« Détournement de fonds publics et recel » : le parquet de Nice ouvre une enquête préliminaire sur la gestion de la régie de transports Ligne d’Azur
Après les révélations de « Nice-Matin », le procureur de la République de Nice saisit le Service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ 06) pour détournements de fonds publics et recel.
Après les révélations de « Nice-Matin », le procureur de la République de Nice saisit le Service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ 06) pour détournements de fonds publics et recel.
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A.RI
Alain Ricci
Créé le 11 septembre 2026 • 18:45
Mis à jour le 11 septembre 2026 • 18:45
Photo : Dylan Meiffret / Nice-Matin
C’est le fait nouveau majeur dans le dossier des transports métropolitains. Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, a confirmé à Nice-Matin l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée au service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ 06) « des chefs de détournements de fonds publics et recel ». La justice intervient à la suite d’une plainte d’AC !! Anti-Corruption dénonçant des faits de « détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts ».
« Plus de 160 000 euros brut, le plus gros salaire de la régie »
Au cœur des investigations : le contrat d’un directeur général adjoint. Vincent Poudampa, avocat d’AC !! Anti-Corruption, précise qu’« en 2026, la rémunération annuelle de ce directeur général adjoint culmine à plus de 160 000 euros brut - le plus gros salaire de la régie - assortie d’un véhicule de fonction, carburant et péage illimités, frais de déplacement et trajets vers la Corse. Son contrat intègre même une reprise d’ancienneté de 14 ans alors qu’il travaillait auparavant pour une autre entreprise ».
Les signalements pointent également 5 000 heures de délégation non justifiées en 2025 (un coût de près de 200 000 euros) et une provision de plus de 10 millions d’euros liée au report illégal de congés non pris.
« Tout est conforme aux règles en vigueur »
La régie publique Ligne d’Azur (1 800 salariés, 250 millions d’euros de budget annuel) est depuis dans la tourmente. Face aux révélations et aux suspensions de cadres se revendiquant lanceurs d’alerte, la gouvernance dément toute anomalie. Bertrand Gasiglia, président du conseil d’administration de Ligne d’Azur depuis mai 2026, assurait à Nice-Matin : « C’est une entreprise soumise au contrôle de légalité. Elle est soumise à tout un tas de contrôles. Tout est conforme aux règles en vigueur. »
Enfin, concernant le comité social et économique (CSE) – doté de 2,8 millions d’euros de budget social en 2025 –, Michel Otto-Bruc, administrateur en tant que personne qualifiée de la régie et figure historique de la CGT, défendait l’instance : « Les comptes du CSE sont vérifiés deux fois par an. Et alors qu’il n’en a pas l’obligation, le CSE a pris aussi un commissaire aux comptes. À ma connaissance, non, il n’y a pas de dérive ». Il soutenait que « le dialogue social permet la coconstruction ».
Les relations avec la CGT ? Pour le président de la régie Bertrand Gasiglia, « il n’y a pas de cogestion, il y a un syndicat qui participe à la vie de l’entreprise… dans le cadre légal. »
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