Des zones de combat au Mali au domaine Octopus à Draguignan : l’itinéraire de Loïk Le Priol, jugé pour le meurtre de l’ex-rugbyman Federico Martin Aramburu
C’est dans un bureau de la préfecture maritime de Méditerranée, à Toulon, que le sort du quartier-maître — son grade — Loïk Le Priol a été formellement scellé d’un trait de plume en 2017.« L’ordre de cessation ...
C’est dans un bureau de la préfecture maritime de Méditerranée, à Toulon, que le sort du quartier-maître — son grade — Loïk Le Priol a été formellement scellé d’un trait de plume en 2017.
« L’ordre de cessation de l’état militaire » du fusilier marin a été signé le 25 octobre, deux mois avant la fin d’un congé maladie de longue durée.
L’armée coupait alors définitivement les ponts avec cet ancien soldat d’élite après que son implication dans une affaire de violences aggravées, en 2015 à Paris, avait été révélée et documentée par le site d’informations en ligne Mediapart.
Des années plus tard, Loïk Le Priol, 32 ans, est poursuivi pour « assassinat » devant la cour d’assises de Paris. Son procès s’est ouvert ce lundi.
Il reconnaît le meurtre de l’ex-rugbyman Federico Martin Aramburu, tué par balles au petit matin du 19 mars 2022 après une altercation à la terrasse d’un bar de la capitale. Le crime a-t-il été prémédité ? Le discernement de l’accusé était-il altéré ? Le verdict est attendu le 25 septembre.
Un militant d’extrême droite
Cette nuit-là, Le Priol n’aurait jamais dû se trouver en compagnie de son ami Romain Bouvier — lui est jugé pour « tentative d’assassinat ».
Les deux hommes avaient été placés sous un contrôle judiciaire qui leur interdisait tout contact dans le cadre de l’affaire des violences aggravées qui a valu à Loïk Le Priol d’être radié de l’armée.
Le duo avait participé à une expédition punitive ciblant un ancien chef du GUD (Groupe union défense), une organisation étudiante d’extrême droite radicalisée (dissoute par le gouvernement en 2024) dont Le Priol et Bouvier étaient des militants.
Ces faits (jugés après le meurtre de Federico Martin Aramburu) avaient été commis trois mois après le rapatriement de Loïk Le Priol en juillet 2015.
Après avoir participé à des missions de lutte contre le djihadisme au Mali, le militaire a été exfiltré des forces spéciales pour cause de syndrome post-traumatique. Une affection qui l’aurait rendu alcoolique.
Il faisait également l’objet d’accusations de violences au préjudice d’une jeune femme prostituée à Djibouti…
Une tentative de cavale en Ukraine
C’est dans ce contexte que Loïk Le Priol, placé en congé maladie de longue durée et mis en examen dans le dossier de violences contre l’ex-chef du GUD, a fini par s’installer dans le sud de la France, notamment dans la propriété familiale à Draguignan.
Le Domaine Octopus deviendra alors le siège d’une activité d’oléiculteur mais aussi un établissement recevant du public au grand dam du voisinage…
Dans les heures qui ont suivi le meurtre de l’ancien champion de France de rugby sous les couleurs du Biarritz Olympique (2005 et 2006), Le Priol est rentré dans le Var en TGV.
Draguignan a dès lors été le point de départ d’une cavale en voiture interrompue dans la nuit du 22 au 23 mars 2022 près d’un poste frontière en Hongrie. L’ancien commando marine tentait de se rendre en Ukraine où la guerre d’invasion par la Russie venait d’éclater.