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Cette Audi sans moteur avance grâce à un système à air comprimé

L'entreprise roumaine Rosmar H a transformé une Audi A8 en un prototype nommé ROSMAR V-04 PROTO. Dépourvu de moteur thermique ou électrique, le véhicule avance grâce à des vérins pneumatiques alimenté

Publié le 19 octobre 2026 à 19:30 par Sirius

L'entreprise roumaine Rosmar H a transformé une Audi A8 en un prototype nommé ROSMAR V-04 PROTO. Dépourvu de moteur thermique ou électrique, le véhicule avance grâce à des vérins pneumatiques alimentés par un réservoir d'air comprimé. Malgré des promesses de performances extrêmes, le concept se heurte à des doutes sur son efficacité énergétique et sa viabilité pratique.

ROSMAR V-04 PROTO (6)

Dans le paysage des mobilités alternatives, où l'électrique et l'hydrogène se disputent l'avenir, une proposition radicalement différente émerge de Roumanie. L'entreprise Rosmar H a décidé de se passer de toute forme de motorisation conventionnelle. Sur la base d'une ancienne berline allemande, elle a conçu un démonstrateur capable d'avancer sans moteur, sans batterie et sans carburant. Le résultat est un étrange engin mécanique qui se déplace par à-coups, avec une démarche saccadée rappelant celle d'un animal mécanique.

ROSMAR V-04 PROTO (2)

Quel est le principe de fonctionnement de ce véhicule atypique ?

Le secret du ROSMAR V-04 PROTO réside dans un dispositif entièrement mécanique basé sur l'air comprimé. Le groupe motopropulseur traditionnel de l'Audi A8 a été remplacé par d'imposants vérins pneumatiques reliés à l'arrière du châssis. Pour avancer, le système tend ces vérins qui prennent appui sur la route, poussent la voiture vers l'avant, puis se rétractent pour recommencer le cycle. Ce mouvement de reptation est alimenté par un réservoir d'air stocké à haute pression.

ROSMAR V-04 PROTO

L'énergie initiale doit être stockée dans ce réservoir, par exemple en le remplissant à domicile via une source d'air comprimé adéquate. Les concepteurs affirment qu'une partie de l'énergie cinétique est récupérée lorsque les vérins se rétractent, un peu à la manière du freinage régénératif. Cependant, ce principe se heurte aux lois de la thermodynamique, chaque cycle engendrant inévitablement des pertes d'énergie sous forme de chaleur et de frottements, rendant impossible toute idée de mouvement perpétuel.

Les performances annoncées sont-elles réalistes ?

Rosmar H n'hésite pas à qualifier son invention d'« hypercar », avançant des chiffres qui défient l'entendement : un 0 à 100 km/h abattu en 0,3 seconde et une vitesse de pointe de 600 km/h. Ces affirmations semblent pour le moins optimistes, voire fantaisistes, au vu des démonstrations publiques. Dans les vidéos, la berline avance lentement, presque péniblement, avec des soubresauts marqués à chaque impulsion des vérins. Pour l'instant, aucune preuve de ces performances stratosphériques n'a été fournie.

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Le principal obstacle technique est la faible densité énergétique de l'air comprimé. Un réservoir de 100 litres à 138 bars contient environ 0,65 à 1,3 kWh d'énergie potentielle. En comparaison, la batterie d'un SUV électrique comme le Hummer EV embarque près de 170 kWh. Cet écart colossal soulève de sérieuses questions sur l'autonomie réelle du véhicule et sa capacité à accomplir autre chose que de courtes démonstrations à faible allure.

ROSMAR V-04 PROTO (5)

Cette technologie a-t-elle un véritable avenir ?

Malgré les doutes légitimes, le concept pourrait présenter un avantage dans des conditions très spécifiques. Les concepteurs mettent en avant son potentiel sur des surfaces à faible adhérence comme la boue, la neige ou le sable. Dans de telles situations, les appuis successifs des vérins pourraient offrir une motricité supérieure à celle de roues classiques, agissant presque comme un treuil mobile. Il s'agirait donc d'une solution de niche pour des terrains difficiles plutôt qu'une alternative pour un usage quotidien.

Pour l'instant, ce prototype reste avant tout une curiosité technique et une vitrine étonnante pour l'entreprise roumaine. De nombreuses questions restent en suspens concernant son rendement global, sa sécurité en cas d'accident et la durabilité de son mécanisme complexe. Si le projet a réussi à attirer l'attention médiatique, son application concrète dans le monde de l'automobile semble encore très lointaine, le cantonnant au rang d'expérimentation audacieuse.

Journaliste GNT en direct d'Alpha Canis Majoris

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