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Coups de matraque et pistolet sur le front : un lycéen dénonce des violences policières dans l’Oise

La famille d’un lycéen de Montataire, âgé de 15 ans, a saisi la justice ainsi que la Ligue des Droits de l’homme pour dénoncer des violences physiques exercées par des policiers le 2 octobre 2026.

La famille d’un lycéen de Montataire, âgé de 15 ans, a saisi la justice ainsi que la Ligue des Droits de l’homme pour dénoncer des violences physiques exercées par des policiers le 2 octobre 2026.

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Des photos et certificats attestent des hématomes présentés par l’adolescent. Une vidéo a également été transmise à la justice.
Des photos et certificats attestent des hématomes présentés par l’adolescent. Une vidéo a également été transmise à la justice.
Par Maxime Piquet Publié: 21 Octobre 2026 à 13h28

Temps de lecture: 2 min

Pour moi, ce genre de choses c’était de la fiction. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver dans la vraie vie. » Deux semaines après les faits, Eric (le prénom a été modifié) ne peut expliquer ce qu’il s’est passé vendredi 2 octobre 2026 en début de matinée, à Montataire.

Dans le contexte des premières manifestations des lycéens, l’adolescent âgé de 15 ans, scolarisé en seconde et originaire d’une commune des alentours, circule dans Montataire en compagnie de deux camarades, en attendant le début de ses cours à 9 heures. Les lieux sont calmes mais vers 8h35, tout s’accélère pour le trio quand une voiture de police vient se porter à leur hauteur. « Des policiers en civil sont sortis en se dirigeant vers nous de manière agressive, on a eu peur », raconte Eric. Les jeunes se mettent à courir et se séparent, poursuivis par les fonctionnaires.

La course d’Eric s’arrête rue Victor-où il est interpellé par deux membres des forces de l‘ordre : « L’un m’a attrapé et m’a mis des coups avec sa matraque. L’autre m’a pointé son arme sur le front. Ils allaient m’emmener dans leur véhicule quand mon téléphone a sonné. C’était ma mère, je lui ai dit que les policiers voulaient me mettre en garde à vue. Ensuite, elle a parlé au policier en disant que je n’étais pas dans le mouvement des lycéens et il a répondu qu’effectivement, je n’avais pas le profil d’un casseur, et après ils m’ont laissé partir. »

« Choqué », le garçon passe la journée chez ses grands-parents à Montataire jusqu’à ce qu’il retrouve ses parents. Son père, David, découvre les blessures de son fils. Des hématomes de plusieurs centimètres aux genoux, tibias et à un avant-bras, qui témoignent selon la famille de la tentative d’Eric de se protéger des coups. Ils sont constatés le lendemain, samedi 3 octobre, par un médecin des urgences de l’hôpital de Creil.

Arrêté deux jours par le médecin

« Le week-end, au-delà des douleurs, il n’a pas dormi, poursuit David. Il avait peur de retourner au lycée. Nous sommes allés le lundi chez notre généraliste qui l’a arrêté deux jours. » Mercredi 7 octobre, le lycéen a retrouvé son établissement. Il assure n’avoir participé à aucune manifestation depuis le démarrage du mouvement.

« Le physique, ça va mieux, explique-t-il une semaine plus tard. Mais je fais des cauchemars et l’image qui me revient le plus, c’est le pistolet sur le front. Ça a duré une dizaine de secondes et ça m’a marqué. En plus, c’est la première fois que je voyais une arme. Ce ne sont pas des choses que je pensais possibles, car on n’avait rien fait. »

« Mon gamin a été tabassé alors qu’il n’était ni armé ni menaçant »
Le père de la victime

« Mon gamin a été tabassé alors qu’il n’était ni armé ni menaçant. C’est honteux et inacceptable. Il est mineur et a subi des violences physiques et psychologiques de la part de ces fonctionnaires de police, qui ne se sont même pas excusés », fulmine le père, qui ne compte pas en rester là.

Certificats médicaux à l’appui, dans un courrier adressé au procureur du tribunal judiciaire de Senlis que nous avons pu consulter, David affirme sa volonté de porter plainte. Il a également effectué un signalement auprès de la Ligue des droits de l’Homme. À la connaissance de la famille, il n’existe aucun témoin de la scène. Elle a toutefois en sa possession une vidéo montrant Eric aux côtés d’un des deux policiers avant d’être laissé libre.

Le parquet de Senlis n’a pas répondu à nos sollicitations. Du côté de la direction de la police nationale dans l’Oise, on certifie « n’avoir eu aucune remontée » de cette affaire. Jusqu’au démarrage des vacances scolaires de la Toussaint, les bilans réguliers de la préfecture sur les mobilisations lycéennes totalisaient trois blessés parmi les jeunes le 2 octobre, un autre le mardi 13, « sans que la cause de sa blessure puisse être de façon certaine attribuée à sa participation à une manifestation » ; mais également trois gendarmes blessés par des tirs de projectiles le 2 octobre et un membre des forces de l’ordre blessé le 12 octobre.

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