Critique du film “Le Maître du kabuki” : Un phénomène de société au Japon débarque sur nos écrans
Plus de 14,7 millions de spectateurs. Quelque 20,9 milliards de yens (112,7 millions d’euros) de recettes… Au Japon, Kokuho est devenu un véritable phénomène de société depuis sa sortie en juin 2025, au lendema...
Plus de 14,7 millions de spectateurs. Quelque 20,9 milliards de yens (112,7 millions d’euros) de recettes… Au Japon, Kokuho est devenu un véritable phénomène de société depuis sa sortie en juin 2025, au lendemain de sa première à la Quinzaine des cinéastes à Cannes. Sous-titrée Le Maître du kabuki lors en VF, cette fresque de trois heures signée Lee Sang-il (connu notamment pour un remake d’Unforgiven d’Eastwood en 2013) débarque ce mercredi chez nous.
Adaptant le roman de Shūichi Yoshida paru en 2018, le cinéaste japonais d’origine coréenne retrace, de 1964 à 2014, le destin de Kikuo et Shunsuke, deux “onnagata”, comédiens spécialisés dans les rôles féminins dans le théâtre kabuki. Orphelin d’un père yakuza, le premier est placé dans l’école du père du second, un maître du kabuki respecté (Ken Watanabe)…
Critique du film Jimpa, dans lequel Olivia Colman incarne avec brio une mère inquièteUne fresque classique
Très romanesque dans son approche scénaristique — centrée sur le thème de la filiation, menant à celui de l’amitié et de la rivalité —, classique et élégant dans sa mise en scène, cette production de prestige nous plonge dans l’univers hors du temps du théâtre kabuki.
Si Kokuho a connu un tel succès au Japon — hors animation, il s’agit du film ayant enregistré le meilleur box-office, derrière Titanic —, c’est évidemment pour son côté patrimonial. Il retrace en effet de méticuleusement cette pratique artistique très codifiée, apparue à Kyoto au XVIIe siècle. Des bandeaux présentent ainsi, de façon didactique, les pièces classiques jouées sur scène par les deux héros, campés par deux excellents jeunes acteurs, Ryō Yoshizawa et Mitsuki Takahata. Lesquels se sont, avant le tournage, formés durant un an et demi au kabuki pour être totalement crédibles à l’écran.
Pour un public occidental, le choc culturel est total, au risque de déstabiliser par moments. Mais, malgré les longueurs initiales, le dernier acte du film, très émouvant, emporte tout sur son passage.
Preuve que le kabuki a décidément la cote au Japon, le réalisateur culte Takashi Miike (connu pour des films de genre comme Audition ou Ichi the Killer) dévoilera, dans quelques jours à la Mostra de Venise, son premier documentaire Shumei : The Living Legacy of Kabuki. Lequel décrit les coulisses d’une cérémonie de transmission d’un nom de scène entre un maître et son apprenti, comme on peut en voir une dans Kokuho…

Kokuho : Le Maître du kabuki
Drame De Lee Sang-il Scénario Satoko Okudera (d’après le roman de Shūichi Yoshida) Avec Ryō Yoshizawa, Mitsuki Takahata, Ken Watanabe… Durée 2h55
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