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Dépasser « un certain nombre » de médicaments par an risque de vous coûter plus cher

Le gouvernement ne touche pas aux montants des franchises, un point toujours éruptif. En revanche, la mesure va particulièrement concerner les patients contraints de consulter fréquemment.

Politique 23/07/2026 10:56 Actualisé le 23/07/2026 13:23

Le gouvernement ne touche pas aux montants des franchises, un point toujours éruptif. En revanche, la mesure va particulièrement concerner les patients contraints de consulter fréquemment.

Le plafond des franchises médicales n’a pas été réévalué depuis 20 ans, assure la ministre de la Santé (image d’illustration).

JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Le plafond des franchises médicales n’a pas été réévalué depuis 20 ans, assure la ministre de la Santé (image d’illustration).

Attention aux effets sur le porte-monnaie. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé ce jeudi 23 juillet sur RMC le doublement, de 100 à 200 euros, du plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et médicaments, soit le montant maximum restant à la charge des patients.

« Les Français, s’ils dépassent un nombre de consultations ou un nombre de boîtes de médicaments, payent aujourd’hui, s’ils sont au maximum, 100 euros par an. Ce que nous faisons, c’est que nous doublons ce plafond qui n’a pas évolué depuis 20 ans », a-t-elle précisé, ajoutant qu’un décret était en préparation pour mettre en œuvre la mesure. « Si vous êtes quelqu’un qui a une maladie chronique, en moyenne, c’est 78 euros par an actuellement, donc si on double, on peut estimer qu’il sera plutôt à 150 qu’à 200 euros », a indiqué la ministre.

Une participation forfaitaire de 2 euros est demandée aux patients majeurs pour toutes les consultations ou actes réalisés par un médecin, mais également sur les examens radiologiques et les analyses de biologie médicale. Cette participation ne peut actuellement pas excéder 8 euros par jour et 50 euros par an. Pour les médicaments, une franchise d’un euro par boîte est appliquée, avec également aujourd’hui le plafond annuel de 50 euros.

« Priorité » à l’innovation médicale

Les montants des franchises eux-mêmes sont gelés, c’est le plafond annuel qui va être doublé, a précisé la ministre de la Santé, qui a justifié cette mesure par la nécessité de « continuer à investir dans notre hôpital », pour « l’accès aux soins » et « pour avoir encore les médicaments les plus efficaces ». Elle a précisé que 18 millions de Français, femmes enceintes ou mineurs, ne sont pas concernés par ces franchises.

Cette annonce fait écho aux ambitions affichées par le gouvernement sur la baisse souhaitée du prochain budget de la Sécurité sociale, qui sera soumise au Parlement cet automne. « Vous avez des médicaments traditionnels, qui sont sans doute moins efficaces et qui aujourd’hui sont surconsommés », a détaillé le ministre de l’Économie Roland Lescure sur franceinfo, en citant à titre d’exemple le paracétamol, les antidépresseurs.

« Et par ailleurs, il y a des médicaments innovants, de plus en plus efficaces, qu’il faut financer aussi. L’idée c’est mettre la priorité sur l’innovation », sans « dérembourser les médicaments traditionnels mais de limiter ce qu’on appelle la surconsommation », a-t-il poursuivi, estimant que l’effort devait être fait par « l’ensemble du système » des médecins aux patients en passant par les hôpitaux.