocat, Me Vincent Lamal, de le représenter. Tout en se disant las de certains aléas de la vie politique. Robert Closset est quant à lui défendu par Me Thibault Maudoux.