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Décès d’Hervé Hasquin : l’empreinte d’un ancien ministre au cœur de la vie sociale et culturelle de Silly

L'ancien ministre libéral (et recteur de l'ULB) Hervé Hasquin décédé ce lundi s'était installé en Wallonie picarde, en 1999. Il a même été président du CPAS de Silly durant douze ans.

L'ancien bourgmestre de Silly Christian Leclercq a été surpris par l'annonce du décès inattendu de son ami qui lui avait encore promis récemment d'être présent au prochain festival "Théâtre au vert", qui a lieu dans un mois. Il se souvent de l'homme à la fois imposant et brillant, et du personnage attachant, qu'était l'ancien ministre Hervé Hasquin, qui nous a quittés lundi à l'âge de 83 ans, et des nombreuses anecdotes nées de leurs liens étroits.

Sa touche sociale

"Arrivé chez nous en 1999, il s'est présenté aux élections de 2000, se souvient Christian Leclercq. C'était d'abord une inquiétude pour moi parce que quand un ministre débarque, on se dit : mon Dieu, qu'est-ce qui va m'arriver ? Il m'a tout de suite dit : je ne prendrai pas votre place de bourgmestre. Merci…" Mais il connaissait le maïeur sillyien : "on était dans le même parti, sans être dans les mêmes sphères évidemment. Il m'avait repéré quand j'avais mené comme échevin une forme de croisade sur le coût des fabriques d'église. Cela coûtait très cher aux communes et il avait lu un article titrant Coup d'épée bleue dans l'eau bénite. Donc il m'avait dit : c'est très bien, vous êtes jeune, vous avez des idées, je vous félicite, continuez. Cela, c'était le début de mon premier contact avec lui. Puis, étant originaire de Charleroi, il voulait revenir sur les terres du Hainaut pour se présenter dans notre province Et donc, il a trouvé cette maison à Graty et il a dit à son épouse de l'époque : viens, je vais te montrer une maison… Elle lui a dit : oui, c'est pas mal ! Il a répliqué : je l'ai achetée. On vient habiter Silly. Et donc, il a réaménagé cette maison à la rue du Long Bois où il habitait encore. Il y revenait presque tous les soirs quand il était ministre ; il aimait cette commune, il s'est toujours bien plu à Silly."

Photo CE Daniel PILETTE
Hervé Hasquin, président du CPAS: [ Un CPAS doit répondres aux demandes et non créer des besoins] (PILETTE Daniel cdpil)
Photo CE Daniel PILETTE Hervé Hasquin, président du CPAS: [ Un CPAS doit répondres aux demandes et non créer des besoins] (PILETTE Daniel cdpil) ©Daniel Pilette

Hervé Hasquin a même été président du CPAS pendant douze ans : "et pendant cette période, il lui a impulsé un renouveau. Il a créé les appartements à loyer modéré, considérant que le réseau de la Région wallonne fonctionnait mal, que plus personne de Silly ne pouvait avoir un appartement social parce qu'il y en avait trop peu, en plus des critères obsolètes, etc. Il avait une vue positive très personnelle sur le social. Pour lui : pas de ghetto. Aujourd'hui, on a vingt appartements, parce qu'on a continué la politique sociale qu'il avait entreprise. C'est aussi lui qui a créé Silly Services, une voiture qui allait avec des personnes à l'hôpital. Plein d'autres communes ont suivi par après ; il a amplifié les repas du CPAS aussi. Donc, il a donné une impulsion, mais vraiment très forte. Nous avions des besoins sociaux comme n'importe quelle commune avec une population qui est plus âgée. Il a effectivement analysé le territoire et dit ce qu'il est bien de faire. Cela a été la touche vraiment sociale de la fonction qu'il a occupée pendant 12 ans…"

Un homme de culture

"D'un autre côté, poursuit Christian Leclercq, il a été évidemment un inconditionnel soutien à la politique culturelle que je menais. L'histoire du Théâtre au Vert il en a eu l'idée. Moi, je lui ai dit qu'on n'avait pas de salles, ni d'argent. Il m'a dit que les salles se trouvaient et l'argent aussi. Je lui ai même dit qu'on avait des églises pour commencer, qu'elles serviraient au moins à quelque chose. Je le cite. C'est moi qui ai trouvé le nom. Il m'a dit : "vous serez président, vous gérez ça et je vous soutiendrai". Et c'est ce qu'il a fait tant qu'il a pu le faire. Il est presque venu tous les ans ; si pas à l'ouverture, il venait voir un spectacle. Il a soutenu le printemps musical également. Donc, c'était un homme de culture, évidemment. Il trouvait que la culture n'appartient pas seulement qu'aux villes, on y a aussi droit dans les campagnes. C'était un précepte qu'il aimait bien. Et quand il aimait bien, il mouillait son maillot…"

Les 25 ans de théâtre au vert
En 2001, Hervé Hasquin, alors ministre-président de la FWB a eu l'idée de " Théâtre au Vert" ©EDA

Pourtant, cohabiter avec lui n'était pas toujours simple : "moi, je n'ai pas eu de problème, mais je voyais qu'avec mes collègues… parce que voilà, c'était un homme imposant, imposant par le physique et imposant par la voix, imposant par ses idées. Donc, la conjugaison des trois faisait que certaines personnes étaient assez réfractaires à sa personnalité. Mais c'était un personnage aussi attachant. Il est venu beaucoup à la ferme chez mes parents parce qu'il aimait les cuisines locales, comme celle de ma mère. Et donc, il aimait beaucoup venir. J'étais bourgmestre à l'époque. Je savais qu'il aimait bien manger, qu'il aimait bien manger du bien dur. Il est très souvent venu à la maison. Et donc, il se montrait d'une simplicité hors pair, avec mes parents qui étaient des agriculteurs. Ma mère aimait la famille royale. Donc, il racontait des petites histoires de la famille royale. Je crois que c'est lui, le premier, qui m'a évoqué l'histoire de Delphine, dont on ne parlait pas. Et alors, ma mère s'est demandé : est-ce que c'est vrai ce qu'il raconte ? Moi, j'ai toutes ces histoires dans la tête… j'ai été son collaborateur culturel pendant quatre ans quand il était ministre-président. Donc, j'étais un mi-temps dans son cabinet. je l'ai fréquenté à différents étages dans des sphères très privées, comme chez mes parents ou chez moi, où il est venu souvent manger chez moi. Je l'ai continué à le revoir après. Voilà. Et donc, c'est évidemment quelqu'un que j'ai fréquenté à différents niveaux, et qui m'a éclairé sur beaucoup de choses, sur une certaine forme de philosophie politique, sur l'histoire de Belgique, qu'il connaissait sur les bouts des doigts… Il ne mettait pas d'eau dans son vin, comme homme politique. Et il était passionnant, on l'écoutait deux heures quand il parlait de l'histoire, parce qu'il parvenait toujours à établir des correspondances entre des faits d'actualité de Belgique et même d'ailleurs. Moi, je me suis instruit avec lui pendant des années, parce que ce qu'il pouvait raconter dans ses conférences était extraordinaire. C'est un conférencier hors pair…"

Hervé HASQUIN -- COMMENTAIRES -- Grand pourfendeur de la cuistrerie, Hervé Hasquin n'est pas aérodynamique à l'air du temps.
Hervé HASQUIN -- COMMENTAIRES -- Grand pourfendeur de la cuistrerie, Hervé Hasquin n'est pas aérodynamique à l'air du temps. ©Daniel Pilette

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