Cité pittoresque et vertigineuse, accrochée à flanc de falaise, avec 1,5 million de visiteurs, Rocamadour s’inscrit comme le 2e site le plus visité de France
Accrochée à sa falaise et visitée chaque année par 1,5 million de personnes, Rocamadour ne se résume pas à sa célèbre silhouette qui se détache du bleu azur. Native du village, la comédienne Corinne Delpech invite à découvrir autrement ce grand Site d’Occitanie, entre légendes, patrimoine méconnu et coups de cœur loin des sentiers les plus fréquentés, pour plonger dans une cité aux mille trésors. Suivez le guide.
l'essentiel Accrochée à sa falaise et visitée chaque année par 1,5 million de personnes, Rocamadour ne se résume pas à sa célèbre silhouette qui se détache du bleu azur. Native du village, la comédienne Corinne Delpech invite à découvrir autrement ce grand Site d’Occitanie, entre légendes, patrimoine méconnu et coups de cœur loin des sentiers les plus fréquentés, pour plonger dans une cité aux mille trésors. Suivez le guide.
Chaque été, dans la rue Roland-le-Preux, deux religieuses aussi bavardes qu’espiègles déambulent au milieu des visiteurs. Sous leurs costumes se cachent Corinne Delpech et Sébastien Laussier, qui racontent avec humour l’histoire de la cité mariale. Revenue depuis vingt ans dans son village natal, la comédienne, passée par le Théâtre de Bouvard, a transformé l’ancienne boulangerie familiale en café-théâtre.
Elle partage depuis son amour du site avec un constat qui la surprend toujours. "Je suis encore étonnée quand des gens me disent qu’ils se sont contentés de la vue depuis l’Hospitalet. Certains visitent le Rocher des Aigles ou la forêt des singes sans descendre jusqu’au sanctuaire. Ils me demandent même parfois où est Rocamadour !" Pour elle, la découverte commence justement en quittant le plateau pour rejoindre le cœur historique. "Il faut descendre", insiste-t-elle.
Parmi les curiosités souvent ignorées figure l’épée Durandal, fichée dans la roche du sanctuaire
Car Rocamadour ne se résume pas à son panorama. Située sur l’un des grands chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la cité abrite un ensemble religieux exceptionnel composé de la basilique Saint-Sauveur et de sept chapelles adossées à la falaise. Des lieux qui ont fait sa renommée à travers l’Europe dès le Moyen Âge. Parmi les curiosités souvent ignorées figure l’épée Durandal, fichée dans la roche du sanctuaire. Selon la légende, Roland, neveu de Charlemagne, l’aurait lancée jusqu’ici pour qu’elle ne tombe pas aux mains de ses ennemis. "Beaucoup passent devant sans connaître l’histoire. Quand ils viennent voir le spectacle, ils reviennent souvent le lendemain pour regarder autrement ce qu’ils ont visité", raconte la comédienne. Pour la petite anecdote, l’épée (qui n’était déjà qu’une copie) a été dérobée en 2022, et depuis, une nouvelle a pris place dans la roche…
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Une maître verrier, qui a son atelier à Rocamadour, a réalisé les vitraux du sanctuaire
Prendre son temps permet aussi de découvrir des lieux plus confidentiels. Corinne Delpech aime citer la maison de la Pommette, demeure médiévale, qui échappe aux visiteurs pressés. "C’est un endroit magnifique qui accueille la maître verrier Chantal Jean qui a contribué aux vitraux du sanctuaire", souligne-t-elle. Une autre façon d’aborder le village, à travers sa dimension artistique. Elle cite aussi le peintre Jean-Louis Carricondo, dont l’atelier domine la rue principale. "Beaucoup passent devant sans savoir qu’un artiste de renommée internationale est installé ici." Pour elle, ces ateliers participent pleinement à l’identité du village. "Rocamadour n’est pas qu’un décor. C’est un lieu vivant où des gens créent encore."
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À Rocamadour, on découvre même une grotte naturelle et ornée de peintures du paléolithique
La comédienne invite aussi à regarder au-delà des incontournables. Si Padirac concentre souvent l’attention, Rocamadour possède sa propre cavité avec la grotte des Merveilles. "Les gens pensent qu’il n’y a pas de grotte à Rocamadour. Pourtant elle mérite le détour." Le site conserve des peintures préhistoriques qui témoignent d’une occupation humaine très ancienne.
Autour du village, Corinne aime également s’échapper vers des lieux moins fréquentés. Les moulins de Cougnaget et du Saut, la vallée de l’Ouysse ou encore le gouffre de Cabouy figurent parmi ses promenades favorites. "On a une nature extraordinaire. À chaque saison, les paysages changent." Ces itinéraires offrent un autre visage du Grand Site d’Occitanie, loin de l’affluence estivale.
Malgré les années passées à Paris ou en Suisse, son émerveillement reste intact. "Il n’y a pas une fois où j’arrive à Rocamadour sans être impressionnée. Quand je rentre le soir, je m’arrête souvent pour prendre une photo du site."
Un regard partagé par de nombreux visiteurs. En 2024, la rue principale de Rocamadour a été classée deuxième plus belle rue du monde par une étude britannique. Pour Corinne, cette reconnaissance ne fait que confirmer ce qu’elle ressent depuis toujours. "Celui qui vient à Rocamadour et qui prend le temps de regarder ne peut pas rester indifférent." Avec *La Folle histoire de Rocamadour*, programmée tout l’été au café-théâtre Côté Rocher, elle amène les visiteurs dans les coulisses de la cité sacrée pour leur donner envie de découvrir ce site exceptionnel autrement qu’à travers une simple photographie.
Dernier conseil, ne partez pas de la cité amadourienne sans avoir vu la nuit tomber sur la falaise…