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Décès de Jean-François Leroy : “Un homme de caractère, exigeant, parfois direct”, “une personnalité avec de fortes convictions mais aussi de dialogue et de compréhension”… les réactions à la disparition du fondateur de Visa pour l’Image à Perpignan

À l’annonce du décès de Jean-François Leroy, ce lundi 31 août 2026, les premières réactions ont été immédiates. À Perpignan, les officiels regrettent la disparition d’une figure de la ville et d’un homme de convictions.

À l’annonce du décès de Jean-François Leroy, ce lundi 31 août 2026, les premières réactions ont été immédiates. À Perpignan, les officiels regrettent la disparition d’une figure de la ville et d’un homme de convictions.

Perpignan pleure l’une de ses figures de proue. Des plus illustres. Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l’Image et directeur de ce festival international du photojournalisme, est décédé, ce lundi 31 août, quelques heures après le lancement de la 38e édition. Les réactions des officiels ont immédiatement abondé, en très grand nombre.

Jean-François Leroy aura évidemment gravé son empreinte dans l’histoire de Perpignan tant il aura favorisé le rayonnement de la cité. Depuis 37 ans, le monde du photojournalisme répondait à ses sirènes pour communier à Perpignan. La présidente du Département, Hermeline Malherbe, précisait : "Il avait fait de Visa pour l’Image bien plus qu’un festival. Il en avait fait un rendez-vous incontournable pour comprendre le monde, regarder la réalité en face et donner une place à celles et ceux dont les histoires risquaient de rester dans l’ombre. 'Regarder, comprendre et ne pas oublier. Still Kicking' aimait-il dire." Président de la Chambre de commerce et d’industrie – partenaire historique du festival – Laurent Gauze soulignait aussi : "Grâce à lui, notre ville est devenue, chaque fin d’été, la capitale de celles et ceux qui parcourent le monde pour témoigner, parfois au péril de leur vie".

Un homme de convictions

Jean-François Leroy, c’était aussi un ton et des prises de position. Le fond et la forme. Jamais il ne se sera résigné au "consensuellement correct". Hermeline Malherbe ne l’oubliait pas : "Je garderai de Jean-François Leroy, le souvenir d’un homme de caractère, exigeant, généreux dans ses convictions, parfois direct et toujours animé par une même passion : faire vivre le photojournalisme et rappeler la force d’une image lorsqu’elle témoigne du réel". Vice-présidente de la Région Occitanie, Agnès Langevine rappelait également : "Son dernier éditorial nous met en garde contre les 'fossoyeurs du réel' qui veulent abattre les médias ou s’en emparer pour 'faire avancer une idéologie liberticide' et appelle le journalisme à rester 'droit, ou redressé, mais toujours debout'. C’est ce combat pour la liberté et la démocratie que La Région Occitanie continuera à mener dans son sillage, aux côtés des photographes, des médias indépendants et des équipes de Visa pour l’Image". Laurent Gauze abondait : "À l’heure où les images peuvent être fabriquées, détournées ou manipulées, son combat pour la vérité du terrain et la force du témoignage photographique demeure plus essentiel que jamais".

En 2020, l’indomptable Jean-François Leroy avait dû composer avec l’arrivée du Rassemblement national de Louis Aliot aux affaires à Perpignan. Avant l’élection du dernier cité à la tête de la mairie, Jean-François Leroy parlait en conférence de presse de cette éventualité comme d’une "catastrophe" tout en assurant vouloir "lutter de l’intérieur".

Jean-François Leroy et Louis Aliot ici en 2024 à Perpignan.
Jean-François Leroy et Louis Aliot ici en 2024 à Perpignan. L'independant - Charles Baron

En 2024, nouveau clash entre les deux hommes quand Louis Aliot refusait, à Visa pour l’Image, de remettre le prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik au photographe gazaoui Loay Ayyoub pour sa série de photos intitulée La tragédie de Gaza. Mais malgré ces passes d’armes sur fond de grand écart idéologique, les deux hommes ont, au fil des ans, donné l’image d’une entente de circonstance ou du moins de respect mutuel. Le maire de Perpignan commentant auprès de L’Indépendant ce lundi : "Son nom sera indissociablement lié à ce festival. Il était le fondateur avec le maire de l’époque Paul Alduy, et était le moteur de ce festival si important pour notre ville. C’était un homme de fortes convictions mais aussi de dialogue et de compréhension".