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Comment le trafic d’armes à feu a évolué ces dernières années

À Bruxelles, le trafic d'armes semble être un commerce florissant. "On a un pays où les armes à feu circulent comme jamais", affirmait ce mercredi Philippe Close (PS), le bourgmestre de la ville de Bruxelles au...

À Bruxelles, le trafic d'armes semble être un commerce florissant. "On a un pays où les armes à feu circulent comme jamais", affirmait ce mercredi Philippe Close (PS), le bourgmestre de la ville de Bruxelles au micro de La Première. S'appuyant sur le témoignage d'un policier de la zone Bruxelles Capitale Ixelles, il rapporte une forte augmentation du nombre de saisies d'armes dans la capitale.

Un constat que partage le directeur de l'Institut flamand pour la paix, Nils Duquet. Ce spécialiste remarque une "demande croissante" d'armes à feu, particulièrement à Bruxelles, bien que les chiffres de saisies de la police ne soient pas encore disponibles pour cette année. "Cela mène à un cercle vicieux. Lorsqu'il y a plus de trafic et d'armes disponibles, il y a plus de fusillades, ce qui renforce l'insécurité au sein des réseaux criminels et la culture de la violence. Cela mène à encore plus de trafic et donc encore plus d'armes disponibles (sur le territoire, NdlR)", détaille Nils Duquet.

Provenance variée

À Bruxelles, les clients de ce trafic d'armes sont principalement les membres d'organisations criminelles opérant dans le trafic de drogue, rappelle ce spécialiste. Ces armes sont un moyen de se défendre dans un milieu particulièrement violent. "Pour la plupart des criminels, un pistolet est suffisant. Ils sont discrets et faciles à utiliser." Néanmoins, on voit de plus en plus de fusils automatiques inonder les marchés illégaux, principalement en Région bruxelloise, détaille Nils Duquet. "Ce sont les deux principaux types d'armes saisis par la police dans le milieu criminel à Bruxelles."

La provenance des armes qui circulent sur les marchés clandestins est également de plus en plus variée. Ce n'est plus seulement du matériel volé et revendu illégalement. "Encore aujourd'hui, les Kalachnikov viennent de Serbie et de Bosnie. Elles ont été utilisées durant la guerre en ex-Yougoslavie dans les années 1990 puis importées illégalement en Belgique. Mais la police saisit également beaucoup de pistolets russes."

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Une autre technique employée est la conversion de pistolet d'alarmes, notamment utilisées pour signifier le départ de courses. "Certains modèles sont particulièrement faciles à convertir et sont très fiables. Ils sont fort utilisés par les trafiquants de drogue."

La police saisit aussi de plus en plus d'armes ne portant pas de numéro de série. "Il y a également une disponibilité de plus en plus grande d'armes qui sont des copies de modèles existants. Ces armes pourraient provenir de Turquie, elles seraient fabriquées là-bas dans des petits ateliers." Ce spécialiste remarque également l'apparition progressive d'armes à feu imprimées en 3D.

Plus accessibles

Il est désormais plus facile de se procurer une arme à feu que par le passé, analyse par ailleurs Nils Duquet. "Il y a dix ans, il fallait être un criminel établi pour être en mesure de se procurer une arme. Aujourd'hui, nous constatons que des jeunes âgés de 17, 18 ou 19 ans ont accès à des armes à feu." Un public bien plus impulsif, observe le directeur de l'Institut flamand pour la paix.

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Les commerces illégaux d'armes à feu, opérant autrefois à petite échelle, tendent aujourd'hui à s'étendre. Pour preuve, ce spécialiste évoque la saisie, la semaine dernière, d'une importante quantité d'armes à Namur, comprenant notamment des fusils d'assaut, des pistolets ainsi que des grenades. "Ces armes proviennent très probablement d'un gang qui s'est spécialisé dans le trafic d'armes. Or, traditionnellement le commerce d'arme n'était pas très profitable financièrement."

Néanmoins, la Belgique n'est pas un cas isolé. "Lorsqu'il y a un important trafic de drogue dans un pays, il y a également une forte demande d'armes à feu." À titre d'exemple ce spécialiste cite notamment la France où circule également une importante quantité d'armes à feu.

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