Comment l’armée suisse fait bloc contre la société technologique américaine Palantir : elle a déjà refusé à 5 reprises ses services
Palantir a tenté cinq fois d'équiper l'armée suisse, sans jamais décrocher de contrat. Les militaires redoutaient de perdre la main sur leurs données confidentielles. Le Parlement veut désormais inscrire ce ref...
Palantir a tenté cinq fois d'équiper l'armée suisse, sans jamais décrocher de contrat. Les militaires redoutaient de perdre la main sur leurs données confidentielles. Le Parlement veut désormais inscrire ce refus dans la loi.
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Rédacteur scientifique
Publié le 24/10/26 à 19:30
- Le 15 octobre 2026, Republik et WAV révèlent que l'armée suisse a refusé Palantir cinq fois depuis 2020.
- Les refus suisses sont motivés par le contrôle des données, les coûts élevés et l'incompatibilité avec les serveurs militaires.
- Une initiative parlementaire propose de pénaliser l'achat de logiciels étrangers au code source fermé.
Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.
L’équipe de Republik et du collectif WAV a établi, le 15 octobre 2026, que l’armée suisse avait écarté cinq fois la société américaine Palantir. Un tel refus répété reste rare en Europe, où onze gouvernements au moins utilisent déjà les outils du groupe de Denver. Le ministère helvétique de la Défense n’a pourtant fermé aucune porte définitive au fournisseur américain. Les cinq dossiers suisses ont tous buté sur la même question, celle du contrôle des données confidentielles.
L’armée suisse a écarté Palantir à cinq reprises depuis 2020
Ces données, les militaires voulaient les garder chez eux. Le premier dossier remonte à 2020. L’entreprise est alors invitée à déposer une offre pour le système informatique du Service de renseignement militaire. Sa proposition ne remplit pas tous les critères obligatoires. Deux ans plus tard, l’armée prépare un test grandeur nature, puis l’annule. Les licences coûtent trop cher, et le logiciel ne tourne pas sur les seuls serveurs militaires.
Deux autres examens suivent en 2024. L’État-major général consacre un rapport interne aux outils du groupe américain et recommande de leur préférer des solutions ouvertes. En parallèle, armasuisse étudie ces mêmes produits pour le projet Psi, destiné aux forces aériennes. L’agence d’armement les écarte sans même demander une offre, au profit de pistes jugées plus prometteuses.
Le contrôle des données a motivé trois refus sur cinq
L’agence d’armement revient pourtant vers l’entreprise en 2025. Son Centre pour l’intelligence artificielle et la simulation cherche un fournisseur. L’outil doit fondre capteurs, rapports et données géographiques en une image de situation actualisée. Deux réunions se tiennent à Zurich, où l’exploitation souveraine de la technologie occupe une large place. Armasuisse conclut par un avis négatif, et le test envisagé n’a jamais eu lieu.
Dans trois cas sur cinq, la maîtrise des données a pesé dans la décision. Les spécialistes voulaient faire tourner le programme sur leur propre infrastructure. Ils refusaient toute liaison avec un cloud, c’est-à-dire un serveur distant exploité par un tiers. Palantir n’a jamais satisfait cette exigence.
Deux autres obstacles reviennent dans les témoignages d’initiés des unités cyber. Le code source des plateformes reste fermé, donc personne ne peut vérifier ce qui se passe sous la surface. Les ingénieurs de la firme installent eux-mêmes le produit chez le client, ce qui leur donnerait accès à des informations critiques. L’entreprise conteste cette lecture et assure que ses clients gardent le contrôle de leurs données.
Les Verts réclament une loi pour verrouiller ces achats
Au Parlement, une initiative vise les logiciels étrangers qui traitent ce type de données. L’ancien conseiller national Balthasar Glättli l’a déposée, son collègue vert Raphaël Mahaim l’a reprise. Le texte créerait une infraction pénale pour l’achat d’un outil de profilage au code source fermé. La peine irait jusqu’à cinq ans de prison.
Le ministre de la Défense, Martin Pfister, se montre réticent à donner aux élus un droit de regard. Devant la commission de politique de sécurité, le 26 janvier 2026, il a résumé le dossier en quelques phrases. Trois jours plus tard, pourtant, armasuisse notait qu’une proposition de la firme était en préparation.