Dette commune : des eurodéputés débattent de la croissance européenne
Publié le 16/07/2026 - 13:09 UTC+2 Une proposition espagnole visant à permettre à Bruxelles d’emprunter jusqu’à 850 milliards d’euros par an pour financer la croissance a rav...
Publié le 16/07/2026 - 13:09 UTC+2
Une proposition espagnole visant à permettre à Bruxelles d’emprunter jusqu’à 850 milliards d’euros par an pour financer la croissance a ravivé un vieux débat sur la dette commune de l’UE.
Mais la perspective d’un recours à l’emprunt commun continue de diviser les États membres. Un groupe de pays du Sud – auquel appartient aussi la France – plaide pour davantage de dette commune afin de renforcer la compétitivité, tandis qu’un autre groupe de pays du Nord, réputés frugaux, s’y oppose fermement et réclame des règles plus strictes et une discipline budgétaire accrue.
Dans cet épisode de The Ring, l’émission hebdomadaire de débats d’Euronews, deux eurodéputés issus de ces camps opposés s’affrontent.
Markus Ferber, un conservateur allemand, estime qu’accroître les emprunts ne fera qu’accentuer la pression sur les finances publiques sans s’attaquer aux causes profondes de la faible croissance, et appelle plutôt à des réformes de la dépense.
Pasquale Tridico, eurodéputé italien issu du Mouvement 5 étoiles, décrit la dette publique comme « l’un des instruments les plus importants de la croissance économique » et plaide pour en élargir l’utilisation.
« Nous devons accepter la dette commune. Ce n’est pas seulement une question de solidarité, c’est une question d’économie bien bâtie », affirme l’eurodéputé Tridico.
Ferber considère pour sa part que, puisque l’UE cherche à reporter le remboursement de la dette commune contractée pendant le Covid, connue sous le nom de fonds Next Generation, les marchés « ne nous feront pas confiance » pour de nouveaux emprunts.
« Bon courage pour aller sur les marchés en leur demandant de l’argent », lance-t-il. « Mais pour le refinancement, le remboursement, désolé, les marchés exigeront des taux d’intérêt élevés. »
Les deux eurodéputés ont également commenté la vive concurrence mondiale à laquelle l’Europe est confrontée et ses effets néfastes sur les industries et l’économie du bloc.
La surcapacité industrielle chinoise, alimentée par des subventions étatiques massives, inonde le marché européen de produits bon marché et fait peser une menace existentielle sur les secteurs manufacturiers.
La Commission européenne envisage une réponse ferme, mais elle s’est fixé une date limite en octobre pour obtenir des résultats « tangibles » dans ses discussions avec Pékin.
« Nous ne faisons pas assez (sur la Chine) parce que nous n’utilisons pas le seul atout dont nous disposons, à savoir le marché unique », estime Ferber. Selon lui, les barrières au sein même du marché unique de l’UE sont tellement importantes qu’elles ont un impact économique équivalent à l’imposition de droits de douane de 45 % sur les échanges au sein du bloc.
Cet épisode de The Ring est présenté par Mared Gwyn, produit par Luis Albertos Altarejos et Amaia Echevarria, et monté par Vassilis Glynos.
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