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Cette Audi 80 de 1991 approche du million de kilomètres avec son moteur d’origine en Belgique - L’Auto-Journal

À Sint-Eloois-Winkel, l’Audi 80 de 1991 de Martin Lefevere arrive à quelques kilomètres du million au compteur. Derrière cette fidélité hors norme se cache une certaine idée de la voiture durable.

À Sint-Eloois-Winkel, l’Audi 80 de 1991 de Martin Lefevere arrive à quelques kilomètres du million au compteur. Derrière cette fidélité hors norme se cache une certaine idée de la voiture durable.

À l'heure où de nombreuses voitures finissent à la casse avant même les 200 000 km, certains compteurs racontent une histoire tout autre. En Flandre occidentale, une vieille allemande du début des années 1990 continue de sillonner les routes sans broncher, trois décennies après sa mise en circulation.

Cet automobiliste, c'est le Belge Martin Lefevere, qui roule depuis 1991 avec la même Audi 80 achetée neuve. Après 35 ans de vie commune, il ne lui reste plus qu'une soixantaine de kilomètres à parcourir avant d'atteindre le cap du million de kilomètres. Dans un paysage automobile où, en France, l'âge moyen des voitures envoyées à la casse est de 19 ans et où seule une minorité dépasse les 300 000 km, l'histoire de cette Audi intrigue autant qu'elle surprend, et l'on se demande comment cette voiture a réussi à aller si loin sans vraiment faiblir.

De l’Audi 80 neuve de 1991 au seuil du million de kilomètres

Martin Lefevere vit à Sint-Eloois-Winkel, dans la commune de Ledegem, en Flandre occidentale. Il a pris le volant de son Audi 80 pour la première fois en 1991, lorsqu'il l'a achetée neuve, et depuis il n'a plus conduit d'autre voiture. Ancien moniteur d'auto-école pendant 25 ans, il a appliqué à sa voiture les mêmes principes de conduite douce et prudente qu'il enseignait à ses élèves. "Elle ne tombait jamais en panne, alors je l’ai gardée, confie l’ex moniteur d’auto-école qui roule au volant de la même voiture depuis 35 ans. La majeure partie des pièces est encore entièrement d’origine : elle possède toujours son premier moteur, son premier embrayage et sa première boîte de vitesses." Explique Martin Lefevere, cité par HLN.

Au fil des ans, très peu d'éléments mécaniques majeurs ont été remplacés. "La plus grande partie est encore entièrement d'origine : elle a encore le premier moteur, le premier embrayage et la première boîte de vitesses", détaille aussi Martin Lefevere. L'Audi passe ses nuits à l'abri dans un garage et bénéficie d'un entretien régulier, que son propriétaire décrit comme une simple routine. "La voiture continuait simplement à rouler, donc je l'ai gardée", résume-t-il. "Elle continue de rouler, donc je n'ai pas besoin d'une autre." Et puis son design très années 1990 dénote et attire parfois les curieux, peu habitués à voir encore ce modèle sur la route.

Un million de kilomètres, des chiffres hors normes et une anecdote en Norvège

Au moment où les articles ont été rédigés, il restait encore environ 70 km à parcourir avant que le compteur de l’Audi n'affiche 1 000 000 km. En Belgique, les voitures envoyées à la casse présentent en moyenne 200 000 km au compteur, ce qui signifie que l’auto de Martin a roulé au moins cinq fois plus. En France, selon le ministère de la Transition écologique, l’âge moyen des voitures détruites est de 19 ans et seule une minorité dépasse les 300 000 km, un contraste qui souligne à quel point un tel kilométrage reste exceptionnel pour une voiture particulière. Martin Lefevere attribue cette longévité à sa conduite tout en douceur, à un entretien mécanique régulier et au fait que sa voiture passe ses nuits à l’abri dans un garage. Avec moins de 70 km à parcourir, il se dit confiant pour atteindre ce cap symbolique sans encombre et prévoit même de marquer le coup avec une petite fête.

Sur la route, cette vieille Audi n’a pas seulement accumulé des kilomètres ; elle a aussi offert à son propriétaire quelques scènes inattendues. Son look très marqué années 1990 dénote et attire parfois les regards, y compris ceux des forces de l’ordre. Lors d’un voyage en Norvège, l’épisode a pris une tournure pour le moins surprenante. "En Norvège, ils pensaient que j'étais un trafiquant de drogue", raconte-t-il. Dans son récit, le sexagénaire se souvient précisément de la scène : "Après avoir franchi la frontière, j’ai vu une nuée de policiers arriver derrière moi dans mon rétroviseur, retrace le sexagénaire. Ils pensaient que j’étais un trafiquant de drogue. Ils ont fouillé la voiture de fond en comble, mais bien sûr, ils n’ont rien trouvé." Il la décrit aussi avec d'autres mots à la presse flamande : "Quand j'ai passé la frontière, j'ai vu dans mon rétroviseur tout un tas de policiers arriver derrière moi", explique encore Martin. "Ces policiers se sont dit que j'étais un trafiquant de drogue. Ils ont inspecté toute la voiture de l'intérieur comme de l'extérieur, mais bien sûr, ils n'ont rien trouvé." Une histoire de plus au compteur d’une voiture qui s’apprête à inscrire un million de kilomètres sur son odomètre, sans avoir jamais vraiment cessé de faire ce qu’on lui demande : rouler.