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“Chez nous, à fin août, elles avaient augmenté de 35%”: déjà en forte croissance, les ventes de bières sans alcool ont été boostées par les épisodes caniculaires

Le succès de la bière sans alcool ne se dément toujours pas en France. Si les canicules qui se sont succédé depuis le début de l'année et ont pu accélérer la croissance des ventes, le marché s'inscrivait déjà dans une dynamique très favorable.

"Chez nous, à fin août, elles avaient augmenté de 35%": déjà en forte croissance, les ventes de bières sans alcool ont été boostées par les épisodes caniculaires

Publié aujourd'hui à 13h48

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Le succès de la bière sans alcool ne se dément toujours pas en France. Si les canicules qui se sont succédé depuis le début de l'année et ont pu accélérer la croissance des ventes, le marché s'inscrivait déjà dans une dynamique très favorable.

Toujours une pinte de blonde ou d'IPA, mais l'ivresse en moins. Dopées par une demande croissante et un élargissement de l'offre, les bières sans alcool remplissent toujours davantage les verres des Français. Les fortes chaleurs de l’année ont-elles encore accéléré le phénomène? Sur les terrasses écrasées par le soleil, un climat à première vue peu clément pour la consommation de boissons alcoolisées, nombreux sont les amateurs à avoir commandé des bières désalcoolisées – plus exactement des bières à moins de 1,2% d'alcool, selon les termes exacts de la réglementation.

"Ce n'est pas uniquement un ressenti, il y a bien eu un effet de la canicule" sur les ventes de bières sans alcool, qui s'inscrit dans une dynamique générale favorable au "sans alcool", confirme Sarah Sasso, consultante chez le panéliste Circana.

Pour mesurer cet "effet météo", Circana a comparé pour BFM Business la croissance des ventes des "alcools sans alcool" en grande distribution depuis le début de l'année à celle uniquement enregistrée pendant les semaines de canicule*. Entre janvier et août, les ventes de boissons désalcoolisées ont ainsi grimpé de 11,6% par rapport à l'année précédente. Lors des semaines de canicule, elles ont progressé de 17,8% sur un an. La hausse a donc été plus forte de 6,2 points pendant ces épisodes.

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Dans le détail, cette hausse "cache des disparités" car "ce sont surtout les bières sans alcool qui ont profité" d'une croissance accélérée avec la chaleur, observe Sarah Sasso. Sur les autres catégories de boissons désalcoolisées, dont le vin tranquille et effervescent, "cet effet est beaucoup moins fort", souligne-t-elle. 

Selon les données de Circana, les ventes de bières et panachés sans alcool ont augmenté de 11,9% sur un an en janvier-août, contre 18,5% lors des seules semaines de canicule, soit un écart de 6,6 points de croissance. L'écart de croissance est nettement plus limité pour les vins tranquilles sans alcool (+19,6%, contre +20%, soit +0,4 point), les vins effervescents sans alcool (+12,1%, contre +12,6 %, soit +0,5 point) et les spiritueux sans alcool (+2,7 %, contre +4,1 %, soit +1,4 point). 

Tous les géants de la bière s'y mettent

Dans un contexte de déconsommation générale de l'alcool en France, la bière 0% capte une clientèle toujours plus grande d'amateurs de bières qui veulent réduire leur consommation d'alcool sans pour autant renoncer au caractère festif et convivial, ainsi qu'une clientèle nouvelle qui n'en buvait pas habituellement. Si la demande s'est accrue, c'est aussi l'offre qui s'est considérablement étoffée dans les magasins. Tous les géants du secteur vendent désormais des versions 0,0% de leurs grandes marques – Kronenbourg, 1664, Affligem, Heineken, Hoegaarden, Leffe ou encore Grimbergen, pour ne citer qu'elles – grâce à l'évolution des techniques industrielles.

Par ailleurs, le marketing déployé pour les bières sans alcool "tourne beaucoup autour de la fraîcheur, et la chaleur lui donne des arguments", note Sarah Sasso. Les vins sans alcool, qui progressent mais peinent encore à trouver leur public en France, n'offrent encore qu'une gamme très limitée en termes de références et de volumes. Selon une étude de FranceAgriMer, la bière sans alcool affichait un taux de pénétration de 32% sur le marché français en 2025, contre 5% pour le vin tranquille sans alcool, 3% pour le vin effervescent sans alcool et 5% pour les spiritueux sans alcool.

"Chez nous, à fin août, les ventes de bières sans alcool avaient augmenté de 35% en volume" par rapport à l'année dernière, appuie Louis Pourbaix, responsable marketing pour les brasseries Goudale et Saint-Omer, qui partagent le même propriétaire. Mais "il n'est pas facile d'identifier ce qui tient de la canicule et ce qui tient d'un marché déjà en forte croissance", tempère-t-il pour le compte des brasseries du Pas-de-Calais. 

Dans la restauration, où l'arrivée de la bière sans alcool est plus fraîche qu'en supermarché, "on a pu entendre de certains clients qu'il y avait un ralentissement des bières alcoolisées au profit des bières désalcoolisées", ajoute-t-il toutefois.

Même prudence chez Meteor. "Il y a un développement très fort du segment sans alcool depuis trois-quatre ans. Notre IPA 0,0% est aujourd'hui l'un des principaux vecteurs de croissance", abonde Vincent Barraud, directeur marketing de la brasserie alsacienne. L'entreprise a bien observé cette année une surpondération des produits désalcoolisés dans les volumes écoulés, mais "nous sommes dans une situation de conquête du marché" et "il est difficile de dire" le rôle qu'a joué la canicule, même s'il est certain que "la bière sans alcool en a bénéficié au moins en partie".

Une tendance générale favorable à la bière

Au-delà de la question alcool ou pas d'alcool, l'heure est à la bière de manière générale. Face aux vins et spiritueux, cette dernière profite d'une plus faible teneur en alcool et d'une image plus décontractée et plus accessible – sans compter un autre argument de poids, son prix plus bas. En parallèle, le monde brassicole s'est aussi engagé dans une "premiumisation" des mousses. Selon une autre étude de FranceAgriMer publiée en décembre 2024, les quantités de vins tranquilles (-45%), de vins effervescents (-31%) et de spiritueux (-13%) achetées chaque année par un ménage ont plongé entre 2007 et 2023, tandis qu'elles ont nettement augmenté pour les bières (+26%).

Au total, un ménage français achetait 24 litres de vins et 26 litres de bières en 2023, contre 42 litres de vins et 21 litres de bières en 2007.

*Les données fournies par Circana concernent les ventes en volume des "boissons alcoolisées sans alcool" (vins, spiritueux, cocktails, bières, panachés) sur une période allant du 5 janvier 2026 au 16 août 2026 par rapport à la même période de l'année précédente, dans tous les circuits des grandes et moyennes surfaces (hypermarchés, supermarchés, drives, e-commerce, proximité). Les semaines de canicule retenues s'étalent du 25 mai au 31 mai, du 15 juin au 19 juillet et du 27 juillet au 16 août.

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