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“Des armes et des bagarres toute mon enfance” : à Montauban, elle menace son voisin d’un couteau sous la gorge et écope d’une détention provisoire dans l’attente d’une expertise psychiatrique

Ce vendredi 28 août 2026, Nathalie, 55 ans, s'est retrouvée en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Montauban après avoir menacé un voisin d'un couteau sous la gorge, mercredi. Le procès a finalement été renvoyé au 2 octobre ; la quinquagénaire a été placée en détention provisoire à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses dans l'attente d'une expertise psychiatrique.

l'essentiel Ce vendredi 28 août 2026, Nathalie, 55 ans, s'est retrouvée en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Montauban après avoir menacé un voisin d'un couteau sous la gorge, mercredi. Le procès a finalement été renvoyé au 2 octobre ; la quinquagénaire a été placée en détention provisoire à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses dans l'attente d'une expertise psychiatrique.

Trois policiers l'encadrent quand elle avance jusqu'à la barre. Tatouages sur chaque épaule, lunettes remontées sur le crâne, mèches blondes : Nathalie M., 55 ans, s'installe face à la présidente Anne-Sophie Derens. Sa voix, grave, cassée par des années de cigarettes, portera tout au long de l'audience une forme de fatigue qui ne la quittera pas.

Ce vendredi 28 août 2026, tout est allé vite. Trop vite, presque, pour cette habitante d'un immeuble de l'UDAF 82, placée en garde à vue puis déférée le jour même devant le tribunal judiciaire de Montauban, selon la procédure de comparution immédiate.

Originaire de Lons-le-Saunier (Jura), cette ex-SDF pensait sans doute avoir laissé la rue derrière elle. Mais l'alcool et la violence, ses vieux démons, ont refait surface mercredi dernier à Montauban.

Le motif est dérisoire. Nathalie s'en est prise à l'un des autres résidents de l'immeuble, avec qui elle partage les parties communes. D'abord les mots : elle menace de "planter" son voisin de palier. Elle retourne dans sa chambre. Elle en ressort avec un couteau.

L'arme, elle la pose sous la gorge de son voisin, un homme frêle qui craint alors pour sa vie. Il parvient à s'échapper, à courir jusque dans la rue. Mais même là, elle ne renonce pas : elle le poursuit.

Un renvoi qui s'impose

À la barre, pourtant, le procès ne va pas au bout. "Il y a une difficulté dans le dossier, votre médecin psychiatre a demandé votre mise sous sauvegarde de justice", relève la présidente Anne-Sophie Derens. Cette mesure de protection, qui existe pour les majeurs dont les facultés mentales ou physiques sont affaiblies, change la donne. "La loi nous oblige alors à avoir pour vous juger une expertise psychiatrique pour déterminer votre discernement lors des faits", poursuit la magistrate, avant de confirmer que l'audience est reportée.

Reste une question, immédiate, urgente : que faire de Nathalie en attendant ? Remise en liberté sous contrôle judiciaire, ou détention provisoire ? Le tribunal doit trancher avant de clore l'audience.

Un passé qui pèse dans la balance

Et sur ce point, tout, dans le portrait qui se dessine, semble se retourner contre elle. Veuve depuis quatorze ans, elle ne voit plus ses deux enfants, ni ses trois petits-enfants. Elle se dit bipolaire, dépressive. Elle ne travaille plus depuis quinze ans et vit de l'allocation aux adultes handicapés, accordée en raison de "sa nervosité". Son casier judiciaire, lui, ne pardonne pas : 6 condamnations, presque toutes pour des violences commises avec une arme blanche.

Face à ce passé qui remonte, elle tente une explication, presque un aveu. "C'est ce que j'ai vu toute mon enfance : des armes et des bagarres", lâche-t-elle, comme pour justifier sa propre trajectoire.

Le substitut Freddy Marta prend alors la parole, et ses questions, sèches, viennent immédiatement cibler le cœur du problème : la proximité entre Nathalie et sa victime. "Vous habitez à quelle distance de la victime ?

- Sur le même palier.

- Vous pouvez être hébergée ailleurs ?", insiste le substitut.

- Au '115' ou à la rue, je peux aussi ne pas le croiser en mangeant dans ma chambre", dit-elle de sa voix rauque.

La réponse ne convainc pas le ministère public, qui y voit au contraire la confirmation d'un danger. Le substitut requiert la détention provisoire.

"Je n'avais pas mon traitement"

Face à cette charge, Nathalie tente une dernière fois de se défendre, après l'intervention de son avocate Morgane Viana : "Je n'avais pas mon traitement médical."

Ce sera insuffisant. Le tribunal suit les réquisitions du parquet et ordonne le placement en détention provisoire de la quinquagénaire à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses. Le procès, lui, est renvoyé au 2 octobre 2026, le temps que l'expertise psychiatrique vienne éclairer la question du discernement.