“Le dispositif policier sera massif”: Lecornu anticipe les nouvelles manifestations prévues
Sébastien Lecornu. © NLBeeld, REUTERSViolences en FranceM.G, MDVSource: Avec Belga/AFP20 octobre 2026, 13:48Dernière mise à jour: 15:42Ajoutez-nous à vos favoris Google📌 Ce qu’il faut retenir• Des affrontements...
Violences en France
M.G, MDV
Source: Avec Belga/AFP
20 octobre 2026, 13:48Dernière mise à jour: 15:42
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📌 Ce qu’il faut retenir
• Des affrontements nourris et des pillages ont émaillé samedi les manifestations de “colère” contre la “vie chère” en France. Des violences ont de nouveau été perpétrées dimanche à Paris et à Lyon.
• Emmanuel Macron a déclaré que ceux qui ont “cassé” et “pillé” lors des manifestations seront “poursuivis et punis” et que le pays fera “bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions”.
• Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a remis sa démission au président français, mais ce dernier l’a refusée, a-t-on appris ce lundi matin.
• Sébastien Lecornu a annoncé lundi l’instauration de couvre-feux dans plusieurs villes. Il a écarté l’instauration de l’état d’urgence, mais s’est dit prêt à le faire “si c’est nécessaire”.
REGARDEZ - Macron: “Nous ressentons tous de la colère, de la honte”
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15:42
Le dispositif policier pour les nouvelles manifestations prévues samedi en France "sera massif"
Le dispositif policier pour les nouvelles manifestations prévues samedi en France "sera massif", a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu mardi devant l'Assemblée nationale, reconnaissant un dispositif "trop statique et pas assez mobile" le 17 octobre lors d'une journée émaillée par de très nombreuses violences et pillages.
"Le ministre de l'Intérieur a déjà donné des instructions aux préfectures. Le dispositif de samedi prochain sera massif", a déclaré le Premier ministre.
"Nous allons évidemment monter en gamme dans le dispositif pour le 17 octobre où la doctrine (...) sera revue en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité, pour aller percuter, impacter ces groupes qui dispersent les forces de l'ordre de manière (...) extrêmement planifiée", a ajouté le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
15:32
Laurent Nuñez répond à LFI: "Vous jetez de l'huile sur le feu"
Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez a reproché mardi au parti de la gauche radicale LFI d'avoir "jeté de l'huile sur le feu" en l'accusant "de manipuler les services de renseignement", lors des événements violents du week-end.
"C'est faux, monsieur le député, les services de renseignement dans ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques (...). Jamais il n'a été demandé, comme vous m'avez accusé de l'avoir fait ce matin sur France Info, d'écrire sur La France insoumise", a lancé Laurent Nuñez au coordinateur de LFI Manuel Bompard lors de la séance des questions au gouvernement.
"C'est votre diversion. Vous avez jeté de l'huile sur le feu, il y a eu de graves incidents et vous avez une part de responsabilité (...). Le trait d'union entre La France insoumise et certains groupuscules, il est réel", a poursuivi le ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale.
13:45
Des enquêtes ouvertes sur les causes de la mort de deux hommes samedi et lundi à Paris
Deux enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de la mort de deux hommes à Paris, un samedi, et le second dans la nuit de dimanche à lundi, tous deux probablement à la suite de malaise, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Paris et de la préfecture de police.
"La permanence criminelle du parquet de Paris a été avisée" samedi soir "du décès d'un homme rue du Château-d'Eau (...) des suites d'un probable malaise", a indiqué le parquet à l'AFP. Cette artère part de la place de la République dans le Xe arrondissement, l'un des épicentres des violences de samedi.
La préfecture de Paris (PP) a précisé qu'à 18H20 samedi les sapeurs-pompiers avaient été sollicités pour un "homme de 59 ans inconscient sur la voie publique à l'angle de la rue Lancry et du boulevard Magenta". On a ajouté de même source que "compte tenu des conditions de sécurité dégradées aux alentours, la victime a été déplacée au centre de secours de Château-d'Eau où elle est décédée à 18H55 malgré les secours", a-t-on ajouté.
La victime a été transportée "par les pompiers à l'Institut médico-légal", a poursuivi le parquet. "Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Paris", a-t-il poursuivi.
En outre, "lundi à 1H10, rue Berger", dans le quartier des Halles, un homme de 48 ans est décédé des suites d'un malaise sur la voie publique malgré l'intervention rapide des sapeurs-pompiers", selon la PP. Une enquête a également été ouverte, d'après cette source, pour rechercher les causes de la mort.
Les deux enquêtes "ont été ouvertes sur ces deux décès survenus sur la voie publique sans qu'aucune responsabilité d'un tiers ne soit suspectée à ce stade", a-t-on ajouté à la PP.
De nombreuses rumeurs circulent
La préfecture de police a aussi relevé que "des rumeurs avaient circulé sur les réseaux sociaux prétendant" que la victime décédée à Château-d'Eau était "un jeune homme pris en charge par des policiers".
Un "jeune homme", qui n'est pas mort, a bien "été soigné par les sapeurs-pompiers", mais il n'a pas été "pris en charge" par des policiers, a assuré la PP. "Se déclarant victime de violences, une enquête a été ouverte", a-t-on précisé de même source.
Un peu plus tôt, le parquet avait indiqué à la presse poursuivre ses "vérifications" concernant deux autres informations qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux: le cas d'un "street-medic", un volontaire pour les premiers secours aux manifestants, que des images montrent recevoir de nombreux coups des forces de l'ordre place de la République, ainsi que celui "d'un décès allégué à Paris le dimanche".
13:08
Darmanin: "Les commerçants et les habitants finiront par se faire justice eux-mêmes"
Si la réponse pénale aux violences liées aux manifestions de samedi en France n'est pas "extrêmement ferme", alors "les commerçants et les habitants feront justice eux-mêmes", a justifié mardi le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
"On est à peu près à 150 incarcérations" actuellement, "et ça continue puisque les gardes à vue se finissent et il y a plus de 800 personnes qui sont déférées devant un tribunal" pour pouvoir être jugées, a ajouté le ministre lors d'un déplacement à Lille (nord).
11:56
Un couvre-feu localisé pour les mineurs va être instauré dans certains quartiers de Marseille
Un couvre-feu localisé pour les mineurs va être instauré dans certains quartiers de Marseille, notamment dans l'hyper-centre de cette grande ville du sud de la France, à partir de 20H00 GMT ce mardi et au moins jusqu'à vendredi inclus, a appris l'AFP d'une source proche du dossier.
Les détails de ce couvre-feu visant à éviter de nouvelles violences à Marseille après celles survenues lors de la journée de mobilisation du 17 octobre ne seront donnés qu'en milieu d'après-midi par les autorités locales, a ajouté cette source, confirmant une information initiale du journal Le Figaro.
11:55
Une commission d'enquête sur les viomences et sur le dispositif déployé
Les groupes politiques de l'Assemblée nationale se sont accordés mardi sur l'opportunité de lancer une commission d'enquête sur les violences en marge des manifestations du weekend en France, principalement le 17 octobre, mais aussi sur le dispositif de maintien de l'ordre déployé.
La création d'une telle instance avait été proposée par la présidente de la chambre basse du Parlement dimanche. Mardi, la conférence des présidents, réunissant notamment les chefs de groupe, a opté pour que la commission des lois lance une procédure pour se transformer en commission d'enquête sur ce sujet.
11:54
"L'État a été défaillant"
Le président du Medef Patrick Martin a accusé mardi l'État d'avoir "été défaillant" pendant les violences urbaines qui ont touché ce weekend "entre 2 et 3.000 commerces" en France, selon le ministre du Commerce Serge Papin, une critique également formulée par plusieurs représentants des commerçants.
"C'est à l'État de prendre en charge (les pertes d'exploitation de ceux qui ne sont pas assurés, NDLR) parce qu'on paye des impôts, y compris pour assurer le maintien de l'ordre", a déclaré sur RMC Patrick Martin, président de la première organisation patronale française, ajoutant que l'État "a été défaillant sur ce point précis".
"L'État a failli dans la protection de nos entreprises et bien évidemment de l'intégrité de nos entrepreneurs", a aussi dénoncé sur Europe 1 Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE (SDI). Il réclame notamment "la suppression" des charges fiscales et sociales "au moins pour les périodes où les entreprises ont été fermées".
11:52
Les sites de revente collaborent avec les autorités pour identifier les articles volés
Au lendemain des pillages de commerces lors des manifestations du 17 octobre, des annonces suspectes ont fleuri sur les plateformes de revente, poussant le gouvernement à les convoquer pour faire cesser ces infractions.
Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta, TikTok, mais aussi l'Alliance française des places de marché et la Fédération de l'e-commerce (Fevad) se sont réunies lundi soir avec le ministre du Commerce Serge Papin et la ministre déléguée chargée du Numérique Anne Le Hénanff. Des représentants du ministère de l'Intérieur et de la Justice étaient également présents.
Les plateformes ont pris quatre engagements, a déclaré mardi le gouvernement via un communiqué de presse.
Tout d'abord, "renforcer leur coopération avec les autorités nationales pour identifier et signaler les contenus potentiellement illicites, transmettre les signalements aux services enquêteurs et partager avec eux toute donnée utile à l'identification des receleurs".
Elles doivent également mettre en place "une veille renforcée" et "intensifier la modération pour détecter les annonces susceptibles de concerner des produits issus de pillages (prix anormalement bas, lots de produits neufs, présence d'antivols ou mention explicite du vol)".
"Cette vigilance doit également couvrir les demandes d'achat", a averti le gouvernement, qui a indiqué que les plateformes sont tenues de "signaler aux consommateurs les risques et les sanctions encourus en cas de recel".
Enfin, ces sites de vente en ligne devront "transmettre régulièrement aux autorités un bilan chiffré des actions de retrait des annonces problématiques, des mesures mises en œuvre, ainsi que des signalements transmis aux autorités, avec un premier retour attendu sous 48 heures".
10:17
Le SPF Affaires étrangères conseille aux Belges d'"éviter les concentrations de personnes" en France
Le SPF Affaires étrangères conseille aux Belges d'éviter les grands rassemblements et les concentrations de personnes en France, peut-on lire mardi dans une mise à jour de la page de conseils pour les voyageurs qui se rendent Outre-Quiévrain.
De nombreux rassemblements ont été organisés dans plusieurs grandes villes de France le week-end dernier, dans la lignée des manifestations des lycéens et pour dénoncer "la vie chère". Les manifestations auraient rassemblé entre 500.000 et 800.000 personnes dans tout l'Hexagone. Les protestations ont été émaillées de violences entre manifestants et forces de l'ordre et de dégradations de mobilier urbain ainsi que de commerces qui ont parfois été pillés. Plus de 2.000 personnes ont été interpellées dans tout le pays.
De nouvelles actions sont annoncées pour le 24 octobre, "mais pourraient aussi survenir à brève échéance à travers le territoire français, en particulier dans les grandes villes", prévient le SPF. Des couvre-feux partiels et localisés peuvent être imposés, affirme-t-il encore. La mesure a déjà été appliquée dans certains quartiers de Paris, avec un couvre-feu mis en place entre lundi soir et mardi matin.
Il appelle ainsi les Belges à suivre "scrupuleusement" les recommandations et les directives des autorités françaises et renvoie au site web de la préfecture territorialement compétente.
Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont également prévenu leurs concitoyens concernant les voyages en France.
09:54
Un homme interpellé pour l'incendie de la mairie de Limoges
Un homme de 40 ans, soupçonné d'être lié à l'incendie volontaire de la mairie de Limoges (centre-ouest de la France) samedi et connu pour son appartenance à l'ultragauche, a été interpellé mardi matin dans le département de la Haute-Vienne, a appris l'AFP de source proche du dossier.
L'homme, fiché S pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, a été interpellé à Val d'Issoire, selon une source policière, confirmant une information de BFMTV.
08:19
De nouveaux couvre-feux prévus là où la situation l’exige en France
De "nouveaux couvre-feux seront décidés" pour mardi soir "là où la situation le nécessite", a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu, au lendemain de l'entrée en vigueur de premier couvre-feux en France qui ont "contribué au calme de la nuit".
"Ce soir, de nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation le nécessite. Ces décisions seront prises sur le terrain, par les préfets, en lien avec les maires", a écrit le chef du gouvernement sur X.
06:09
Des rues désertes après l'instauration du couvre-feu
Selon plusieurs médias français dont Le Parisien et Le Monde, la nuit de lundi à mardi a été particulièrement calme en France. Des images montrent des rues parisiennes totalement vides, alors qu'un hélicoptère survole la capitale pour assurer la surveillance.
À Lyon, quelques tensions ont eu lieu avant l'entrée en vigueur du couvre-feu lors d'un rassemblement devant l'office de tourisme, rapporte Le Monde. Des personnes s'y étaient réunies pour manifester leur solidarité envers les commerçants et la police anti-émeute. Un groupe d'extrême droite s'est joint au rassemblement avant de défiler dans le centre-ville. Ils ont ensuite quitté le périmètre et se sont dispersés après être tombés sur des CRS.
(la suite ci-dessous)
Un couvre-feu a été instauré dans plusieurs villes françaises à la suite des émeutes du week-end dernier, notamment à Lille ainsi que dans certains quartiers de Paris, Lyon et Nice. À Bordeaux, pendant une semaine, les mineurs ont interdiction de sortir dans la rue entre 22 h et 7 h, sauf s'ils sont accompagnés d'un parent ou d'un tuteur légal.
22:35
Hier
Élus et citoyens font "bloc" devant les mairies
"Nous devons faire bloc"... Des milliers d'élus et de citoyens se sont réunis lundi devant des mairies partout en France, témoignant de leur "peur", de leur solidarité et de leur désir d'"ordre" face aux violences de la mobilisation du 17 octobre.
À l'appel de l'Association des maires de France (AMF), quelque 2.000 personnes se sont rassemblées à Cannes, selon cette municipalité dont le maire David Lisnard préside l'AMF. Il s'était déplacé dimanche soir à Limoges, sa ville natale, dont l'hôtel de ville historique a été incendié.
Un millier de personnes ont répondu présent à Brest, quelques centaines à Bordeaux, Angers, Nice ou Toulouse, une centaine à Lille et Paris et quelques dizaines à Nantes, Strasbourg ou Lyon, pour dénoncer affrontements, pillages et incendies de bâtiments publics.
"Je suis désemparée, anéantie. Il est important pour moi de montrer qu'il y a des citoyens qui aiment la France, sans faire de politique", a déclaré à l'AFP Sandrine Marais, une enseignante bordelaise de 57 ans.
"Je suis d'accord pour manifester mais contre la casse", a abondé Louis Lassus, étudiant en informatique de 21 ans, présent à Bordeaux avec un drapeau tricolore.
"Face à la haine et la violence qui tentent de mettre à mal nos institutions, qui prennent en otage les revendications et entravent la liberté de manifester, nous devons faire bloc", a lancé le maire Renaissance Thomas Cazenave, avant une déambulation jusqu'à la résidence préfectorale, en partie saccagée samedi.
"Chaos"
À Lille, le maire Arnaud Deslandes (PS) s'est dit "horrifié par les images de notre mairie (...) vandalisée" après une brève incursion de casseurs. "Les dégâts sont limités mais la symbolique est forte."
"Nous avons assisté à un déferlement de haine (...) ils n'étaient là que pour semer le chaos", a déclaré à Toulouse le maire Jean-Luc Moudenc (DVD), invitant chacun à rester "rassemblé et uni pour dire +stop à la violence+". Son intervention a été brièvement perturbée par les slogans d'une quinzaine de militants antifascistes, fermement repoussés par des participants puis tenus à l'écart par des policiers municipaux.
La gestion des manifestations par les autorités a été critiquée par une grande partie de la classe politique et certains maires, à commencer par celui de Limoges, Guillaume Guérin. Ceux de Paris, Marseille et Lyon ont demandé à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
"Il faut rétablir l'ordre face à des groupuscules d'extrême-gauche alimentés par LFI et qui allument des incendies, face à des milliers d'émeutiers dont une grande majorité sont des enfants issus de l'immigration récente (...), il faut rétablir l'ordre pour tous les Français qui peuvent être d'origine étrangère et qui sont des gens bien", a lancé à Cannes David Lisnard, candidat à la présidentielle.
"L'État doit réagir"
Sans "réponse politique", "ça ne se résoudra pas", a souligné le maire (PS) de Paris Emmanuel Grégoire, appelant Sébastien Lecornu à négocier "avec les organisations lycéennes, étudiantes et de salariés".
Les critiques sont venues aussi d'anciens ministres macronistes, comme le maire d'Annecy Antoine Armand. "Nous en avons marre de nous retrouver pour nous révolter", a-t-il lancé. "L'État doit réagir (...) Il n'est pas envisageable que les manifestations ne soient pas davantage sécurisées. Il n'est pas envisageable que les commerçants aient la boule au ventre un jour de manifestation."
Le maire (Horizons) d'Angers Christophe Béchu, lui, a pointé des "failles" dans le renseignement et s'est dit "déçu" de l'allocution dimanche du président Emmanuel Macron, "très en-deçà des circonstances".
Habitants et commerçants redoutent désormais la nouvelle mobilisation annoncée samedi prochain.
"Samedi, on n'a eu personne pour nous défendre", déplore Yann Lousse, commerçant à Nantes. "On était tout seuls et dans toutes les villes c'était pareil. Il faut remettre de l'ordre là-dedans."
"Est-ce qu'on se sentira protégé, en sécurité (samedi prochain) ? Parce qu'aujourd'hui, le sentiment qui nous touche tous, c'est la peur et la colère", estime Hélène, commerçante bordelaise de 38 ans qui ne veut pas donner son nom par crainte de représailles.
À La Rochelle, une contre-manifestation pour dénoncer les "véritables violences", selon ses organisateurs, a rassemblé une centaine de personnes, dont Caroline, 50 ans, "inquiète à la fois des violences policières et des non-réponses de notre président".
Lili-Rose Polipowsky, étudiante en lettres de 18 ans, estime ne pas avoir été "entendue" lors de la manifestation de samedi et appelle à "continuer la lutte".
20:34
Hier
Plus de 2.5000 gardes à vue
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé lundi 2.513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end.
Lors d'une interview sur TF1, le garde des Sceaux a également indiqué avoir envoyé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée", qui permettra de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures et "faire des géo-localisations des écoutes téléphoniques qui vont nous permettre de savoir (...) où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies".
20:10
Hier
Le gouvernement français admet des failles
Le gouvernement français a annoncé lundi ses premières mesures en réponse aux émeutes du week-end dans plusieurs villes du pays, à commencer par des couvre-feux "partiels" et "localisés", tandis que la crise prend un tournant de plus en plus politique, avec des critiques émanant aussi du bloc présidentiel.
Le "bordel" est "très localisé sur des centres urbains", a estimé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.
Sébastien Lecornu a écarté l'instauration de l'état d'urgence, mais s'est dit prêt à le faire "si c'est nécessaire". D'autres manifestations sont prévues: le mouvement des gilets jaunes a annoncé un "acte II" pour samedi, avant des mobilisations le 31 octobre et le 5 novembre.
Ce week-end, "au moins 3.000 commerces" ont été touchés par des dégradations ou des pillages, a précisé Serge Papin, le ministre en charge du secteur. Des mesures de chômage partiel seront mises en place pour les commerces dès mardi, ainsi qu'un "fonds de soutien spécifique".
19:46
Hier
Couvre-feu également dans certains quartiers de Paris
Le préfet de police de Paris Patrick Faure a pris plusieurs arrêtés pour interdire les manifestations à partir de 20H00 ce lundi jusqu'à 6H00 mardi dans certains quartiers de la capitale et instaurer un couvre-feu dans des secteurs plus restreints, dont la place de République à partir de 23H00, selon la préfecture de Paris.
Le couvre-feu interdit "strictement toute présence dans les périmètres plus restreints" que ceux définis pour les interdictions de manifester, "de la place de la République et du secteur des Halles".
"La sécurité de tous rend ces dispositions nécessaires pour rétablir la paix publique à laquelle une minorité de délinquants a gravement porté atteinte", a ajouté la préfecture de police de Paris.
18:23
Hier
Matignon annonce de premiers couvre-feux dès ce soir
Matignon a annoncé de premiers couvre-feux pour lundi et mardi à partir de 20H00 et jusqu'à 06H00 du matin dans quatre communes du Nord, dont Lille, avec l'accord des maires concernés.
Ces couvre-feux, qui concernent aussi Douai, Denain et Wattignies, sont en cours de finalisation et vont concerner des "portions" de ces communes, a précisé la préfecture du Nord.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi avoir demandé aux préfets la mise en place de couvre-feux "localisés" dès lundi soir, pour protéger les commerces après les pillages et les violences constatés dans plusieurs villes le week-end dernier. La carte des communes concernées est attendue d'ici à la fin de journée.
À Denain, la maire PS Anne-Lise Dufour-Tonini avait annoncé dès dimanche une telle mesure pour toute sa ville et l'ensemble de sa population de quelque 20.000 habitants, jusqu'à dimanche prochain.
Dans un arrêté modificatif qu'elle a pris lundi, elle a limité le couvre-feu à certaines zones du centre-ville et uniquement pour les mineurs non accompagnés d'un représentant légal ou adulte responsable autorisé.
À Coulaines, une ville de 8.000 habitants près du Mans, le maire PS Christophe Rouillon a lui aussi annoncé lundi sur Facebook mettre en place un couvre-feu "le soir pour les mineurs qui sortent seuls", à partir de 23H00 lundi.
Le préfet de la région Guadeloupe a aussi instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement des lycéens et des gilets jaunes contre "la vie chère", au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.
18:07
Hier
Les syndicats conviés à Matignon mercredi matin
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convié mercredi matin les syndicats à Matignon, après les violences qui ont secoué la France en marge des manifestations contre la vie chère de samedi, ont indiqué lundi plusieurs d'entre eux, la CGT dénonçant "la stratégie du chaos déployée par le gouvernement".
Dimanche soir, dans son allocution télévisée, le président Emmanuel Macron avait indiqué que le Premier ministre réunirait prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires.
Trois des cinq syndicats représentatifs au niveau national, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, ont indiqué à l'AFP avoir reçu une invitation à Matignon pour mercredi matin à 10H30.
Le courrier ne donne aucun détail sur les thèmes qui seront abordés, selon la présidente de la CFE-CGC, Christelle Thieffinne.
"Le déroulé du 5 novembre" devrait notamment être évoqué, se projette le président de la CFTC, Cyril Chabanier.
16:31
Hier
Le gouvernement français réunit plusieurs plateformes en ligne
Le gouvernement français réunit lundi plusieurs plateformes en ligne pour exiger le retrait d'annonces de revente d'articles issus de commerces pillés, a indiqué sur X la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.
"Des articles volés ce week-end" à travers la France "sont proposés à la vente sur certaines plateformes", a assuré la ministre, qui a indiqué attendre un retrait "sans délai" des annonces concernées.
D'après Anne Le Hénanff, les entreprises doivent se réunir dans la journée avec le ministre du Commerce Serge Papin et des représentants de son ministère et des ministères de l'Intérieur et de la Justice.
Six plateformes sont concernées : Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok. L'Alliance française des places du commerce et la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) seront également présentes.
Au total, plus de 3.000 commerces ont subi des dégradations pendant le week-end, en marge des manifestations organisées samedi dans plusieurs villes françaises.
Depuis dimanche, des captures d'écran ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant des annonces de revente en ligne d'articles volés pendant le week-end.
Sollicité par l'AFP, Vinted a affirmé appliquer "une tolérance zéro" en la matière.
"Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes", a réagi l'entreprise lituanienne, sans préciser l'ampleur du phénomène.
"À ce stade", eBay "n'est pas en mesure de confirmer une hausse des annonces pouvant faire suite à des vols ayant eu lieu ce week-end", a indiqué la plateforme à l'AFP.
Également interrogé par l'AFP, Leboncoin n'avait pas encore réagi.
16:00
Hier
Un jeune arrêté, visage dissimulé, avec son butin devant le commissariat
Un homme de 19 ans a été arrêté en passant devant le commissariat de Vienne (Isère), visage dissimulé et sacs remplis de vêtements, chaussures et bijoux volés lors des pillages de commerces samedi à Lyon, en marge de la manifestation, a indiqué lundi la police.
Dimanche en fin de matinée, des policiers qui sortaient du commissariat central de Vienne, attenant à la gare, tombent sur ce jeune, "visage dissimulé et porteurs de sacs", qui prend immédiatement la fuite en courant, raconte la même source, confirmant une information de la radio ICI Isère.
Le suspect est rapidement interpellé par un équipage un peu plus loin. Dans ses deux sacs, les fonctionnaires découvrent des bijoux, vêtements, chaussures portant encore leurs étiquettes de magasins lyonnais et leurs dispositifs antivol.
"Il a reconnu avoir volé certains effets dans un magasin et avoir trouvé un sac plein d'objets dans la rue, qu’il a rapporté avec lui", explique le parquet de Vienne à l'AFP, estimant le butin saisi à "4.500 euros environ sous réserve" de précisions des responsables des boutiques pillées.
Le jeune homme, "sans antécédents judiciaires", a été placé en détention provisoire dans l'attente de son procès en comparution immédiate mercredi pour "vol et recel de vol", a précisé le parquet.
Samedi en marge de la mobilisation contre "la vie chère", 150 à 200 boutiques ont été vandalisées dans le centre de Lyon, selon la mairie, dont certaines partiellement ou entièrement pillées.