DECRYPTAGE. Incendies record en 2026 : pourquoi les Français risquent de voir les tarifs des assurances grimper après les feux
Pour les habitants touchés par les incendies en Gironde et dans les Landes, la facture de l'assurance habitation devrait continuer de grimper. Une tendance déjà à l'œuvre, alimentée par la multiplication des catastrophes climatiques et la hausse du coût des réparations.
l'essentiel Pour les habitants touchés par les incendies en Gironde et dans les Landes, la facture de l'assurance habitation devrait continuer de grimper. Une tendance déjà à l'œuvre, alimentée par la multiplication des catastrophes climatiques et la hausse du coût des réparations.
Les flammes finiront par s'éteindre. Mais pour de nombreux habitants de Gironde et des Landes, une autre conséquence des incendies risque de se faire sentir bien après le retour au calme, au moment de recevoir leur échéancier d'assurance habitation.
En effet, pour les sinistrés, il faut s'attendre à payer plus cher après un été marqué par des milliers d'hectares réduits en cendres. Et à mesure que les catastrophes climatiques se multiplient, les assureurs voient leurs factures grimper... et celles des assurés suivent le même chemin.
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Une facture qui grimpe tous les ans
Les chiffres du dernier baromètre d'Assurland.com donnent la mesure du phénomène. En 2026, les Français déboursent en moyenne 310 euros par an pour assurer leur logement, contre 274 euros un an plus tôt. En douze mois, la facture s'est alourdie de 36 euros, soit une progression de 13 %. "Depuis plusieurs années, nous constatons une hausse constante des tarifs de l'assurance habitation", résume Stéphanie Duraffourd, porte-parole du comparateur, auprès de La Dépêche du Midi.
Cette inflation ne tombe pas du ciel, même si elle en est largement la conséquence. Tempêtes, grêle, inondations, incendies... Les événements climatiques se multiplient et pèsent toujours davantage sur les comptes des assureurs. Après 6,5 milliards d'euros de dommages en 2023 et près de 5 milliards en 2024, les sinistres climatiques ont encore représenté 5,2 milliards d'euros l'an dernier.
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À cela s'ajoute une subtilité souvent méconnue. "Les tempêtes, la grêle ou les incendies ne relèvent pas du régime des catastrophes naturelles", rappelle France Assureurs. En clair, ces événements ne sont pas indemnisés par le dispositif Cat Nat. Lorsqu'ils deviennent plus fréquents, ils coûtent donc directement plus cher aux compagnies d'assurance.
Les réparations coûtent de plus en plus cher
Comme un engrenage, la hausse des sinistres entraîne celle des indemnisations. Mais ce n'est qu'une partie de l'équation. Réparer une maison coûte aujourd'hui bien plus cher qu'il y a quelques années.
Entre fin 2021 et fin 2025, le prix des prestations liées aux réparations a progressé de 12,3 %, davantage que l'inflation. Certains métiers, notamment la menuiserie ou la charpenterie, enregistrent même une envolée de 27,9 %.
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Résultat, les primes suivent la même trajectoire. Et dans les territoires les plus exposés, aujourd'hui en Gironde ou dans les Landes avec les incendies, les habitants doivent donc s'attendre à voir cette pression se répercuter sur leur contrat. "Un assureur peut même décider de résilier un contrat ou de refuser une nouvelle souscription s'il estime que le logement se situe dans une zone très exposée ou si l'assuré a déclaré plusieurs sinistres importants sur une courte période", explique encore Stéphanie Duraffourd.
"C'est la double peine"
Pour les victimes, le sentiment est parfois amer. "C'est la double peine. Après avoir subi un sinistre majeur, elles voient aussi le prix de leur assurance augmenter", souligne-t-elle.
Concrètement, cette revalorisation apparaîtra généralement au moment de l'envoi de l'échéancier annuel, souvent en décembre. Tous les assurés ne seront toutefois pas logés à la même enseigne : "C'est du cas par cas. Les assureurs peuvent augmenter certains contrats et pas d'autres".
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Une facture appelée à s'alourdir
La fédération estime que le coût des catastrophes naturelles pourrait doubler entre 2020 et 2050 par rapport à la période 1989-2019, pour atteindre 143 milliards d'euros. À elle seule, la sécheresse pourrait représenter 43 milliards d'euros d'indemnisations, soit près de trois fois plus qu'au cours des trente années précédentes.
Les assurés participent déjà davantage à cet effort. Une partie de leur cotisation finance le régime des catastrophes naturelles. Depuis le 1er janvier 2025, la surprime destinée à la Caisse centrale de réassurance est passée de 12 à 20 %. Une évolution qui représente, en moyenne, une quinzaine d'euros supplémentaires par an sur un contrat habitation.
Et cette contribution pourrait encore progresser dans les années à venir. L'État prévoit de réexaminer régulièrement son niveau, avec une révision annoncée tous les cinq ans.