Coupe du monde 2026. Didier Deschamps : « Ce n’est pas l’arbitre qui nous a fait perdre »
Durant 25 minutes, Didier Deschamps a pris la parole ce vendredi au Hard Rock Stadium de Miami. Le sélectionneur est revenu en longueur sur la défaite des Bleus face à l’Espagne, a répondu à certaines critiques et a livré aussi les sentiments qui l’animent à l’aube de son dernier match à la tête de l’équipe de France.
Comment vous sentez-vous pour votre dernier match ?
Didier Deschamps : « Je me sens dans ma responsabilité par rapport au match qu’on a qui n’est pas un match amical. J’ai le devoir avec mon staff et les joueurs de tout faire pour atteindre ce dernier objectif. Les Anglais n’ont pas envie de le jouer et nous pas plus, mais il est là et il y a un objectif.
Quand il y a des victoires et des sourires, ce sont des moments merveilleux et quand ce n’est pas le cas, il faut l’accepter. L’Espagne a été meilleure que nous, paradoxalement avec des datas de notre côté avec des distances et des intensités de courses qui sont bonnes. C’est en partie de notre faute, dans le domaine technique, mais aussi par le fait que l’Espagne a aussi monté le curseur. Il y a ce match qui nous attend et après ce seront les vacances. Ils en ont besoin, et moi aussi. »
« Je les ai faits ces matches-là et j’étais l’ombre de moi-même »
Est-ce que vous avez des regrets sur cette demi-finale ?
« J’ai des décisions à prendre, je les ai prises. Déjà, la blessure de William Saliba (au dos) est évidemment problématique. Des examens ont été faits, sa blessure ne s’est pas aggravée, il a ça depuis le mois de mars. Il a géré, serré les dents, mais la douleur malheureusement pour lui et pour nous, n’était plus supportable.
Pour Adrien (Rabiot), je vais faire un peu long. Adrien à la première pause fraîcheur vient me dire : ''Coach je ne peux plus jouer normalement, je ne peux plus faire mon jeu.'' Comme joueur, j’avais déjà joué deux demi-finales avec un carton jaune sur ma tête. Je les ai faits ces matches-là et j’étais l’ombre de moi-même de par mon poste de milieu de terrain avec un jeu à 360 degrés, ça peut venir de partout. Je lui ai dit de gérer et d’éviter de laisser traîner le pied. Et une fois ce n’est pas passé loin. Il y a cette épée de Damoclès. Il y avait le risque d’être à dix, les fenêtres de changements (trois) alors qu’à la mi-temps ça ne compte pas. J’aurais pu faire les choses différemment et on ne saura jamais ce qu’il se serait passé. Mais ça fait bien longtemps que je ne me pose plus ces questions. J’ai choisi avec ce que je pensais sur le moment et mon vécu.
Sur l’arbitrage, je ne remets pas en cause, je pose juste une question, ce n’est pas l’arbitre qui nous a fait perdre. Chacun aura sa propre analyse et sa propre interprétation de certaines décisions. Mais il y a des décisions qui auraient pu être différentes. Et en tant qu’ancien joueur, je sais très bien les conséquences que ça peut avoir. Mais la première analyse c’est que l’Espagne a été meilleure et mérite d’être en finale. Comme l’Argentine. Car ils ont battu toutes les autres équipes. »
« Olise est encore dans une démarche de progression »
Est-ce que vous allez faire tourner massivement contre l’Angleterre ?
« On n’est pas encore entré dans le détail. J’ai des discussions avec tous les joueurs. Personne ne va jouer par défaut car ces vingt-six joueurs je les ai choisis. Moi, avec mon staff, je veux tout faire pour atteindre l’objectif. Avec les éléments que j’ai, certains joueurs ne peuvent pas (jouer). Je vais faire tourner. Massivement, c’est à partir de combien ? »
Face à l’Espagne, à froid, c’est la théorie du jour sans ou regrettez-vous d’avoir joué avec quatre offensifs ?
« Le problème n’est pas là. Les Espagnols ont bien joué avec quatre offensifs aussi. C’est une question d’équilibre. On aurait pu mieux défendre mais on n’a pas bien attaqué non plus car on a eu du déchet. Et c’est l’Espagne qui nous a contraints à avoir autant de déchet. Je pense que c’était le bon choix. Qu’on n’y soit pas arrivé, certes, mais là ça n’est pas passé. Il y a eu aussi un adversaire qui a aussi élevé son niveau de plusieurs crans et qui nous a mis en difficulté. »
Que répondez-vous aux critiques qui disent que vous n’avez remporté qu’une compétition sur sept ?
« Je n’ai pas à répondre. Sans me prendre pour un autre. Les critiques peuvent dire ce qu’ils veulent. Mais ne faites pas leur service après-vente, je ne suis pas là pour ça. »
Pourquoi Michel Olise a disparu à partir des 8es de finale ?
« Contre l’Espagne, qu’il n’ait pas été à son meilleur niveau, oui, comme d’autres joueurs. Il est encore malgré tout dans une démarche de progression. Il sera encore meilleur. Il y a aussi le côté émotionnel, qui dépend des caractères et des personnalités. Humainement, c’est tellement une bonne personne, ce Mondial l’a mis en pleine lumière. Regardez la demi-finale contre le PSG (en Ligue des champions). Parfois, quand ça coince, c’est aussi en raison de l’adversaire. Des fois, ça prend un peu de temps. Le poids du maillot. Dayot Upamecano, c’était compliqué aussi. »
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Le fait de voir Kylian Mbappé meilleur buteur de la compétition est-il un levier de motivation ?
« Il y a toujours des leviers de motivation. Kylian n’a pas besoin de levier. Qu’il ait cet objectif individuel, c’est légitime. Il peut aussi avoir d’autres choses dans la tête qui amène à prendre des décisions. Ce match ne changera pas leur vie. Mais il faut mieux finir troisième que quatrième. On va tout faire pour atteindre cet objectif et Kylian aussi en tant que capitaine. »
« Dans ma vie professionnelle, l’équipe de France est la meilleure chose qui me soit arrivée »
Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous avant votre dernier match ?
« Je sais très bien que le clap de fin c’est demain. Je sais que l’équipe de France va me manquer. J’ai eu le privilège durant quatorze ans d’être là-haut avec ce maillot, de connaître des moments magnifiques mais aussi plus difficiles. Le clap de fin arrive, mais la vie continue. Je ne sais pas de quoi elle sera faite mais ce sera positif aussi. Dans ma vie professionnelle, l’équipe de France est la meilleure chose qui me soit arrivée. Elle m’a pris 25 ans dans ma vie ce qui n’est pas rien. »