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Deux compagnes mais aussi deux victimes : quand les violences conjugales s’imposent comme une habitude

Arrêté en juillet, un homme vient d'être jugé devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences sur ses deux dernières compagnes. Une plainte en juillet a motivé la mère de son fils à dénoncer cinq années de jalousie malsaine et sans limite.

l'essentiel Arrêté en juillet, un homme vient d'être jugé devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences sur ses deux dernières compagnes. Une plainte en juillet a motivé la mère de son fils à dénoncer cinq années de jalousie malsaine et sans limite.

À la barre du tribunal correctionnel, Hermann baisse la tête. À bientôt 30 ans, cet homme finit par admettre l'indicible. De violences quotidiennes sur deux femmes. "Un enfer, qu'il se traduise par des coups, la peur ou la violence psychologique", dénonce Me Marjolène Grouteau, partie civile. Avec cette avocate, une femme élégante dans un ensemble gris dont les mots sont rares, presque chuchotés.

Mi-juillet, elle a osé dire "stop". Des coups, encore, la pression toujours, et soudain la force d'aller jusqu'au commissariat de police pour dénoncer. Et aussi prévenir une autre femme, celle qui l'a précédée dans la vie de cet homme et qui, pendant cinq longues années, a subi les outrances de l'homme qu'elle aimait et à qui elle avait donné un enfant.

"Beaucoup de jalousie. Vous vouliez tout savoir, tout contrôler", constate la présidente Nadège Pujo-Mnjouet. Devant elle, dans un pull blanc, l'homme baisse la tête. Longtemps, en garde à vue face aux policiers, il a nié les évidences, repoussé les affirmations de "ses" femmes. Devant les juges, le ton change. "Oui..." Il n'ira pas beaucoup plus loin mais cet aveu sonne comme une victoire pour les victimes. 

"Incapable de dire Pardon"

"Ce qu'il a fait vivre à ces femmes reste inadmissible", dénonce Me Grouteau qui regrette le manque d'empathie, l'incapacité à dire "Pardon". Un avis que ne partage pas Me Joris Morer, avocat en défense. En juillet, il a obtenu que le tribunal laisse cet homme libre. "Depuis il est suivi par une psychologue qui souligne ses progrès, sa prise de conscience. Pourquoi l'ignorer ?"

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L'avocat sait que les délits reprochés restent inqualifiables mais il veut éviter la prison ferme requise, sous bracelet par le parquet. "Quel intérêt ? Un sursis probatoire, plutôt. Une incarcération, même à domicile, n'apportera rien. Ni aux victimes, ni à lui. Il faut l'accompagner, l'aider à se soigner, à comprendre."

Le tribunal retient l'argument : 18 mois de prison dont douze avec sursis probatoire. Une interdiction de fréquenter sa dernière compagne, même d'approcher son domicile. Une obligation de travail et de soins est prononcée. Les parties civiles obtiennent 2 000 et 3 000 euros de préjudice moral.