Colère des lycéens : la mobilisation rattrape la Région
Alors que les lycéens lillois se mobilisaient lundi contre leurs conditions d’accueil, la Région a finalement abondé de 3,5 millions d’euros la dotation des lycées. Xavier Bertrand a aussi promis un nouveau dispositif pour signaler les problèmes dans les établissements.
Parfois les agendas entrent en collision avec l’actualité. Ce lundi, les élus régionaux devaient voter la dotation générale de fonctionnement (DGF) des lycées pour 2027, dans le contexte que l’on connaît.
Consultez l’actualité en vidéo
Le manque de profs, la pénurie de remplaçants ou Parcoursup relèvent du ministère de l’Éducation nationale. La qualité du bâti, de son entretien ou de la restauration relève, elle, des Régions.
Un amendement adopté ce lundi
Vendredi, le vice-président aux lycées annonçait à la presse une reconduction presque identique de la DGF, à 88,3 millions d’euros. Lundi matin, la majorité a finalement fait adopter un amendement l’abondant de 3,5 millions, pris sur le reliquat de la dotation de secours 2026. Conséquence, nous confirme le cabinet de Xavier Bertrand, moins de lycées seront concernés par une baisse de dotation. Avant cet amendement, 115 établissements sur 269 devaient perdre jusqu’à 15 % de leurs crédits.

À midi, plusieurs dizaines de lycéens lillois ont afflué vers le conseil régional, rejoints par des syndicalistes et quelques élus de gauche. Une délégation a été reçue par l’exécutif et des élus de gauche, puis par Xavier Bertrand, qui a échangé plus d’une heure avec eux.
« Il y a un véritable malaise de ces jeunes et, que ça plaise ou non, il faut aussi les entendre », a déclaré le président LR à la sortie. « Ils voient bien que leur avenir est totalement incertain, que la qualité de l’éducation baisse. » Il a aussi répété ses critiques contre Parcoursup, qu’il souhaite « modifier en profondeur ou remplacer ».

En revanche, « s’il y a un problème avec la qualité des bâtiments ou de la restauration, c’est moi le responsable parce que je suis le président du conseil régional ». Face aux témoignages de jeunes dormant dans des chambres moisies, il a assuré : « Je considère les lycéens de la région comme mes enfants et je n’ai pas envie qu’un seul dorme dans une chambre moisie. »
Xavier Bertrand s’est engagé à mettre en place un dispositif permettant aux lycéens de signaler directement, via les réseaux sociaux, les problèmes rencontrés dans leur établissement : savon, restauration, chauffage, ascenseur. Il promet une réponse sous 48 heures et une meilleure association des élèves lors des travaux importants.
« Un coup de com » de Xavier Bertrand, juge une étudiante
Les lycéens n’ont toutefois pas considéré que le compte y était. « On a d’abord eu l’impression que tout ce qu’on lui disait, il venait de le découvrir alors que ce n’est pas le premier mouvement lycéen et que c’est ce qu’on répète depuis des années », a réagi Soan Rauche, élève de 1re au lycée Fénelon à Lille.
Alice, étudiante en première année de droit, lui reproche de ne pas avoir évoqué « la réponse disproportionnée et les violences policières ». Et elle voit dans la médiatisation de la rencontre « un coup de comm ».
Dans l’hémicycle, Xavier Bertrand a insisté : « On ne peut rien régler par la violence. » Il a annoncé que la Région se porterait partie civile pour chaque dégradation et qu’elle se retournerait vers les parents des auteurs mineurs pour obtenir réparation.
Le RN a dénoncé le million d’euros de dégâts commis par des « nervis ». La gauche et les écologistes ont, eux, pointé l’insuffisance des moyens votés. Thomas Huttin (EELV) estime que les centaines de millions nécessaires aux lycées sont engloutis par le canal Seine-Nord. L’Insoumis Benoit Tirmarche a, lui, jugé que le million d’euros voté pour soutenir le projet d’une grande entreprise aurait été mieux employé au budget des lycées. Soan Rauche, lycéen : « On a été écouté par la Région, mais on n’est pas satisfait. Et on veut maintenant qu’Edouard Geffrey nous entende. »