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De Mediapart aux soutiens-gorge des femmes, le RN embarrassé par son service d’ordre lors de son congrès

Politique 24/10/2026 18:44 Actualisé le 24/10/2026 19:26 Outre la réélection de Jordan Bardella, le premier jour du congrès du Rassemblement national a été marqué par plusieurs scènes qui...

Politique 24/10/2026 18:44 Actualisé le 24/10/2026 19:26

Outre la réélection de Jordan Bardella, le premier jour du congrès du Rassemblement national a été marqué par plusieurs scènes qui rappellent son penchant autoritaire.

Démonstration de force… Et de faiblesses. Le premier jour du congrès du Rassemblement national, censé mettre en orbite la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle, a été marqué par la réélection triomphale de Jordan Bardella comme président du parti. Seul candidat, l’eurodéputé a recueilli 99 % des votes des militants.

Voilà pour la vitrine. En coulisses, plusieurs scènes, racontées ou filmées par les journalistes présents sur les lieux viennent rappeler la singularité et les penchants autoritaires du parti d’extrême droite. Quelques minutes avant le début de l’événement, organisé au centre des congrès d’Orléans, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants dans les gradins, puis huée par la salle, avant d’être temporairement exfiltré.

Depuis plusieurs semaines et ses révélations sur des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella - qui conteste farouchement en être l’auteur, le site d’investigation est vertement critiqué par les dirigeants du RN. Marine Le Pen a même enjoint les membres de la rédaction à porter « un costard en kevlar », la matière des gilets pare-balles, poussant les sociétés des journalistes (SDJ) de près de quarante médias à dénoncer des « menaces de mort » inacceptables.

La crainte des Femen et le risque du « soutif »

Ce samedi, les reporters de Mediapart ont donc été ciblés par les militants, avant d’être conduit manu militari à l’extérieur de la salle par le service d’ordre du parti (le DPS), coutumier des exfiltrations ou actions violentes. C’est l’intervention des attachés de presse du RN qui permettra de calmer la situation (devenue très tendue), avant que les deux journalistes puissent regagner la salle. Selon des témoins, l’organisation du parti leur a présenté des excuses, tandis que plusieurs de leurs collègues dénonçaient sur les réseaux sociaux un « énième aperçu de la liberté de la presse selon le Rassemblement national. »

Quelques minutes avant, une journaliste de L’Express évoquait sur les réseaux sociaux une autre scène assez révélatrice de la fébrilité du parti d’extrême droite, et sa conception des libertés. Selon son récit, confirmé par Le Parisien, franceinfo et d’autres reporters sur place, les agents de sécurité procédaient à certaines fouilles en glissant une main dans le dos des femmes « pour savoir si vous portez un soutif ». Pourquoi ? « À cause des Femen », ces militantes féministes qui manifestent seins nus et perturbent régulièrement les événements du Rassemblement national.

Une technique dénoncée par plusieurs élus, dont Marine Tondelier, qui s’est interrogée sur les réseaux sociaux : « j’espère que c’est une plaisanterie. » Rien n’est moins sûr. Certes, le RN dément au HuffPost avoir fait passer une telle consigne, évoquant « des palpations faites par des femmes pour les femmes » et qui « dans le dos », visent à « éviter les objets cachés », comme cela peut se faire « dans de nombreux rassemblements publics. » Mais Le Parisien affirme au contraire que le fameux DPS (Département Protection Sécurité) a bien reçu cette consigne officielle de la part de la direction.

C’est du reste ce que laissent entendre l’attitude des membres du service de sécurité, lesquels ont livré les mêmes informations à plusieurs sources différentes. Le reporter indépendant Paul Larrouturou affirme par exemple sur les réseaux sociaux qu’un de ces agents lui a parlé lui-même de « soutien-gorge » et du risque de l’irruption des Femen. De quoi battre en brèche les démentis virulents venus de plusieurs élus.