« Des plages sont sauvées ailleurs, pourquoi pas la nôtre ? » : ils ne veulent pas voir le Rayolet disparaître et appellent à la mobilisation à Six-Fours
L’association « Sauvons la plage du Rayolet » a lancé une pétition en ligne et organise une manifestation dimanche 9 août afin de « montrer à la municipalité, à la Métropole TPM et aux pouvoirs publics l’attachement des Six-Fournais, des habitués et des visiteurs à la préservation de cette plage nat
C’est une des seules plages naturelles de Six-Fours. Un morceau de littoral paisible, éloigné de la route, où habitués de toutes générations se retrouvent dans une ambiance familiale. Si l’accès principal à la plage du Rayolet, située entre celles de la Coudoulière et du Cros, a été condamné en 2024 par la municipalité pour raisons de sécurité, elle demeure accessible à pied via un lotissement voisin.
Du moins ce qu’il en reste. Car des 400 mètres de longueur qui en faisaient une des plus belles de Six-Fours jusque dans les années 2000, il ne reste plus grand-chose. Au fil des ans, la bande de sable n’a cessé de se rétrécir, jusqu’à disparaître sur les trois quarts de la longueur de la plage, où la mer lèche aujourd’hui les murs des villas et lotissements.
Une fatalité ? « Non, affirme Benoit Massin, qui a planché avec sérieux sur le dossier. Beaucoup de gens pensent que le phénomène est dû à la montée des eaux, or c’est faux : le niveau de la mer n’a monté que de 10 cm en trente ans, selon le Marégraphe de Marseille. »
« Le problème est la baisse du niveau du sable de plus d’un mètre, entre autres en raison du retrait mécanique des banquettes de posidonies (lorsqu’elles n’étaient pas encore protégées, Ndlr), et donc de sable avec, pendant 30 ans par la municipalité sans rechargement. »
Manifestation « les pieds dans l’eau » dimanche 9 août à 11 h
Mais « il existe plusieurs solutions techniques, y compris des solutions écologiques, pour y remédier, assure Benoit Massin. Et pas forcément très onéreuses. » Pour faire entendre ses arguments, ce riverain a créé l’association « Sauvons la plage du Rayolet », qui vient de lancer une pétition en ligne et invite tous les amoureux du site à participer à une manifestation « les pieds dans l’eau » dimanche 9 août à 11 h.
L’objectif ? « Montrer à la municipalité, à la métropole TPM et aux pouvoirs publics l’attachement des Six-Fournais, des habitués et des visiteurs à la préservation de cette plage naturelle. »
Des études nécessaires
A. F. / Var-Matin
Avant cette action, l’association avait naturellement sollicité une rencontre avec la nouvelle municipalité. « Nous avons été reçus par l’adjointe à l’environnement Elodie Monier, rapporte Benoit Massin. Il y a eu une écoute, assortie d’un accord pour le lancement d’une étude environnementale par TPM, qu’il faudra relancer en septembre. »
Un premier pas. Car, en effet, si toutes les autorités acceptaient de procéder au « sauvetage » de la plage du Rayolet, il faudrait nécessairement mener au préalable « une étude environnementale, hydrodynamique et géotechnique, une étude technique comparative des différents dispositifs possibles (efficacité, durabilité, valeur environnementale, prix) et une étude d’impact, mais aussi obtenir des autorisations administratives de l’Etat (DDTM) ».
Des Six-Fournais et touristes nostalgiques
La pétition a déjà recueilli plus de 650 signatures. Et ce n’est sans doute qu’un début ; rappelons qu’il y a deux ans, plus de 1870 personnes s’étaient mobilisées contre la construction d’un mur fermant l’accès principal à la plage du Rayolet (démoli ensuite, mais remplacé par un grillage par la municipalité).
Car les riverains ne sont pas les seuls attachés à ce petit bout de littoral ; pour preuve, sur les 71 membres actifs de l’association, seuls trois sont des voisins directs de la plage. « Les gens viennent des lotissements proches mais aussi de tous les quartiers de Six-Fours, assure Benoit Massin. Il y a des touristes également, qui reviennent d’année en année. Tous ceux qui la fréquentent en parlent avec nostalgie aujourd’hui. »
« C’était notre plage depuis quarante ans, témoigne Frédéric Livernet, qui habite à proximité. Mes enfants y ont fait des châteaux de sable, aujourd’hui on y joue au volley… dans l’eau. Des plages sont sauvées ailleurs, pourquoi pas la nôtre ? »