Aujourd’hui l’économie - Diasporas commerçantes: les esthéticiennes ukrainiennes en France font de la beauté un métier d’exil [3/5]
Sur notre série d'été sur les diasporas commerçantes, RFI part à la rencontre des esthéticiennes ukrainiennes à Paris. Les salons de beauté tenus par des réfugiées ukrainiennes ont fleuri dans la capitale française. Et ça depuis le début de l'invasion russe à grande échelle il y a quatre ans.
Sur notre série d'été sur les diasporas commerçantes, RFI part à la rencontre des esthéticiennes ukrainiennes à Paris. Les salons de beauté tenus par des réfugiées ukrainiennes ont fleuri dans la capitale française. Et ça depuis le début de l'invasion russe à grande échelle il y a quatre ans.
Environ 50 000 Ukrainiens sont réfugiés en France et beaucoup sont des femmes : la plupart des hommes ne peuvent pas quitter leur pays, étant mobilisables pour le front. Parmi ces femmes ukrainiennes, beaucoup sont esthéticiennes, car le secteur de la beauté est très développé en Ukraine. On parle ici de salons de beauté où on se fait les ongles, où on prend soin de ses sourcils, où on se maquille. Tout ça, c'est une véritable industrie en Ukraine. Un savoir-faire même, que les réfugiées ukrainiennes importent en France.
Pour comprendre le phénomène, nous sommes allés à la rencontre d'Alina. « Je suis arrivée l'année de la guerre en mars 2022. » Alina travaille dans un salon de beauté dans le chic VIIe arrondissement de la capitale avec trois autres Ukrainiennes. Et à son arrivée, cela n'a pas été compliqué de se faire une place. « Il y avait beaucoup de compétition en Ukraine. En comparaison, à Paris, il y en a beaucoup moins. Je pense que c'est pour ça que ça a été plus simple pour moi de m'installer ici. »
Un établissement de soin et de conseils
Il faut dire qu'à la clientèle française s'ajoutent aussi les autres réfugiées ukrainiennes. Aujourd'hui c'est Taïa, qui est arrivée d'Odessa il y a huit mois. Elle vient se faire épiler les sourcils. Car en dehors des soins esthétiques, c'est un lieu de soutien.
« On peut aussi demander de l'aide. On peut aussi poser des questions à propos des démarches administratives. Pour moi, c'est important d'échanger et de se nourrir de l'expérience des autres. Par exemple, Alina, elle habite ici depuis quatre ans, bien plus que moi. Alors elle a plus d'expérience et elle peut alors répondre aux questions qui sont pertinentes pour moi. »
Ironie de l'histoire : la propriétaire de ce salon est russe. Elle a vécu une large partie de sa vie en Ukraine. Aujourd'hui Bella Labègue est fière d'accueillir trois réfugiées ukrainiennes. « Absolument. Et surtout qu'ici, c'est la paix. Et je veux dire que la beauté sauve le monde. On ne s'ennuie pas ici, lâche-t-elle d'une voix émue. C'est ma petite mission, vous voyez ? » La quête de la paix par la beauté.
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