Des activistes se présentent au domicile de Maxime Prévot à 5h30 du matin : “Puisque vous voulez entrer chez nous, nous venons chez vous”
Six membres du collectif "No ICE in Belgium" se sont présentés mercredi vers 05h30 au domicile namurois de Maxime Prévot (Les Engagés). Le ministre des Affaires étrangères leur a ouvert sa porte et a échangé av...
Six membres du collectif "No ICE in Belgium" se sont présentés mercredi vers 05h30 au domicile namurois de Maxime Prévot (Les Engagés). Le ministre des Affaires étrangères leur a ouvert sa porte et a échangé avec eux durant près d'une demi-heure. Cette action visait à dénoncer le projet de loi sur les "visites domiciliaires", actuellement en examen à la Chambre. Quatre policiers étaient présents pour s'assurer qu'aucun débordement ne survienne.
"Puisque vous voulez entrer chez nous, nous venons chez vous", ont déclaré les activistes.


Le texte prévoit de permettre à la police, moyennant l'autorisation préalable d'un juge d'instruction, de pénétrer dans un logement sans le consentement de ses occupants afin d'interpeller certains étrangers en séjour irrégulier. Sont visées les personnes faisant l'objet d'une mesure exécutoire d'éloignement, qui ne coopèrent pas à celle-ci et qui représentent un risque pour l'ordre public ou la sécurité nationale.
Le dispositif suscite des critiques concernant notamment le respect de la vie privée et l'inviolabilité du domicile. Myria, le Centre fédéral Migration, a estimé que plusieurs garanties restaient insuffisantes.
Les avis critiques contre le projet de loi sur les visites domiciliaires s'accumulentNo ICE in Belgium reproche par ailleurs aux Engagés d'avoir changé de position depuis 2018, lorsque le cdH, devenu depuis "Les Engagés", s'était opposé à un précédent projet de visites domiciliaires. Le collectif réclame le retrait du soutien du parti au texte actuellement examiné au Parlement.
Face aux militants, Maxime Prévot a nuancé la portée du dispositif. Il conteste l'idée que le projet permettrait des visites domiciliaires généralisées chez les personnes sans papiers. Selon lui, la mesure est limitée à des situations particulières et vise des personnes considérées comme présentant une menace pour l'ordre public ou la sécurité nationale, notamment dans des dossiers liés à la criminalité grave, au radicalisme, à l'extrémisme ou au terrorisme.
Le ministre insiste également sur les garanties introduites dans le texte. Une intervention ne pourrait pas être décidée librement par la police ou l'administration. Elle devrait notamment être autorisée par un juge d'instruction et constituer une mesure de dernier recours lorsque les autres démarches ont échoué.
Visites domiciliaires : petits changements du gouvernement Arizona et grande colère du monde judiciaireMaxime Prévot assume donc une évolution par rapport à la position défendue par le cdH en 2018, mais estime que le projet actuel ne peut être assimilé au texte de l'époque en raison des balises qui l'encadrent. Il défend un équilibre entre l'exécution des décisions d'éloignement concernant des profils jugés dangereux et la protection de l'inviolabilité du domicile.
De son côté, No ICE in Belgium considère que, malgré ces garanties, le principe même de l'intervention dans un domicile privé à des fins migratoires constitue une atteinte aux droits fondamentaux.