L’Espagne envoie des renforts à Ceuta après l’arrivée de nombreux migrants
Environ 40.000 migrants ont traversé la frontière marocaine pour entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, dont 18 morts noyées. Le gouvernement espagnol a annoncé l’envoi de renforts policiers
20 Minutes avec AFP
Publié le 31/07/2026 à 12h56 • Mis à jour le 31/07/2026 à 13h42
L’Espagne rencontre un épisode difficile à sa frontière avec le Maroc. Environ 40.000 migrants ont traversé la frontière ces derniers jours et sont entrés sur le territoire de l’enclave de Ceuta, selon une source policière. Les arrivées, qui n’ont pas cessé de la nuit, continuent vendredi matin, majoritairement des jeunes hommes et des adolescents, et 18 d’entre eux sont morts noyés en tentant le passage de la frontière par la mer.
Le contexte rappelle la précédente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers d’entre eux avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l’Espagne. Pedro Sánchez doit arriver vendredi matin à Ceuta où il rencontrera les forces de l’ordre à la frontière puis les responsables régionaux, accompagné du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, a précisé la présidence du gouvernement dans un communiqué. Le ministère a par ailleurs annoncé l’envoi de nouveaux renforts policiers.
Des plongeurs, un bateau et des drones attendus en renfort
Plusieurs dizaines de gardes civils et policiers vont être envoyés dans les prochaines heures, parmi lesquels huit plongeurs, un bateau et des drones. Les forces de l’ordre marocaines à l’entrée de la route menant à Ceuta ont déjà tenté dans la soirée de jeudi de repousser les migrants se rapprochant. Le gouvernement espagnol a aussi annoncé que des soldats seraient déployés pour garantir la sécurité sur ce territoire de la côte nord de l’Afrique.
Le Maroc et l’Espagne vont mettre en œuvre « des mesures pour le transfert » vers le Maroc « dès que possible, de toutes les personnes qui sont entrées illégalement à Ceuta », a assuré jeudi le ministre espagnol de l’Intérieur. Aucune déclaration officielle n’a jusqu’ici été publiée par les autorités marocaines.
L’extrême droite européenne réagit
Les images saisissantes de centaines de personnes, en grande majorité de jeunes hommes et des adolescents, souvent mouillés car sortant de la mer, ont été utilisées dès jeudi par l’extrême droite européenne et américaine. La cheffe du gouvernement italien d’extrême droite, Giorgia Meloni, a dit vouloir suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, des propos aussitôt dénoncés par Madrid qui a convoqué l’ambassadeur italien en signe de protestation.
La Finlande a répondu soutenir cette proposition. « L’Espagne a complètement échoué à protéger la frontière extérieure de l’espace Schengen contre les intrusions. Cela ne peut pas continuer, a écrit sur X la ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen, membre de la droite populiste finlandaise. Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de Schengen. »
A Washington, deux hauts responsables de la Maison Blanche se sont saisis de ces images pour défendre la politique répressive de Donald Trump sur l’immigration. La France, de son côté, a indiqué vouloir renforcer le contrôle à la frontière avec l’Espagne. « L’Espagne aujourd’hui, l’Europe demain, paient le prix de la politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », a commenté Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle. La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a fustigé de son côté les « entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».