“Dans la vie, si on a peur, on ne fait rien” : Anna et Maxime ont acheté un village abandonné pour louer des maisons à l’année
Tout quitter. L'idée fait rêver. Combien de fois s'est-on imaginé tourner le dos au quotidien pour s'installer dans un endroit plus calme, plus authentique, où le temps semble ralentir ? Dans les faits, rares s...
Tout quitter. L'idée fait rêver. Combien de fois s'est-on imaginé tourner le dos au quotidien pour s'installer dans un endroit plus calme, plus authentique, où le temps semble ralentir ? Dans les faits, rares sont ceux qui osent franchir le pas. Parce qu'il faut de l'argent, du courage et peut-être un brin de folie aussi. Anna et Maxime font partie de ces personnes qui ont décidé d'aller au bout de leur idée. Et ils ne l'ont pas fait à moitié : le couple a racheté un village abandonné dans les Asturies avec l'ambition de lui redonner vie (voir la vidéo ci-dessous).
Leur histoire commence avec Anna. Originaire d'Oviedo, elle quitte le secteur minier à l'occasion d'une reconversion professionnelle. Avec l'indemnité qu'elle perçoit, elle cherche un projet qui lui ressemble. Une amie lui parle alors d'une « braña » mise en vente. Cet ancien hameau de montagne est alors bien loin de ressembler à un petit coin de paradis. Les maisons sont envahies par les ronces et les chemins ont quasiment disparu sous la végétation. Malgré cela, Anna est convaincue d'avoir trouvé un endroit hors du commun.
Anna et Maxime ont acheté un village abandonné dans les Asturies pour le faire revivre
Ce petit hameau n'est pas un village comme les autres (voir la vidéo ci-dessous). Cette braña existe depuis le XIVe siècle et a longtemps été habitée par des vaqueiros, des éleveurs vivant du bétail et de la production de charbon de bois. Ce lieu était habité en permanence. Mais l'industrialisation a changé la donne. Attirés par une vie jugée plus confortable, les habitants ont peu à peu quitté les lieux pour rejoindre notamment Avilés et Gijón.
Faites un tour sur Leboncoin : dénicher un village abandonné relève déjà de l'exploit. Alors en acheter un… c'est une autre histoire. La plupart du temps, les maisons appartiennent à une multitude d'héritiers et les négociations peuvent durer des années. Ici, tout était différent. Ce petit village avait une particularité : il appartenait à un seul homme. Des décennies auparavant, le père de la vendeuse avait progressivement racheté les maisons des habitants partis travailler dans les usines des environs. Anna n'a donc eu qu'une seule personne avec qui négocier.
© YouTube
@hilux_aventura
Le fait que toutes les maisons appartiennent à un seul homme a permis à Anna d'acheter le village plus facilement.
Du rêve à la réalité : des années de travaux ont été nécessaires
Le projet prend une autre dimension lorsque Maxime entre dans sa vie. Lui aussi tombe amoureux des lieux. Ce qui n'était qu'une idée devient alors un projet de couple : restaurer les maisons une à une, s'y installer pour de bon et, à terme, les proposer à la location (voir la vidéo ci-dessous). « J'ai fini par le faire par amour, et j'ai fini par le faire pour tout, car l'endroit m'a aussi captivé, évidemment », résume l'homme.
Le plus dur reste pourtant à faire. Car entre le coup de cœur et le résultat d'aujourd'hui, il y a eu des années de travail. Il a fallu débroussailler, consolider et restaurer, tout en conservant l'âme des bâtiments. La première maison rénovée est la plus ancienne du hameau, connue sous le nom de « La Bouza », qui possède encore son four à bois d'origine. Leur propre habitation, celle qui offre les plus belles vues sur les montagnes, a été la dernière à être restaurée.
© YouTube
@hilux_aventura
Maxime n'a pas seulement eu un coup de cœur pour Anna : il est aussi tombé sous le charme de son village.
Un projet d'éoliennes menace l'avenir d'Anna et Maxime
Le couple espère désormais louer les différentes maisons toute l'année. Un détail freine encore le projet : les 200 derniers mètres du chemin d'accès. Anna et Maxime comptent sur la municipalité pour les réaménager afin de faciliter l'arrivée des futurs locataires.
Pour autant, tout n'est pas encore gagné. Un projet d'implantation d'éoliennes dans la Sierra del Pomar, d'où provient l'eau qui alimente le hameau, fait planer une incertitude sur l'avenir du site. Malgré cette épée de Damoclès, qui pourrait les contraindre à revoir en profondeur leur mode de vie et l'autonomie qu'ils ont patiemment construite, Anna et Maxime continuent de profiter de ce quotidien dont ils rêvaient depuis des années. À tous ceux qui envisagent, eux aussi, de changer de vie, ils n'ont qu'un conseil : « Dans la vie, si on a peur, on ne fait rien ». Tout est dit.