Découverte majeure : Beta Pictoris b émet des signaux radio grâce à ses aurores polaires
Publié25. septembre 2026, 20:26Beta Pictoris bDes chercheurs captent les signaux radio d’une planète lointainePour la première fois, des chercheurs ont attribué des signaux radio directement à une planète en de...
Publié25. septembre 2026, 20:26
Beta Pictoris bDes chercheurs captent les signaux radio d’une planète lointaine
Pour la première fois, des chercheurs ont attribué des signaux radio directement à une planète en dehors de notre système solaire, causés par d'immenses aurores polaires.

Konstantin Furrer
Pour la première fois, des astronomes affirment avoir attribué directement des signaux radio à une planète située en dehors de notre système solaire. Ils proviennent de Beta Pictoris b, une géante gazeuse située à 64 années-lumière de la Terre.
Mais inutile d’imaginer des extraterrestres tentant de nous contacter. Yvette Cendes, coauteure de l’étude, insiste: ces ondes radio sont d’origine naturelle. Dans notre système solaire, la Terre et les quatre planètes géantes en produisent également.
Des aurores polaires géantes
Les signaux ont été captés grâce à MeerKAT, un réseau de 64 radiotélescopes installé dans le semi-désert du Karoo, en Afrique du Sud. Entre février 2025 et mai 2026, les chercheurs ont observé le système à quatre reprises. À chaque fois, la source radio était détectable.
Selon l’équipe, ces émissions seraient provoquées par de gigantesques aurores polaires. Des particules chargées suivent les lignes du champ magnétique jusqu’aux pôles de la planète et émettent alors un puissant rayonnement radio.
C’est le même phénomène qui produit les aurores sur Terre et les impressionnantes émissions radio de Jupiter.
Une planète difficile à distinguer de son étoile
Le véritable défi n’était pas de détecter le signal, mais de prouver qu’il provenait bien de la planète.
Vue depuis la Terre, Beta Pictoris b apparaît extrêmement proche de son étoile. Pour déterminer précisément l’origine des ondes, les astronomes ont utilisé des quasars, des objets très lointains dont la position dans le ciel est connue avec une grande précision.
Le résultat serait sans ambiguïté: le rayonnement provient de la planète et non de son étoile.
Un champ magnétique 2500 fois plus puissant que celui de la Terre
Cette découverte aurait également permis aux scientifiques de mesurer directement, pour la première fois, le champ magnétique d’une exoplanète.
Celui de Beta Pictoris b atteindrait au minimum 1,25 kilogauss, soit environ 2500 fois la puissance du champ magnétique terrestre et près de 90 fois celle de Jupiter. Jusqu’ici, la puissance des champs magnétiques des exoplanètes était essentiellement estimée à partir de modèles.
Beta Pictoris b est une jeune géante gazeuse plusieurs fois plus massive que Jupiter. Elle tourne également à toute vitesse sur elle-même: une journée n’y durerait qu’environ huit heures.
Prudence toutefois: l’étude a été publiée en prépublication sur la plateforme arXiv et n’a pas encore été évaluée par des scientifiques indépendants.
Les chercheurs comptent désormais utiliser leur méthode pour observer sept autres exoplanètes réparties dans cinq systèmes stellaires.
(cga)

Konstantin Furrer
Konstantin Furrer (fur) travaille pour 20 Minuten depuis 2017. Depuis 2022, il est responsable du newsdesk, rédacteur en chef et membre de la direction de la rédaction.
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