Liechtenstein : données de 31'000 entités dérobées par des hackers
Une cyberattaque a ciblé la semaine passée un registre de l'Office de la justice du Liechtenstein. Les hackers ont dérobé des données concernant 31'000 sociétés, fondations et fiduciaires. Ils n'ont toujours pas été identifiés.
Une cyberattaque a ciblé la semaine passée un registre de l'Office de la justice du Liechtenstein. Les hackers ont dérobé des données concernant 31'000 sociétés, fondations et fiduciaires. Ils n'ont toujours pas été identifiés.
Selon les premières investigations, le registre a fait l'objet d'une attaque isolée, ont indiqué mardi les représentants de la Principauté lors d'un point de presse. Il s'agirait d'une intrusion ciblée à un niveau technique élevé contre une structure de sécurité très complexe. Les autorités liechtensteinoises n'excluent pas qu'un acteur étatique soit derrière le vol.
D'après l'enquête, ni les serveurs de l'État ni d'autres systèmes de l'administration n'ont été copiés. Par mesure de précaution, d'autres systèmes contenant des données sensibles, à l'instar du registre central des comptes et du système fiscal central, ont été temporairement mis hors ligne et font l'objet de contrôles de sécurité supplémentaires.
A Vaduz, la cheffe du gouvernement Brigitte Haas dirige une cellule de crise mise en place samedi. Au côté du ministre de la Justice Emanuel Schädler, elle est chargée de faire la lumière "dans les plus brefs délais" sur la cyberattaque perpétrée dans la nuit de mercredi à jeudi derniers.
L'Office de la Justice a déposé une plainte pénale contre inconnu au cours du week-end. L'analyse des traces numériques se poursuit et fait l'objet d'enquêtes en collaboration avec les autorités européennes, notamment suisses.
Outil contre le blanchiment
Les données volées concernent les noms des entités juridiques, ainsi que les noms, dates de naissance, nationalités et pays de résidence des ayants droit économiques effectifs. Les adresses et numéros de téléphone, ainsi que les données financières telles que les chiffres d'affaires, actifs ou dividendes ne sont pas concernés.
On ignore quelle proportion de ces données concerne la Suisse. Les investigations sont toujours en cours.
Le registre ciblé, créé en avril 2021, vise à lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il recense les personnes qui contrôlent effectivement les sociétés, fondations et fiduciaires enregistrées dans la Principauté.
"Nous avons créé le registre en coordination avec nos partenaires européens et pour la mise en œuvre de la 5e directive européenne sur la lutte contre le blanchiment d'argent", a rappelé Brigitte Haas. "L'attaque qui nous vise est aussi une attaque contre les normes internationales."
Informer les ayants droit
Une centrale d'information a été mise en place dès mardi après-midi à l'attention des personnes potentiellement affectées. Ce dispositif vise à fournir une assistance personnalisée tout en respectant la loi en matière de protection des données.
Cette cyberattaque entache la réputation de la place financière du Liechtenstein. Elle sonne aussi comme un avertissement pour la Suisse, qui doit mettre en place un registre similaire cet automne.
ats/ami