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“Cette mesure est une plaisanterie ; la situation de notre hôpital ne l’est pas” : ce maire du Lot-et-Garonne prend un arrêté interdisant d’être malade sur sa commune

Joël Hocquelet, maire de Marmande, a pris un arrêté symbolique interdisant d'être malade sur sa commune. Cette mesure volontairement absurde vise à alerter sur la situation critique du Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins. Une motion pour la défense de l'hôpital et de l'accès aux soins a par ailleurs été adoptée par le conseil municipal. Une pétition doit circuler bientôt au niveau de l'agglomération. Elle sera adressée à la ministre de la santé.

l'essentiel Joël Hocquelet, maire de Marmande, a pris un arrêté symbolique interdisant d'être malade sur sa commune. Cette mesure volontairement absurde vise à alerter sur la situation critique du Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins. Une motion pour la défense de l'hôpital et de l'accès aux soins a par ailleurs été adoptée par le conseil municipal. Une pétition doit circuler bientôt au niveau de l'agglomération. Elle sera adressée à la ministre de la santé.

Les maires manquent de moyens, mais ils ont des idées. Joël Hocquelet vient de prendre un arrêté interdisant d'être malade sur sa commune. "Évidemment, explique l'édile de Marmande, on ne peut pas interdire aux gens de tomber malades. Mais on ne peut pas non plus accepter qu’ils soient contraints de parcourir des dizaines de kilomètres pour se faire soigner. Cet arrêté est une plaisanterie ; la situation de notre hôpital ne l’est pas".

Au cœur d'un désert médical de 110 000 habitants, le Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins (CHIC M-T) traverse depuis de nombreuses années des zones de turbulences. Après avoir mobilisé plusieurs millions d'euros pour l'épauler, l'Agence régionale de santé (ARS) a, en janvier 2026, décidé sa mise sous administration provisoire.

Maintien du laboratoire d'analyses médicales au CHIC M-T 

Dans des départements ruraux comme le Lot-et-Garonne où l'accès aux soins est devenu une problématique majeure, les services hospitaliers de proximité, et notamment les urgences, sont souvent le dernier recours. Dans ce contexte sous haute tension, la circulaire du 29 juillet 2026 relative aux Groupements hospitaliers de territoire inquiète profondément Joël Hocquelet. Médecin de profession, il souligne que ce texte prévoit de nouvelles mutualisations et des évolutions de l’organisation hospitalière, avec l’élaboration d’un bilan à l’automne 2026 puis d’un plan d’action au début de l’année 2027.

Votée à l'unanimité lundi soir par le conseil municipal de Marmande, une motion pour la défense de l'hôpital et de l'accès aux soins reconnaît l'utilité de la mutualisation pour consolider les équipes, tout en alertant sur la "concentration progressive des activités sur quelques sites". Dans ce texte, les élus demandent surtout le maintien du laboratoire d'analyses médicales au CHIC M-T et celui d'urgences opérationnelles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La fermeture temporaire du service, dans la nuit du 9 au 10 septembre 2026, en raison de l’absence d’un médecin urgentiste, constitue, à leurs yeux, un signal suffisamment fort.

"L'idée que l'on puisse demain moins se soigner à Marmande est inacceptable, martèle Joël Hocquelet. L'égalité devant la santé doit aussi être une égalité territoriale, pour que jamais le code postal ne soit un facteur déterminant de votre santé". À l'occasion du Congrès des maires du Lot-et-Garonne, le 18 septembre dernier, Guillaume Lepers a poussé un coup de gueule face à la crise des urgences.

Une pétition 

"Quelque chose que nous aurions trouvé inadmissible il y a encore un an finit aujourd’hui par devenir une simple annonce sur les réseaux sociaux : les urgences ferment temporairement. Et s’habituer, c’est cautionner". Le président de l'Association des maires du Lot-et-Garonne réclame une audience à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Lancée lors de ce même Congrès, une initiative a invité les élus du département à lui envoyer des cartes postales avec le message suivant : "La santé ne doit pas dépendre de l'endroit où l'on habite."

Stéphanie Rist recevra bientôt d'autres nouvelles du Lot-et-Garonne. Joël Hocquelet, sous sa casquette de président de Val de Garonne Agglomération, s'apprête à porter le combat à l'échelle intercommunale en proposant non seulement aux maires de l'agglomération d’adopter des motions similaires à celle de Marmande, mais aussi de relayer une pétition auprès des habitants. Celle-ci sera adressée à la ministre de la Santé.