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Désinfox. La maternelle à un an, quatre mois de vacances pour le président… Nos politiques ont-ils vraiment proposé ça ?

A sept mois du premier tour de la présidentielle, la campagne a officiellement débuté. Plusieurs candidats se sont déjà déclarés candidats et d'autres le font miroiter. Et en attendant d'être départagés par les...

A sept mois du premier tour de la présidentielle, la campagne a officiellement débuté. Plusieurs candidats se sont déjà déclarés candidats et d'autres le font miroiter. Et en attendant d'être départagés par les primaires ou le tri des parrainages, chacun y va de ses propositions pour s'attirer l'attention médiatique. La dernière en date à avoir fait réagir est celle formulée à plusieurs reprises par Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle, d'effacer la dette française.

Annuler la dette française serait une mesure « illégale, dangereuse et inutile », a estimé vendredi le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin. La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde avait jugé jeudi qu'annuler la dette française détenue par l'institution monétaire constituerait « une violation pure du traité » sur l'Union européenne.

Petit tour d'horizon des propositions politiques qui font réagir.

La maternelle à un an pour Bruno Le Maire

L'ancien ministre de l'Economie Bruno Le Maire fait partie des potentiels prétendants à la présidentielle. S'il ne s'est à ce jour pas déclaré comme candidat, il a publié fin août un manifeste « pour une autre France » en vue de l'élection. L'ancien ministre, en retrait de la politique depuis deux ans, fait aussi peu à peu son retour dans les médias. Il s'est notamment fait remarquer mardi pour avoir proposé sur CNews de permettre aux enfants d'entrer en maternelle dès l'âge de 1 an, en réaction aux mauvais résultats de l'enquête Pisa. « Vous assurez comme ça à tous les enfants de France la capacité d'être dans un lieu collectif où ils vont commencer à apprendre des mots », a-t-il expliqué. Pour Bruno Le Maire, « la multiplication des réformes, des circulaires, des instructions données aux enseignants, ça ne marche pas » et il faut « repenser notre modèle éducatif ».

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Sa proposition ne fait toutefois pas l'unanimité. « Je ne crois pas, un enfant sur deux ne sait pas marcher à cet âge-là », a balayé le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray sur TF1. C'est une mesure « totalement absurde », a aussi jugé auprès de Ouest-France Aurélie Gagnier, secrétaire générale du syndicat enseignant FSU-SNUipp.

Marine Tondelier veut interdire les mensonges

Et si mentir devenait passible d'une peine d'inéligibilité ? C'est la proposition faite par Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle. Sur son blog, la secrétaire nationale des Écologistes a proposé vendredi 4 septembre d'adopter une loi « pour interdire le mensonge en politique » afin d'avoir « un débat public de qualité ».

Elle précise que cette loi ne sanctionnera pas l'erreur ou l'imprécision, ni un changement d'opinion. Seuls les « mensonges factuels et délibérés » seront sanctionnés. « Il faut que votre propos soit factuellement faux. Il faut que l'auteur de la phrase soit bien conscient de cette fausseté ou, tout le moins, qu'il ne puisse pas l'ignorer, et enfin, qu'il ait bien eu l'intention de tromper, c'est-à-dire que ce propos serve des intérêts bien précis », indique la candidate. 

Des vacances en cas d'élection pour Edouard Philippe

« Priorité n°1 d'Edouard Philippe s'il est élu Président de la République: prendre une ou deux semaines de vacances, parce que "ça fait pas de mal" », raille sur X le député du Loiret et porte-parole du Rassemblement national Thomas Ménagé. Le président d'Horizons a-t-il fait part de sa volonté de se reposer sitôt l'élection passée ? Pas vraiment. Le maire du Havre et candidat déclaré à l'élection présidentielle, invité lundi du podcast de l'entrepreneuse Pauline Laigneau, a évoqué le fait de reporter l'investiture présidentielle de mai à septembre, sur le modèle de ce qui se fait aux Etats-Unis.

Pour Edouard Philippe, cette période de transition permettrait au futur président de « se reposer » pendant une ou deux semaines, mais lui laisserait surtout « le temps de consulter beaucoup plus lentement (...) les partenaires sociaux, les chefs d'Etat étrangers, enfin plein de gens. Il aurait le temps de constituer ses équipes, de donner des mots d'ordre pour début septembre », imagine celui qui juge le calendrier français « complètement dingue ». 

« La paresse au pouvoir », a commencé le député LFI Hadrien Clouet, appelant l'ex-Premier ministre à « partir en congé sans solde ». « Édouard Philippe traite sans cesse les Français de fainéants mais est fatigué après seulement 4 semaines de campagne et demande déjà 4 mois de vacances », a également critiqué sur X le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy. « La France n'a pas une minute à perdre », a commenté de son côté Gabriel Attal.

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Le RN veut interdire le port du voile

Autre proposition, mais qui a tout autant fait réagir : celle formulée par le Rassemblement national d'interdire le port du voile. Le député Jean-Philippe Tanguy a affirmé le 30 août qu'en cas d'élection de Marine Le Pen, son parti prévoyait de « sanctionner le port du voile » islamique par une « amende ». « S'il y a des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende », au même titre que « les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité », a affirmé sur BFMTV le lieutenant de Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a par la suite confirmé sur X vouloir proposer par référendum aux Français « une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes », parmi laquelle figurerait la pénalisation du voile islamique dans l'espace public, au cours de son mandat. 

La mesure, qui était déjà au programme de Marine Le Pen lors des précédentes élections présidentielles, a suscité un tollé. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, et soutien d'Edouard Philippe, a émis des « réserves évidentes » sur cette proposition. 

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Payer le président au Smic pour Ruffin

La mesure peut sembler incongrue, tant elle tranche avec la situation actuelle. Le député de la Somme François Ruffin, candidat à l'élection présidentielle et ex-insoumis, souhaite que le président de la République soit payé au Smic. Il estime que le chef de l'Etat est déjà logé, nourri et blanchi et que son salaire est comme de « l'argent de poche ». « Je serai un président au Smic oui, car le salaire d'un président, c'est de l'argent de poche, c'est tout frais payé », a-t-il de nouveau fait savoir mercredi. Actuellement, la rémunération présidentielle est fixée à 16 000 euros bruts mensuels. 

 L'ex-président François Hollande a salué dans cette proposition « un appel louable à la modestie et à l'économie pour l'exercice de la fonction présidentielle », mais y voit des limites « sauf à vouloir vivre hors de l'Elysée sans chauffeur ni protection et en faisant soi-même sa cuisine ». « Ce qui est attendu d'un président, c'est d'abord de changer la vie des Français plus que la sienne », a-t-il ajouté.