Coupe du monde 2026. Style de jeu, vivier prometteur… pourquoi l’Espagne n’est sûrement qu’au début de son règne
Comme en 2008-2010, l’Espagne a réussi un retentissant doublé Euro-Coupe du monde après sa victoire en finale contre l’Argentine (1-0 a.p.) dimanche soir. Une domination par le jeu qui pourrait bien durer pour l’une des sélections majeures du XXIe siècle.
Bizarrement, la recette avait été égarée. Après son premier sacre sud-africain en 2010, l’Espagne n’avait jamais fait de vieux os en Coupe du monde, sortie dès le premier tour en 2014 et éliminée en 8es de finale lors des deux tournois suivants. Comme si son jeu si léché, inspiré du tiki-taka du Barça, ne faisait plus florès.
La Roja n’a pourtant jamais renoncé à son ADN qu’elle avait eu du mal à transmettre à des nouvelles générations moins talentueuses ou à maturation plus lente. Ce n’était finalement qu’une question de temps pour retrouver la quintessence d’un jeu que Luis de la Fuente, arrivé en 2022 sur le banc, a su moderniser. Un formateur dans l’âme, passé par les équipes jeunes fédérales, qui connaît parfaitement le vivier dont il dispose.
« Notre jeu est exigeant, tactiquement et mentalement »
Si l’Euro 2024 avait fait la part belle à la verticalité avec les ailiers Lamine Yamal et Nico Williams, le Mondial a prouvé que donner le tempo de la rencontre restait la meilleure manière de défendre (seulement un but encaissé, record battu) avant de porter l’estocade. « Contre la France et l’Argentine, ce qu’on voulait par-dessus tout, c’était avoir le ballon », insiste Pedro Porro. « Notre jeu est exigeant, tactiquement et mentalement, au niveau de la concentration », complète Unai Simon, désigné meilleur gardien du tournoi.
La formation espagnole n’y est pas pour rien dans ce renouveau. « Je dis toujours que le joueur espagnol est le meilleur joueur du monde quand on parle d’interprétation du jeu. Il sait comment se comporter en attaque et en défense. C’est la grande réussite des entraîneurs et du football de notre pays », disait le sélectionneur après avoir donné la leçon aux Bleus. Au vu de la structure de l’effectif, les champions du monde ont encore quelques compétitions devant eux pour laisser leur harmonie enchanter le monde. De la Fuente n’a en effet aucune raison de révolutionner sa philosophie ou son groupe.
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La première nation à défendre son titre à la maison
Avec désormais quatre Euros et deux Coupes du monde, dont cinq trophées conquis au XXIe siècle, la Roja est une référence à la fois dans le style proposé mais aussi du point de vue du palmarès. Elle sera la première nation à pouvoir défendre son titre chez elle dans quatre ans (*). Si elle parvient à maintenir ce niveau de performance, il faudra être sacrément costaud pour venir le lui reprendre.
Auparavant, il y aura le championnat d’Europe des nations au Royaume-Uni, en 2028. Et on se rappelle que la dernière fois que les Espagnols avaient été sacrés à l’échelle planétaire, ils avaient prolongé le plaisir sur la scène continentale. Leur précédent règne s’était étalé sur quatre ans (2008-2012). L’actuel est, lui, bien parti pour durer…
(*) Le Mondial sera coorganisé avec le Maroc et le Portugal.