thejournalofsierraleonestudies.com

Des critiques à la gloire éternelle, l’incroyable récit de Lionel Messi avec l’Argentine : ‘Il s’est toujours relevé’ - RTBF Actus

En 2007, la Pulga dispute sa première Copa América et arrive en finale, en inscrivant deux buts, dont un bijou face au Mexique en demi. En finale, les hommes d’Alfio Basile se font largement dominer par Dani Al...

En 2007, la Pulga dispute sa première Copa América et arrive en finale, en inscrivant deux buts, dont un bijou face au Mexique en demi. En finale, les hommes d’Alfio Basile se font largement dominer par Dani Alves et compagnie, qui l’emportent trois buts à rien. Ce sera la première des cinq finales perdues par Messi avec l’Argentine.

L’année 2008 est synonyme d’or pour le prodige argentin puisqu’il offre à l’Argentine sa deuxième médaille d’or olympique après celle glanée en 2004 grâce à Carlos Tevez et compagnie. En finale, les Argentins l’emportent un but à rien face au Nigeria, qui venait d’éliminer la Belgique, sur un but d’un certain Angel Di Maria… servi par Messi.

Le 11 février 2009 est également un jour particulier pour la star du Barça puisqu’il dispute son tout premier match sous les ordres de Diego Maradona, propulsé à la tête de l’Argentine. C’est au Vélodrôme face à la France de Raymond Domenech. Résultat ? Deux buts à rien, avec un bijou signé Messi.

Une cohabitation qui dure jusqu’en 2010 avec une qualification très difficile pour valider le ticket pour l’Afrique du Sud, avant de connaître un naufrage en quarts de finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne (0-4). Sous l’ère Maradona, Messi n’inscrit que trois buts mais hérite du numéro 10 en sélection. Un sacré symbole au vu de l’identité de son sélectionneur.

Maradona quitte donc la sélection après l’échec sud-africain et est remplacé par un autre champion du monde 1986 : Sergio Batista.

Et l’ancien milieu de terrain a un sacré défi : tenter de remporter la Copa America en 2011, à domicile. C’est raté puisque l’Argentine, pourtant composée de Messi, Tevez et Gonzalo Higuain, échoue en quarts de finale face à l’Uruguay de Diego Forlan et Luis Suarez. Une Copa où Messi ne brille pas vraiment puisqu’il n’inscrit pas le moindre but, malgré trois assists. Il se fait même huer par ses propres fans.

Batista quitte son poste et est remplacé par Alejandro Sabella. Et là, tout change pour le numéro 10.

Le sélectionneur décide de changer de capitaine et le brassard passe du bras de Javier Mascherano à celui de Messi. Après avoir souffert pour se qualifier pour le Mondial 2010, l’Argentine roule sur les éliminatoires pour le Mondial 2014 grâce, notamment à onze buts de sa star. En amical, Messi régale aussi et s’offre des triplés face à la Suisse, au Guatemala, et un autre triplé mémorable face au Brésil.

Au Brésil, justement, la Pulga porte son pays avec quatre buts en phase de groupe et un assist face à la Suisse en huitièmes de finale pour permettre à l’Argentine de disputer sa première finale de Coupe du monde depuis 1990. Une finale finalement perdue au bout du suspense contre l’Allemagne de Mario Götze. Maigre consolation pour Messi, désigné meilleur joueur du tournoi.

Malgré l’énorme déception du Maracana, Messi commence enfin à être de moins en moins critiqué au pays.

Alors que Sabella cède sa place à Tata Martino, que Messi a connu au Barça, l’Argentine atteint deux nouvelles finales de Copa América. Verdict ? Deux défaites aux tirs au but en finale face au Chili. Le coup de massue pour le capitaine, qui annonce prendre sa retraite internationale le 27 juin 2016 au MetLife Stadium, stade où il a disputé sa troisième finale de Coupe du monde dix ans après cette annonce.

Une retraite de courte durée puisqu’il fait finalement son retour trois mois plus tard lors d’une courte victoire face à l’Uruguay (1-0). L’unique buteur de la rencontre ? Messi.

Débute alors un calvaire pour l’Argentine, menée par un Jorge Sampaoli brouillon au sein d’une AFA (Asociacion del futbol argentino, soit la fédération, ndlr) en pleine crise et marquée par une altercation avec la presse, où le capitaine argentin prend la parole pour affirmer qu’aucune interview ne serait donnée durant près de dix mois.

Qualifiée de justesse pour le Mondial grâce… à un triplé de Messi lors du dernier match de qualifications en Equateur, l’Argentine sombre totalement en Russie malgré un but et deux assists du natif de Rosario. Sergio Agüero et compagnie s’inclinent en huitièmes de finale face à la France. Messi a alors 31 ans et a, peut-être, disputé sa quatrième et dernière Coupe du monde.

Logiquement, Sampaoli quitte ses fonctions. Claudio Tapia, président de la fédération, fait alors confiance au jeune Lionel Scaloni, ancien latéral de l’Albiceleste et adjoint de Sampaoli. Ce qui devait être un intérimaire de quelques matches le temps de trouver un sélectionneur plus expérimenté se termine finalement en l’une des pages les plus glorieuses de l’Histoire du football…

Et Scaloni a une sacrée mission : renouveler son effectif (exit les Mascherano, Biglia, Higuain ou Sergio Romero) pour faire appel à la nouvelle génération, menée par les Rodrigo De Paul, Leandro Paredes et Lautaro Martinez. L’autre mission de l’ancien latéral est de convaincre Messi de ne pas quitter le navire. Les deux hommes s’apprécient et Scaloni réussit sa mission.

C’est donc un Messi plus leader que jamais qui retrouve la sélection lors d’une défaite face au Venezuela en amical, en mars 2019.

Le capitaine justifie alors son choix lors d’une interview accordée à la radio argentine et qui devient virale. "On a dit beaucoup de mensonges, que je choisissais les joueurs et entraîneurs. Mais c’est évidemment faux. Ma famille souffre mais je ne vais pas arrêter. Mes enfants me demandent pourquoi je continue à jouer avec l’équipe nationale alors qu’on me critique et que je suis aimé à Barcelone. Mais je ne vais pas partir, je veux gagner un titre avec l’Argentine. J’ai été très proche et je veux essayer à nouveau".

Lors de la Copa América 2019, Messi et compagnie atteignent la demi-finale, où ils se font éliminer par le Brésil au terme d’un match polémique et écope ensuite d’une carte rouge face au Chili lors de la petite finale. Après avoir critiqué l’arbitrage et accusé la Conmebol (fédération sud-américaine, ndlr) de corruption, le capitaine écope de trois mois de suspension.

Si l’Argentine n’a toujours pas remporté son premier trophée depuis 26 ans, quelque chose s’est créé lors de la Copa America 2019. Très rassembleur, Scaloni forme un groupe uni et rajoute deux nouvelles têtes pour la Copa América 2021 : Emiliano Martinez et Cristian Romero.

Lors de la Copa, déplacée au Brésil à cause de la pandémie, l’Argentine atteint une nouvelle finale avec un Messi plus que décisif : quatre buts et cinq passes décisives. En finale, l’Argentine affronte son rival de toujours et met fin à la malédiction grâce à un but de Di Maria. A 34 ans, Lionel réalise enfin son rêve et soulève son premier titre avec l’équipe nationale, après avoir été désigné meilleur joueur du tournoi, meilleur buteur et meilleur passeur. Dans la foulée, l’actuel attaquant de l’Inter Miami connaît un sacré chamboulement puisqu’il quitte le Barça pour rejoindre le PSG.

Invaincue, l’Albiceleste déroule ensuite en qualifications pour le Mondial au Qatar et s’offre même un deuxième titre : la Finalissima face au champion d’Europe italien sur le score de trois buts à rien et signe son unique quintuplé en équipe nationale quelques jours plus tard face à l’Estonie en amical.

Arrive alors la Coupe du monde. "Ma dernière", affirme Messi avant le début du tournoi. Après l’énorme coup de massue et la défaite surprise face à l’Arabie saoudite, le leader argentin sauve les siens d’une élimination historique face au Mexique de Guillermo Ochoa, avant de marquer face à l’Australie, les Pays-Bas, la Croatie et s’offrir un doublé lors d’une finale mémorable face à la France de Kylian Mbappé. Ça y est, Messi est champion du monde. "Il sera canonisé", dit la télévision anglaise après le tir au but décisif inscrit par Gonzalo Montiel.

Mais pas question de s’arrêter là pour la légende, qui peut désormais s’asseoir à la table de Diego Maradona depuis qu’il a soulevé la précieuse Coupe du monde, 36 ans après l’idole de Naples. "Je comptais arrêter avec la sélection. Mais là, je veux encore rester un petit temps pour savourer".

L’homme est devenu légende au pays. Tatouages, pubs, merchandising, fresques murales : l’Argentine n’a d’yeux que pour son capitaine.

Mais Messi ne s’arrête pas là : avec huit buts, il est le meilleur buteur des éliminatoires de la zone Amérique du Sud pour le Mondial 2026. Mieux, il s’offre une nouvelle Copa America en 2024, aux Etats-Unis, malgré une blessure à la cheville en finale contre la Colombie.

S’il laisse planer le doute, nul doute qu’il sera bien présent pour disputer sa sixième et dernière Coupe du monde. Alors que certains parlaient d’un rôle de joker de luxe, il n’en est rien. Dans l’ombre, le capitaine s’est préparé comme jamais et débarque aux Etats-Unis en pleine forme physique, mais souffre mentalement car son père est gravement malade. Sans l’annoncer, Messi pose un choix fort, prouvant l’amour qu’il porte pour le maillot : il décide de sacrifier ses derniers moments avec son père pour défendre son titre.

Et Messi surprend la planète : triplé contre l’Algérie, doublé contre l’Autriche et un but contre la Jordanie. Avant de marquer un bijou face au Cap-Vert et de sauver l’Argentine contre l’Egypte avec un assist et un but. Il offre encore un assist face à la Suisse et deux assists pour écrire l’une des plus belles pages de l’Histoire de l’Argentine avec le renversement de situation face au rival anglais dans les toutes dernières minutes. En finale, Messi et compagnie s’inclinent logiquement face à une Espagne largement supérieure.

Quelques jours après, Jorge Messi, père de la légende, décède des suites d’une longue maladie et le joueur de 39 ans écrit une lettre déchirante. "Je ne sais pas ce que je vais faire sans toi, je ne sais pas comment continuer. Je ne faisais que jouer au football et maintenant, je me demande si je pourrai continuer longtemps". Un contexte familial qui magnifie encore plus son Mondial, son meilleur sur le plan personnel avec huit buts et quatre assists.

S’il avait déjà pris la décision d’arrêter en équipe nationale après la Coupe du monde, Messi officialise la nouvelle le 31 août. "Le moment est venu d’arrêter en sélection. J’aime, j’ai aimé et j’aimerai l’équipe nationale. Mais je suis vidé et je n’ai plus rien à donner".

La finale face à l’Espagne a donc été le dernier match officiel de la Pulga, sur la même pelouse où il avait décidé d’arrêter en équipe nationale car "ce n’était pas fait pour moi".

Dix ans après, Lionel Messi a non seulement réalisé son rêve et réussi le pari qu’il s’était donné en 2019 avec cette interview puisqu’il a remporté, non pas un, mais quatre titres avec son maillot préféré.

Mais Messi a aussi et surtout réussi en dehors des terrains : dans un pays où le clivage est roi, Lionel fait l’unanimité. Du pauvre au riche, du fan de Boca à River, de l’enfant à l’adulte qui a connu l’époque de Maradona, d’un camp politique à l’autre : tout le monde apprécie Messi, sur le terrain et en dehors. "Il a uni un pays", dit Lisandro Martinez. "Il s’est toujours relevé, c’est un exemple", affirme Enzo Fernandez. "Son héritage sera éternel", ajoute, justement, Paredes.

21 ans après ses débuts ratés avec une carte rouge, le gamin de Rosario a quitté le stade de River Plate couronné d’une gloire éternelle.

Lionel Messi a donc réussi une dernière chose, et non des moindres. Certainement l’une des plus difficiles pour un sportif, surtout pour un homme aussi passionné du ballon rond que ne l’est l’Argentin : savoir s’arrêter au bon moment. Et le temps passe pour tout le monde, même pour un joueur que certains nomment d’inhumain.

Et réussir sa sortie n’est pas chose aisée. Mais là aussi, à l’image de sa carrière, la Pulga a été immense…