Complètement addicts
Éditorial. Le géant Meta va verser 16 milliards de dollars pour éviter une série de procès l’accusant de rendre les jeunes accros aux réseaux sociaux. Un tournant qui rappelle les plateformes à leurs responsabilités.
Éditorial. Le géant Meta va verser 16 milliards de dollars pour éviter une série de procès l’accusant de rendre les jeunes accros aux réseaux sociaux. Un tournant qui rappelle les plateformes à leurs responsabilités.
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La roue tourne pour les géants des réseaux sociaux. Ces colosses semblaient tout-puissants et inébranlables, mais leur édifice se fissure, coup de burin après coup de burin. Le dernier, et non des moindres, ouvre une énorme brèche. Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, va payer plus de 16 milliards de dollars pour échapper aux poursuites d’une coalition d’États américains lui reprochant de favoriser l’addiction des mineurs. Cet accord à l’amiable est assorti de belles victoires visant à protéger les utilisateurs comme le blocage de l’accès à leur plateforme entre minuit et 6 heures pour laisser à la jeunesse une chance de goûter au repos dans les bras de Morphée.
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Des heures passées dans le « scroll infini », ce défilement de vidéos qui excite notre dopamine, l’hormone de la récompense, les notifications incessantes, l’engrenage infernal qui hypnotise nos neurones, la difficulté à contrôler une utilisation excessive, la sensation de manque… Tous ces symptômes évoquent ceux de l’addiction et de la dépendance. Notre temps de cerveau disponible et nos données valent de l’or. Toute la puissance des algorithmes a été mise au service de ce business très lucratif presque sans aucune limite.
Comme pour l’alcool ou la cigarette
Des procédures comme celle-ci, il y en a des milliers engagés aux États-Unis contre Facebook, Instagram, Youtube, TikTok ou Snapchat. Et les États ne plaisantent pas avec la santé publique. Sédentarité, risques cardio-vasculaires, épidémie de myopie, déformation de la colonne vertébrale, risques sur la santé mentale… Comme pour l’alcool ou la cigarette, il s’agit de protéger non seulement les jeunes, mais l’ensemble de la population.
En France, l’interdiction des portables dans les lycées à la rentrée ou la promulgation de la loi, même censurée, visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux, nous permettent collectivement de prendre conscience à la fois des risques et de nos dépendances. Il ne s’agit pas de se passer des réseaux sociaux, mais d’en faire des espaces plus sûrs.
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