DECRYPTAGE. Présidentielle 2027 : comment Attal, Mélenchon ou Glucksmann profitent de l’été pour se rapprocher des Français
La campagne présidentielle s’invite sur le Tour de France. Entre maillots jaunes et bains de foule, les candidats tombent la veste pour se rapprocher des Français. L'été devrait être l'occasion de décliner leur programme loin de Paris.
l'essentiel La campagne présidentielle s’invite sur le Tour de France. Entre maillots jaunes et bains de foule, les candidats tombent la veste pour se rapprocher des Français. L'été devrait être l'occasion de décliner leur programme loin de Paris.
Mais quelle est donc cette fascination nouvelle pour les mollets huilés, les shorts moulants et les maillots siglés ? Les coureurs du Tour de France ont déjà pu serrer la main d’Édouard Philippe lors de leur passage à Bergerac, puis ils ont eu la chance d’échanger avec Gabriel Attal, mercredi à Nevers, où le candidat est venu les encourager. François Hollande était dimanche à Ussel, à l’arrivée de la 9e étape, pour féliciter le vainqueur du jour Mathieu van der Poel. Même François Ruffin, qui a décidé de faire sa campagne en auto-stop, s’est arrêté le 10 juillet à Périgueux pour y croiser Pogacar et Seixas. "Venir ici, c’est faire une déclaration d’amour aux gens" et "rendre hommage aux invisibles", s’est expliqué l’ancien journaliste avant de s’interroger : "Pourquoi Jean-Luc [Mélenchon] ne vient jamais sur le Tour ? S’il veut une gauche populaire, qu’il vienne sur le Tour et qu’il discute avec les gens !"
Pétanque et jambon de Bayonne
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Car le Tour, c’est ça : une épreuve populaire qui permet aux candidats de tomber le costume et de gommer leur image trop parisienne. Gabriel Attal entend d’ailleurs multiplier ce genre de déplacements. Après la foire au jambon de Bayonne, le Mondial de la pétanque à Marseille, il assistera à des festivals en Bretagne et sans doute à la fête de l’ail dans le Tarn… Son équipe nous explique : "L’été, c’est le moment d’aller à la rencontre des Français sans pour autant les déranger sur leur serviette de plage. Mais c’est une vue de l’esprit de penser que les Français coupent et se mettent à l’arrêt pendant deux mois. Les gens gardent un œil sur l’actualité et voient ceux qui continuent à fond."
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Jean-Luc Mélenchon, lui, pour ce début d’été, a fait un choix bien moins populaire. Il a préféré les planches au bitume. Loin des accros de la petite Reine, il s’est rendu à Avignon pour parler culture. Il y a rencontré le directeur du festival, Tiago Rodrigues, puis, devant un public très fourni et en partie conquis, il a défendu la culture comme "protestation et interpellation de l’état du monde". La fête nationale a aussi été l’occasion pour lui d’une démonstration symbolique. Il a tenu une réunion publique dans le parc de Paimpont où s’élevait alors une Bastille miniature faite de carton. Alors qu’Emmanuel Macron présidait un défilé militaire XXL, il a décliné sa vision de la Fête nationale en évoquant la nuit du 4-Août qui a permis d’"abolir les privilèges" et d’"ébranler l’ordre du monde entier".
Marine Le Pen aux côtés d’Emmanuel Macron
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Le même jour, Raphaël Glucksmann a préféré aller inaugurer une statue de la Liberté en Gironde, à Izon, où il a décliné ce thème : "Cette statue nous appelle à nous ressaisir. Le prochain président de la République aura une mission sacrée : redonner de la vigueur à la liberté française". Marine Le Pen, elle, a adopté une stature très présidentielle en assistant aux commémorations des attentats de Nice aux côtés du chef de l’État et de son épouse. Édouard Philippe et Gabriel Attal ont, eux, préféré rester dans leur fief.
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Étrangement, aucun candidat ne s’est laissé filmer, mardi soir, en train de soutenir les Bleus dans l’épreuve. Certes, Jean-Luc Mélenchon n’est pas plus fan de ballon rond que de vélo. Il déclarait en 2018 : "S'il y a un mec dans tout le pays qui ne s'intéresse pas au foot, c'est moi". Mais les autres se sont faits discrets. Un pressentiment ? Seul Raphaël Glucksmann, resté à Izon, s’est publiquement effondré au moment du coup de sifflet final, lançant : "Putain, mais moi, j’ai envie de gagner !"