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Dans l’ouest du Tarn, la canicule a-t-elle davantage fragilisé un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui peine déjà à s’imposer ?

À Gaillac (Tarn), la canicule semble avoir ralenti les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, mettant à mal une fréquentation qui peinait déjà à décoller. Si certains marcheurs ont adapté leur parcours pour composer avec les fortes chaleurs, d'autres étapes du chemin, comme Rabastens, enregistrent au contraire une hausse de fréquentation selon des hébergeurs.

l'essentiel À Gaillac (Tarn), la canicule semble avoir ralenti les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, mettant à mal une fréquentation qui peinait déjà à décoller. Si certains marcheurs ont adapté leur parcours pour composer avec les fortes chaleurs, d'autres étapes du chemin, comme Rabastens, enregistrent au contraire une hausse de fréquentation selon des hébergeurs.

À Gaillac, les fortes chaleurs semblent avoir incité les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle à lever le pied. "Nous avons vraiment la sensation que la fréquentation a diminué", constate Didier Fénin, président de l’association Saint-Jacques en Gaillacois. Un constat d’autant plus regrettable que "cet itinéraire commençait à prendre de l’ampleur".

Ces dernières années, la fréquentation de ce tronçon reliant Conques à Toulouse restait pourtant préoccupante. Pensée comme une liaison stratégique entre la voie du Puy (GR65) et la voie d’Arles (GR653), cette variante historique permet aux marcheurs de traverser les paysages du vignoble gaillacois et les bastides tarnaises. Mais l’itinéraire souffre encore d’un déficit de notoriété : en 2022, seuls 100 à 200 pèlerins l’avaient emprunté sur l’ensemble de l’année.

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Depuis, les acteurs locaux et l’association multiplient les initiatives pour lui redonner de l’élan : amélioration du balisage, création d’étapes adaptées et valorisation du patrimoine. Gaillac a notamment décroché le label "Commune Halte – Chemins de Compostelle en France", qui distingue les collectivités engagées dans l’accueil, l’orientation et les services proposés aux marcheurs.

Seulement six pèlerins accueillis

Cet été, les épisodes de fortes chaleurs sont toutefois venus fragiliser cette dynamique. Anne Capelle, qui tient la chambre d’hôtes "Accueil randonneurs", dans le quartier de l’Hortalisse à Gaillac, n’a ainsi reçu que six pèlerins entre juillet et août. "Alors qu’il y a très peu de logements dédiés exclusivement aux pèlerins ici. D’habitude, j’en accueille plus d’une vingtaine", souligne-t-elle.

Face aux températures écrasantes, certains ont dû revoir leur itinéraire au dernier moment. "Ceux que j’ai reçus n’ont pas pu marcher à cause de la météo et ont pris le train jusqu’à Rabastens", relate l’hébergeuse. Difficile, pour l’heure, de mesurer précisément l’impact sur son chiffre d’affaires. "Mais j’y ai forcément perdu", estime Anne Capelle. "Même si je ne fais pas ça pour l’argent, j’espère que l’an prochain ce sera possible de compenser."

Un constat différent à Rabastens

À quelques kilomètres de là, à Rabastens, ancienne étape des pèlerins de Saint-Jacques, le constat est tout autre. Géraldine Rivière, gérante du gîte Le Grenier de Rolland, observe au contraire une hausse du nombre de marcheurs. "Il y a bien plus de monde que les années précédentes. Cette année, on ne peut vraiment pas pleurer", assure-t-elle. Sur l’ensemble de la saison, elle ne déplore que deux désistements, dont un seul directement lié à la canicule.

Sur le terrain, "les marcheurs repensent leur manière de voyager". Pour éviter les heures les plus chaudes, la stratégie est simple : partir aux aurores et, lorsque c’est nécessaire, utiliser les transports en commun locaux pour raccourcir les étapes les plus éprouvantes.

La présence du réseau ferroviaire et routier le long du Tarn constitue ainsi un atout pour rassurer les randonneurs hésitants et limiter l’impact des températures sur leur périple. "C’est vraiment l’avantage de notre chemin", estime Géraldine Rivière. "Si les gens sont épuisés ou souffrent de la chaleur, ils peuvent relier un point A à un point B en douceur, sans abandonner leur périple."