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Chez Renault, le « Made in Spain » a la cote face au « Made in France »

Pour la première fois de son histoire, Renault va fabriquer des voitures électriques en Espagne. L’heure n’est plus au « tout made in France » pour ces véhicules, la marque au losange investissant massivement dans ses sites de l’autre côté de la frontière où les coûts de production restent plus bas que chez nous. Cinq nouveaux modèles y sont prévus d’ici 2030. Renault se veut rassurant sur la production de ses futurs modèles électriques en France, sans pouvoir nous donner davantage de détails po

Cédric Pinatel

Pour la première fois de son histoire, Renault va fabriquer des voitures électriques en Espagne. L’heure n’est plus au « tout made in France » pour ces véhicules, la marque au losange investissant massivement dans ses sites de l’autre côté de la frontière où les coûts de production restent plus bas que chez nous. Cinq nouveaux modèles y sont prévus d’ici 2030. Renault se veut rassurant sur la production de ses futurs modèles électriques en France, sans pouvoir nous donner davantage de détails pour l'instant.

Il y a quelques jours, Renault célébrait son million de véhicules électriques produits à Douai. Mais les prochains ne seront plus forcément fabriqués en France. Image : MaxPPP.

En mettant de côté la Twingo conçue partiellement en Chine et assemblée en Slovénie, tous les modèles actuels de la gamme électrique de Renault sont fabriqués en France : la R5, la R4, la Mégane et le Scénic (ou encore le Kangoo électrique).

Mais vous le savez sans doute, la marque au losange se prépare justement à délocaliser la fabrication de certains de ces modèles électriques. Le constructeur français vient de confirmer officiellement un investissement de 600 millions d’euros sur les sites de Valladolid et de Palencia en Espagne, pour la préparation de la production de cinq nouveaux modèles Renault dont deux 100 % électriques.

Les futures Scénic et Mégane en Espagne

Le site de Valladolid produit actuellement les Captur et Symbioz alors que celui de Palencia s’occupe des Austral, Rafale et Espace (rappelons que la Clio est elle assemblée en Turquie). Les investissements ajoutés par Renault permettront d’organiser la production sur ces deux sites des produits remplaçants, dont au moins certains se baseront sur la nouvelle plateforme RGEV conçue comme une architecture multi-énergies. On parle de deux véhicules du segment C pour ces modèles électriques d'après les communiquants de Renault interrogés à ce sujet, désignant la catégorie des compactes comme la Mégane et des SUV familiaux comme l'Austral et le Scénic.

Les remplaçants des Mégane et Scénic, utilisant cette plateforme RGEV, seront ainsi vraisemblablement assemblés dans l’une de ces deux usines espagnoles. Pour justifier l'installation de ses futurs produits en Espagne plutôt que la France, le groupe Renault évoque logiquement un contexte économique difficile. Pour l'instant, le constructeur ne peut pas nous dire si certaines des véhicules de sa nouvelle famille de modèles basés sur la plateforme RGEV seront également construits en France.

Rappelons que les futures Renault électriques basées sur la plateforme RGEV, attendues pour 2028, disposeront d’un circuit à 800 volts de tension et feront d’énormes progrès en rapidité de charge. Elles arriveront avant la fin de la décennie et existeront aussi dans des versions à « prolongateur d’autonomie » thermique pour ceux qui ne veulent pas se contenter des batteries. Cette nouvelle plateforme permettra sans doute d'unifier la gamme de véhicules compacts et familiaux sur la même plateforme multi-énergies, alors que les Austral et les Scénic utilisent des architectures totalement différentes actuellement. D'après les journalistes du Journal de l'Auto, le prochain Rafale doit lui aussi offrir une version 100% électrique et fera partie des nouveaux modèles fabriqués à Palencia.

Dans le même temps, le site de Douai où sont actuellement fabriqués les Mégane et Scénic électriques (en plus de la R5 et sa cousine la Micra) compensera l'éventuelle perte de ces deux modèles par la production des nouvelles Ford électriques reprenant une architecture Renault. Le constructeur nous affirme que le site de Douai est récemment monté en cadence et n'est pas capable de nous dire s'il prévoit de réduire (ou augmenter) ses volumes de voitures électriques produites en France dans les années à venir.

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