Des zombies dans le rétro et en plein bad trip forestier
Entre week-end hallucinogène et hommage à « La Nuit des morts-vivants », cette bande dessinée italienne met en scène quatre quadragénaires en crise, pris au piège dans une cabane isolée entourée de zombies.
Entre week-end hallucinogène et hommage à « La Nuit des morts-vivants », cette bande dessinée italienne met en scène quatre quadragénaires en crise, pris au piège dans une cabane isolée entourée de zombies.
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Quatre amis d’enfance se retrouvent pour un week-end en forêt, dans la cabane du vieil oncle de l’un d’eux. Tous nostalgiques d’une jeunesse qui s’est perdu dans la banalité d’un quotidien creux. Boris est devenu prof de philo désabusé ; Jean, jadis premier de la classe, au chômage, est un vieux geek qui vit chez sa mère ; Michel, toujours stressé végète dans un fast-food en se rêvant un nouveau destin. Et même le sportif et musculeux Alban, à la tête d’une concession automobile, voit sa réussite apparente brouillée par la méfiance et la paranoïa.
Cette parenthèse forestière est donc l’occasion de retrouver, pour deux jours, l’innocence et la liberté passée. Et quoi de mieux, avec le barbecue et la bière que des champignons hallucinogènes pour ranimer la flamme d’antan. Sauf que les réjouissances arrosées prévues sont perturbées par l’arrivée... de zombies qui encerclent le cabanon, dans un remake décalé de La Nuit des morts-vivants, l’emblématique oeuvre cinématographique de George A. Romero.
Face au péril, chacun va résister selon son caractère, et casser du zombie avec plus ou moins d’enthousiasme. Surtout quand apparaît un modèle géant de trepassé, façon « boss » de fin de jeu vidéo. Et c’est dans l’abri anti-atomique bâti par l’oncle que se dénouera cette trépidante - et surtout burlesque - chasse à l’homme.

Les deux auteurs italiens, découverts par les éditions nordistes Ankama, semblent avoir pris un grand plaisir à jouer des clichés du genre - un genre qui, depuis le chef d’oeuvre de Romero, n’a pas attendu pour se parodier lui-même au cinéma. Le dessin de Giulio Ferrara est aussi dynamique et haut en couleur que le récit de Niccolò Testi (passé par les webcomic et les productions Disney de Panini). Le tout est sans prétention, mais soigné, et se lit avec un plaisir assez jubilatoire.
D’autant que l’histoire est densifié par des flash-back mélancoliques sur leur jeunesse évaporée et que le scénario laisse planer pendant un temps l’interprétation du surgissement des zombies, entre le bad trip hallucinogène et le réel péril post-mortem.
Des zombies dans le rétro, Niccolò Testi (scénario), Giulio Ferrara (dessin et couleurs). Editions Ankama, 104 pages, 18,90 euros. (parution 12 juin 2026)
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