Grindelwald (BE): un hôtelier alerte sur les coûts des chambres dégradées
Publié30. juillet 2026, 20:44Hôtelier à GrindelwaldChambres saccagées: «Ça me fait de la peine pour le personnel»Déchets, inondations, déjections, brûlures: un professionnel de l'Oberland bernois dénonce le cha...
Publié30. juillet 2026, 20:44
Hôtelier à GrindelwaldChambres saccagées: «Ça me fait de la peine pour le personnel»
Déchets, inondations, déjections, brûlures: un professionnel de l'Oberland bernois dénonce le chaos que certains touristes laissent après leur départ.

Les hôtels de Grindelwald, une des stations les plus réputées de l'Oberland bernois, ont enregistré 767’000 nuitées l’année dernière. L’afflux important de clients a aussi ses inconvénients, selon un hôtelier. Des chambres sont régulièrement saccagées ou délibérément endommagées.
«C’est inacceptable, c’est un manque total de respect», s’indigne Andreas Michel, copropriétaire de l’hôtel Gletscherblick. Un incident survenu dimanche matin lui reste en travers de la gorge: des clients ont laissé une chambre dans un état de dévastation totale. Ils étaient déjà partis quand le personnel s'en est rendu compte
Des cuisines improvisées qui laissent des traces
«Il est même arrivé que des clients urinent dans un coin. Ça me fait surtout de la peine pour mes employés, qui doivent ensuite nettoyer le chaos», déclare Andreas Michel. Il estime que de tels incidents, dus selon lui à des «touristes d’autres cultures», causent des dizaines de milliers de francs de dommages à son établissement chaque année.
La saleté et le désordre ne sont pas la seule préoccupation de l’hôtelier. Ses chambres sont régulièrement inondées. «Là où il y a du parquet, le sol peut éclater et doit être remplacé.»
Il arrive aussi régulièrement que des clients improvisent une cuisine dans leur chambre. Résultat des brûlures sur les moquettes, avec à la clé des factures allant jusqu'à 3000 francs. «Nous devons en remplacer deux à trois par mois», soupire l'hôtelier. Des dommages non couverts par l’assurance.
«Nous sommes en position de faiblesse»
Répercuter les coûts sur les responsables est souvent difficile: «Envoyer la facture à des gens à l’étranger ne sert à rien. Et je ne peux pas non plus demander une caution de 3000 francs à chaque client», explique Andreas Michel.
À cela s’ajoute la dépendance vis-à-vis des plateformes de réservation. «Souvent, les clients nous sont attribués automatiquement. Si nous nous plaignons, nous risquons de mauvaises évaluations. Cela nous nuit bien plus au final. Nous sommes en position de faiblesse et devons vivre avec.»
Succès de la sensibilisation
La branche régionale d'HotellerieSuisse nous confirme que le temps de nettoyage varie selon l’origine des clients. «Chez ceux du Moyen-Orient, d’Inde, d’Asie et des États-Unis, le désordre est plus prononcé que chez les clients européens», nous écrit-elle. La situation s'améliorerait, en revanche, pour l'utilisation des salles de bain. Des «mesures de prévention et de sensibilisation» y auraient largement contribué.
La faîtière nationale, quant à elle, relativise: «Les retours de nos membres et de notre conseil juridique ne révèlent pas un problème généralisé dans la région». La grande majorité des clients se comporte «de manière respectueuse et contribue à des expériences de vacances positives», souligne HotellerieSuisse.

Flurin Pestalozzi a rejoint le département de Berne en avril 2025 en tant que stagiaire.
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