DÉCRYPTAGE. Prostitution : boîtes à clés, rendez-vous en ligne, anonymat… le boom des locations Airbnb ou Booking pour des rendez-vous sexuels tarifés, les propriétaires dépassés
Les sites de rencontres tarifées, tels que sexmodels.fr et privatemodele.com, prospèrent, facilitant la prostitution via des annonces en ligne. À Toulouse, des centaines d'escortes, parfois mineures, sont disponibles, souvent dans des appartements type Airbnb loués pour l'occasion. Ce phénomène, amplifié par Internet, échappe largement à la surveillance légale. On vous décrypte cet inquiétant phénomène.
l'essentiel Les sites de rencontres tarifées, tels que sexmodels.fr et privatemodele.com, prospèrent, facilitant la prostitution via des annonces en ligne. À Toulouse, des centaines d'escortes, parfois mineures, sont disponibles, souvent dans des appartements type Airbnb loués pour l'occasion. Ce phénomène, amplifié par Internet, échappe largement à la surveillance légale. On vous décrypte cet inquiétant phénomène.
"Coucou, je suis une femme de 28 ans douce et sincère attirée par les hommes plus mûrs...". La photo d’A. (1,67 m pour 55 kg) damnerait un saint. Comme elle, de nombreuses femmes de tous âges proposent des rencontres tarifées via des sites au patronyme explicite. Sexmodels.fr se positionne comme l’un des plus prisés. Mais il n’est pas le seul.
Location éphémère
"429 escortes disponibles sur Toulouse", annonce ainsi la page d’accueil de privatemodele.com. Âge, pratiques acceptées, numéro de téléphone. Seul le tarif de la prestation reste paré d’un voile pudique. Il faut appeler pour savoir. La rencontre ? Elle se déroulera peu vraisemblablement au domicile de l’escorte, sécurité oblige. Plus sûrement dans un appartement loué pour l’occasion. Un logement type Airbnb ? La solution ne revêt que des avantages.
"En ne louant un appartement que pour une ou deux journées, par exemple, on évite les allées et venues qui mettent la puce à l’oreille des voisins, dans une résidence. Et le propriétaire qui loue son bien ignore dans la majorité des cas qu’il est utilisé à des fins de prostitution", relève un connaisseur du dossier.
Business is business
Les sites hébergeurs d’annonces pour du sexe tarifé demeurent relativement protégés par la loi numérique. "Ils ne sont pas considérés comme responsables du contenu qu’ils publient et ne sont tenus à aucune surveillance particulière", constate un magistrat toulousain.
Si la justice leur fait injonction de supprimer un contenu illégal – comme des annonces pour de la prostitution de mineurs, par exemple –, ils doivent obtempérer. Mais le reste du temps, ils ressemblent aux fameux trois singes de la sagesse qui s’occultent la vue, se bouchent les oreilles et se couvrent la bouche. Business is business.
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Internet et les réseaux
En France, une travailleuse du sexe (non affranchie) dégagerait en moyenne l’équivalent de 150 000 euros de chiffre d’affaires par an pour son proxénète ou le réseau qui l’exploite. Et sur le web, plus de 7 000 nouvelles annonces fleurissent a minima chaque mois, démultipliant le potentiel clients.
"Il y a quelques années, une prostituée ne pouvait attirer que ceux qui passaient dans la rue. Aujourd’hui, avec Internet et les réseaux...", soupire une magistrate spécialisée. L’inextricable maquis numérique sert de paravent anti-démantèlement aux filières qui repoussent comme du chiendent.
Ce type de location explose
La location de type Airbnb, qui a explosé depuis le Covid, a capté certaines prostituées sorties de la rue. Mécaniquement, en l’invisibilisant, elle a aussi favorisé l'essor de la prostitution des mineurs. Et rendu à l’anonymat ces rencontres tarifiées qu’un hôtel de passe ne permet pas totalement. L’air du temps ?