Deux enfants de 13 et 10 ans “pris” sur l’incendie d’une salle municipale à Amélie-les-Bains, entièrement dévastée par le feu
Depuis le 28 juin et le début des incendies qui ont durement frappé le territoire français, 275 personnes ont été arrêtées pour des départs de feu, selon un dernier bilan dressé par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ce jeudi 30 juillet 2026. Parmi les mis en cause soupçonnés d’être à l’origine de départs de feux, dont 70 % seraient volontaires, figure un tiers de mineurs. Le département des Pyrénées-Orientales n’échappe pas à cette dangere
Depuis le 28 juin et le début des incendies qui ont durement frappé le territoire français, 275 personnes ont été arrêtées pour des départs de feu, selon un dernier bilan dressé par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ce jeudi 30 juillet 2026. Parmi les mis en cause soupçonnés d’être à l’origine de départs de feux, dont 70 % seraient volontaires, figure un tiers de mineurs. Le département des Pyrénées-Orientales n’échappe pas à cette dangereuse réalité.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé ce jeudi à "une grande fermeté" à l’égard des incendiaires mettant en danger la vie d’autrui, tout en dressant un nouveau bilan des interpellations liées à ces départs de feu. Depuis le début de l’été, 275 personnes ont été arrêtées en France, soupçonnées d’être à l’origine de sinistres. 70 % de ces affaires concerneraient des actes volontaires et les 30 % restants seraient la conséquence d'"imprudence", voire de "négligence". Avec des mis en cause souvent très jeunes…
Dans les Pyrénées-Orientales, ce 27 juillet encore, dans la nuit, un incendie virulent s’est déclaré dans la salle municipale des Mille clubs de jeunes d’Amélie-les-Bains qui a littéralement flambé. Selon les informations diffusées sur le compte Facebook de la mairie, "les dégâts matériels sont très importants". Malgré l’intervention des pompiers, la structure a été fortement endommagée sous l’effet de la chaleur. Tous les équipements du Point information jeunesse de la communauté de communes qui se trouvaient à l’intérieur ont été emportés par les flammes. Un premier suspect, un mineur de 13 ans, a été intercepté, puis un second a été identifié, âgé… d’à peine 10 ans. Les deux adolescents qui ne seraient pas issus de milieu défavorisé, ont été auditionnés par les gendarmes puis remis à leurs parents. Ils auraient déjà été surpris par trois fois, déclenchant des feux de poubelles ou des déchets près du cimetière. Là, il s’agirait plutôt "d’un jeu qui aurait mal tourné" confie-t-on du côté de la municipalité qui a déposé plainte, ainsi que le club de foot et la communauté de communes du Haut Vallespir.
"Il faut refaire entièrement la salle", explique la maire d’Amélie-les-Bains, Marie Costa. "On a quand même eu une chance extraordinaire, c’est qu’il y a deux pins parasols au-dessus de la salle et que l’on est à deux pas d’un endroit très sec, ça aurait pu prendre très vite et donner lieu à un feu d’ampleur".
À la suite de ces nouveaux faits "préoccupants", l’élue a, ce jeudi, comme elle l’avait déjà fait fin février jusqu’à fin mai, pris un nouvel arrêté interdisant la circulation des mineurs de moins de 15 ans non accompagnés dans le centre-ville, entre 23 heures et 6 heures, jusqu’au 1er septembre 2026.
"Lorsqu’un enfant de 10 ans se retrouve impliqué dans un incendie criminel en pleine nuit, la question qui se pose est aussi celle de la protection, de l’accompagnement et de la responsabilité collective", précise la mairie sur les réseaux sociaux. "Cette mesure poursuit un double objectif : protéger les mineurs, qui ne devraient pas se retrouver seuls dans les rues au cœur de la nuit, où ils peuvent être exposés à des situations dangereuses ou être entraînés dans des comportements à risque."
"Mais ce n’est pas tout", glisse Marie Costa. "Ce mercredi après-midi, un homme d’environ 70 ans qui était sur une trottinette a jeté un mégot près de la crèche à Amélie-les-Bains et a déclenché un feu. Heureusement, des voisins l’ont vu, et on a pu l’éteindre rapidement". On ignore pour l’heure si l’intéressé a été retrouvé.
Quatre autres interpellations depuis fin mai
Le 31 mai déjà, un mineur de 17 ans avait été intercepté par les services de police sur les lieux d’un feu de végétation au Serrat d’en Vaquer à Perpignan. Où il aurait allumé pas moins de 5 feux en l’espace de deux jours. Il a été convoqué devant le tribunal pour enfants de Perpignan.
Le 7 juillet, un homme de 41 ans, a été arrêté après avoir démarré précipitamment en voiture des lieux d’un incendie qui venait de se déclarer à proximité du parc éolien de Calce. Déjà condamné pour des infractions en lien avec les stupéfiants, sans abri, il a été écroué dans l’attente de son jugement devant le tribunal correctionnel de Perpignan le 26 août pour "dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes"
Deux jours plus tard, le 9 juillet, un incendie était signalé dans le secteur de Polygone Nord à Perpignan, se propageant en direction de Rivesaltes et parcourant au final 60 hectares. Sur la base des déclarations de témoins qui l’auraient aperçu mettre le feu au milieu de la végétation près du refuge animalier de la SPA, un homme âgé de 49 ans a été interpellé. Il a été placé en détention provisoire le temps de la poursuite des investigations dans le cadre de l’information judiciaire qui a été ouverte pour "destruction d’un bien par incendie ou moyen dangereux".
Le 20 juillet, un homme de 36 ans, a été condamné à 18 mois de prison dont six mois ferme, par le tribunal de Perpignan et a été conduit aussitôt en prison. Le prévenu, souffrant d’autisme, et en proie à des problèmes d’alcoolisme, a reconnu avoir mis le feu le 17 juillet à une friche à Saint-Estève avec uns sac de déchets qu’il avait enflammé avant de quitter les lieux. "Pour admirer le feu depuis chez moi", a avoué l’homme, déjà connu pour des faits similaires. L’intervention d’importants moyens de pompiers avait été nécessaire pour circonscrire le sinistre qui avait été contenu à 100 m2.