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De Robert Smith à Thom Yorke, deux cents musiciens s’opposent à l’exploitation d’un gisement pétrolier en mer du Nord

L’initiative est portée par EarthPercent, une organisation caritative fondée par Brian Eno pour encourager l’industrie musicale à lutter contre les énergies fossiles, responsables de la détérioration de la planète.

L’initiative est portée par EarthPercent, une organisation caritative fondée par Brian Eno pour encourager l’industrie musicale à lutter contre les énergies fossiles, responsables de la détérioration de la planète.

Rassemblement devant le Parlement à Londres contre l’exploitation du gisement pétrolier de Rosebank, le 18 juillet.

Rassemblement devant le Parlement à Londres contre l’exploitation du gisement pétrolier de Rosebank, le 18 juillet. Photo Vuk Valcic / SOPA Images/SIPA

Par Eric Delhaye

Publié le 18 août 2026 à 14h05

Lundi 17 août, deux cents musiciens ont signé une tribune destinée à leur Premier ministre, Andy Burnham, pour exiger qu’il renonce au projet d’exploiter le gisement pétrolier de Rosebank, en mer du Nord, au large des Shetland, en arguant que les énergies fossiles contribuent à la crise climatique. Parmi les signataires, Robert Smith, de The Cure, Thom Yorke, de Radiohead, Bobby Gillespie, de Primal Scream, Romy, de the xx, Anna Calvi, Anoushka Shankar, le duo électronique Bicep… Le texte précise : « La crise climatique n’est plus une menace que nous redoutons pour les générations futures ; elle façonne notre quotidien dès aujourd’hui. Les vagues de chaleur perturbent les écoles, les lieux de travail, les hôpitaux, les réseaux de transport, les festivals et les spectacles. » Le Royaume-Uni a battu des records de température cet été et affronté des incendies comme jamais.

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Les signataires ont répondu à l’appel lancé par Brian Eno (musicien et producteur influent depuis un demi-siècle) et son association caritative EarthPercent. Celle-ci s’est donné pour mission de mobiliser la puissante industrie musicale au profit d’actions concrètes dans le domaine environnemental. En avril dernier, elle a noué un partenariat avec le distributeur de musique en ligne TuneCore (propriété du groupe français Believe) pour encourager les artistes indépendants à reverser une partie de leurs revenus issus du streaming à Sounds Right, un fonds dédié à la protection de la nature et à la restauration de la biodiversité. Brian Eno écrivait alors : « La musique a toujours été un puissant moteur de changement, tant sur le plan émotionnel que culturel. Avec EarthPercent, notre ambition est d’offrir aux artistes un moyen simple et direct de contribuer à la santé de notre planète. » Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent aussi parmi les artistes, les professionnels du spectacle et le public pour s’inquiéter de l’empreinte carbone de l’industrie musicale via le streaming, les tournées et les festivals.

Une tradition d’engagement des pop stars britannique

Cette initiative s’inscrit dans une longue tradition d’engagement des pop stars britanniques. Elle remonte à 1984 et à la chanson Do They Know It’s Christmas ?, interprétée par Band Aid, un supergroupe monté par le musicien britannique Bob Geldof avec Paul McCartney, David Bowie, Bono, Phil Collins, George Michael, Sting… au bénéfice de la lutte contre la famine en Éthiopie. Un succès, si bien que l’initiative fit des émules, de We Are The World (écrit par Michael Jackson et Lionel Ritchie, avec Stevie Wonder au chant) à Tam-Tam pour l’Éthiopie (enregistré à Paris par des stars africaines sous la direction musicale de Manu Dibango). L’année suivante, les concerts Live Aid, à Londres et Philadelphie, totalisèrent 1,5 milliard de téléspectateurs dans le monde, acmé du rock caritatif des années 1980 qui, depuis, a été accusé de véhiculer des clichés et de promouvoir la pitié plutôt que le développement du continent africain. En 1995, The Help Album a réuni Paul McCartney, Paul Weller, Blur, Oasis ou encore Radiohead au profit des enfants victimes de la guerre en Bosnie, alors que la compilation Help (2), sortie en mars dernier, a mobilisé Depeche Mode, Arctic Monkeys, Fontaines D.C., Pulp, Beth Gibbons ou Wet Leg, toujours au bénéfice de l’ONG War Child. Aujourd’hui, la crise environnementale est à l’agenda.

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