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DECRYPTAGE. Carburants : pourquoi les prix à la pompe restent très élevés malgré la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz

La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz fin février ont fait flamber les prix des carburants en Europe. Malgré la reprise des exportations de pétrole estimées à 16,3 millions de barils/jour en septembre, les coûts logistiques et l'instabilité géopolitique maintiennent les cours autour des 100 dollars.

l'essentiel La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz fin février ont fait flamber les prix des carburants en Europe. Malgré la reprise des exportations de pétrole estimées à 16,3 millions de barils/jour en septembre, les coûts logistiques et l'instabilité géopolitique maintiennent les cours autour des 100 dollars.

La vague d’inflation qui touche la France, comme le reste du Vieux Continent, s’explique principalement par le déclenchement de la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’est ensuivi, fin février. Très dépendante de ses importations de pétrole et de gaz, l’Europe voit ses prix des carburants atteindre des niveaux records.

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En septembre, pourtant, les exportations de brut du Moyen-Orient sont remontées à 16,3 millions de barils par jour (dont 13 millions par le détroit d’Ormuz), soit leur plus haut niveau depuis le début de la guerre. Alors pourquoi le prix des carburants ne baisse-t-il pas ? "La logistique, les frais d’assurance et l’imprévisibilité géopolitique de la région font que les prix vont soit continuer à monter, soit continuer à être plafonnés à 100 dollars", explique sur BFMTV François Clemenceau.

Des solutions de contournement onéreuses

Pour l’heure, c’est surtout la première option qui prévaut. Les cours du pétrole ont bondi, le 28 septembre, poussés par l’impasse diplomatique persistante dans la région, après le refus par Donald Trump d’un plan présenté par Téhéran pour rouvrir le détroit. "Compte tenu de l’incertitude persistante concernant l’offre de pétrole, le niveau élevé des prix du brut devrait continuer d’alimenter les risques d’inflation mondiale", corrobore l’analyste MUFG Lloyd Chan, cité par l’agence Bloomberg.

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Les producteurs font désormais davantage de transferts de pétrole d’un navire à un autre, notamment dans le golfe d’Oman, pour contourner les difficultés liées au détroit d’Ormuz. Ces opérations sont passées d’environ 160 000 barils par jour en 2025 à 7,2 millions en septembre, selon les chiffres de Kpler, cités lundi par Reuters. Cette méthode exige plus de pétroliers, dont les prix de location ont fortement augmenté. Autrement dit : même si le pétrole parvient à sortir de la région, son transport coûte désormais beaucoup plus cher, ce qui contribue à maintenir les prix élevés.

Les raffineries, nouvelles cibles militaires et stratégiques

La hausse actuelle des carburants n’est d’ailleurs pas uniquement liée au blocage dans le détroit d’Ormuz. Les destructions de capacités de production et de raffinage au Moyen-Orient, mais aussi en Russie, entravent durablement la production de diesel et participent donc à la hausse des prix. Et si les Houthis, soutenus par l’Iran, intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite et renforcent leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, le marché mondial de l’énergie pourrait devenir encore plus instable.

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Par ailleurs, les rares barils de pétrole iraniens situés en dehors de la zone du blocus sont principalement destinés à la Chine. Donc, tant qu’une sortie durable de la crise ne se dessine pas, les automobilistes français doivent composer avec des prix élevés et espérer de nouveaux gestes du gouvernement…