Cristina Garcia, gynécologue : “Il y a quinze ans, il était rare de recevoir une consultation pour des symptômes de ménopause”
Aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre parler des effets indésirables de la ménopause. Une évolution importante pour cette gynécologue. À la veille de la Journée mondiale de la ménopause, célébrée demain, di...
Aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre parler des effets indésirables de la ménopause. Une évolution importante pour cette gynécologue.
À la veille de la Journée mondiale de la ménopause, célébrée demain, dimanche 18 octobre, les habitudes des femmes semblent avoir bien changé. Pendant longtemps, les bouffées de chaleur, les insomnies ou encore les troubles de la concentration étaient considérés comme des désagréments qu’il fallait simplement supporter.
Aujourd’hui, de plus en plus de femmes refusent de laisser ces symptômes gâcher leur quotidien. Elles souhaitent comprendre ce qui leur arrive et trouver des solutions adaptées. Un changement que constate Cristina García Casals, gynécologue à l’hôpital mère-enfant de La Corogne, en Espagne. La spécialiste doit d’ailleurs faire face à une demande croissante de soins, alors que certains traitements hormonaux deviennent difficiles à trouver en pharmacie. Dans un entretien accordé à La Voz de la Salud, elle revient sur cette évolution qu’elle considère comme une véritable avancée.
© ShutterstockLes ymptômes de la ménopause epuvent réapparaître à l'arrêt du traitement.
Les femmes n’acceptent plus de souffrir en silence durant la ménopause
Il y a encore quinze ans, consulter un gynécologue pour des symptômes liés à cette période de la vie était beaucoup moins fréquent. Cristina García Casals se réjouit de voir les mentalités évoluer. « Heureusement, nous voyons de plus en plus de femmes venir se faire soigner dans notre clinique. Il y a quinze ans, c’était rare. Cela s’explique par deux raisons : d’abord, elles ne cherchaient pas d’aide auparavant. Vivre avec ces symptômes et les endurer était considéré comme normal. Ensuite, certaines femmes cherchaient de l’aide, mais hésitaient à suivre un traitement, notamment hormonal. Des progrès ont été réalisés tant au niveau de l’accès aux consultations que du traitement des symptômes. »
Les bouffées de chaleur restent le motif de consultation le plus fréquent, mais elles arrivent rarement seules. Mauvais sommeil, sécheresse vaginale, baisse de libido ou difficultés à se concentrer peuvent également perturber la vie quotidienne. Et il ne s’agit pas uniquement d’une question de confort. Selon la gynécologue, les bouffées de chaleur peuvent aussi être un indicateur de risque cardiovasculaire. Une prise en charge adaptée peut donc présenter des bénéfices qui dépassent le simple soulagement des symptômes. Pour la spécialiste, les femmes ont raison de ne plus considérer ces troubles comme une fatalité.
© ShutterstockLa gynécologue estime que les mentalités ont évoluées concernant la ménopause.
Quels traitements contre la ménopause sont aujourd’hui proposés ?
Il n’existe pas de solution unique qui conviendrait à toutes les patientes. Cristina García Casals insiste sur l’importance d’identifier les symptômes les plus gênants avant de choisir une prise en charge. « Cela dépend du symptôme. Généralement, à la ménopause, nous identifions les symptômes prédominants et adaptons le traitement en conséquence. Par exemple, de nombreuses femmes nous consultent pour une baisse de libido, et ces traitements sont alors plus ciblés. Pour d’autres, ce qui altère leur qualité de vie est l’insomnie, un sommeil de mauvaise qualité, et il existe d’autres produits indiqués pour ce problème. Il faut également tenir compte du fait que chaque femme peut être ou non candidate à certains traitements. Par exemple, chez les femmes ayant des antécédents de cancer du sein, certains médicaments sont contre-indiqués, tandis que d’autres le sont. »
Les traitements hormonaux substitutifs permettent notamment de soulager plusieurs manifestations en compensant la baisse des œstrogènes. Parmi eux figure Lenzetto, un spray cutané remboursé en Espagne, dont l’administration transdermique présente un risque de thrombose plus faible que les hormones prises par voie orale. Mais les difficultés d’approvisionnement, médiatisées notamment après l’intervention de Candela Peña dans l’émission « La Revuelta », compliquent parfois les prescriptions. La spécialiste précise : « Premièrement, il faut adapter la voie d’administration. Dans le cas de la voie transdermique, il existe des patchs d’œstrogènes assimilables, même si la dose et l’absorption diffèrent. Il existe aussi des œstrogènes oraux, mais ils ne conviennent pas à tout le monde. Le traitement est donc adapté à chaque patient. »
© ShutterstockParler de la ménopause avec son médecin permet d'adapter les traitements.
Bien vivre la ménopause passe aussi par une meilleure hygiène de vie
Les hormones ne sont d’ailleurs pas systématiquement nécessaires. Selon les situations, la gynécologue peut proposer des solutions à base de pollen, de soja ou d’isoflavones, avant d’envisager une hormonothérapie si les symptômes persistent. Certains troubles, comme l’atrophie vaginale, peuvent également nécessiter des traitements locaux. Quant aux pénuries de médicaments, elles seraient liées à plusieurs facteurs, dont les choix de distribution des laboratoires. L’Association espagnole pour l’étude de la ménopause a d’ailleurs engagé des échanges avec les fabricants.
Pour mieux traverser cette période, Cristina García Casals recommande également de prendre soin de sa santé bien avant l’apparition des premiers symptômes. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, l’arrêt du tabac et de l’alcool contribuent notamment à préserver la santé osseuse et cardiovasculaire. De nouvelles solutions non hormonales contre les bouffées de chaleur sont également attendues, tandis que des techniques comme le laser, les ondes de choc ou la magnétothérapie sont étudiées pour certains troubles urinaires et génitaux. Mais pour la gynécologue, le plus important reste de ne pas attendre que les symptômes disparaissent tout seuls. Consulter permet de faire le point et de trouver une prise en charge qui corresponde réellement à ses besoins.