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Cette archive montre que le rassemblement contre le RN à Orléans n’a rien d’inédit

Politique 23/10/2026 13:10 Actualisé le 23/10/2026 16:07 En 1997, en marge d’un congrès du Front national à Strasbourg, 50 000 personnes s’étaient réunies pour s’opposer aux idées d’extrê...

Politique 23/10/2026 13:10 Actualisé le 23/10/2026 16:07

En 1997, en marge d’un congrès du Front national à Strasbourg, 50 000 personnes s’étaient réunies pour s’opposer aux idées d’extrême droite.

Le 29 mars 1997, 50 000 personnes se réunissaient dans les rues de Strasbourg.

DAMIEN MEYER / AFP

Le 29 mars 1997, 50 000 personnes se réunissaient dans les rues de Strasbourg.

EN BREF
• En 1997, 50 000 personnes manifestaient à Strasbourg contre le Front national, marquant la plus grande mobilisation depuis la Libération.
• Des figures politiques et culturelles, comme Lionel Jospin et Jane Birkin, y participent.
• En 2026, une mobilisation similaire se prépare à Orléans contre le RN, avec des personnalités de gauche, soulignant la persistance de l’opposition aux idées d’extrême droite.

L’IA au HuffPost.

C’est, à ce jour, la plus grande manifestation qui ait eu lieu à Strasbourg depuis la Libération. Le 29 mars 1997, plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent dans les rues de la ville pour s’opposer aux idées de l’extrême droite, en marge d’un congrès du Front national. Un événement qui résonne tout particulièrement aujourd’hui, avec la tenue d’un congrès du RN à Orléans ce week-end… et l’organisation de contre-manifestations par la gauche.

Dans les rues de Strasbourg en 1997, on aperçoit la maire PS de la ville, Catherine Trautmann, qui vante « une lutte contre le fascisme, contre le révisionnisme, contre les valeurs d’extrême droite, le racisme, l’antisémitisme ». Elle est entourée de Lionel Jospin, Premier secrétaire du PS et bientôt Premier ministre, du communiste Robert Hue et de l’écologiste Dominique Voynet, mais aussi de plusieurs personnalités du monde des arts et de la culture comme l’actrice Jane Birkin ou le chanteur Patrick Bruel.

Des associations de défense des Droits de l’Homme, telles que SOS Racisme, ont affrété des bus en provenance de toute la France pour s’assurer qu’un maximum de monde soit présent. Un convoi baptisé « Train de la liberté » a même été lancé de la gare de l’Est à Paris, direction l’Alsace. Les services de renseignement prévoient la venue de 25 000 personnes, il y en aura deux fois plus.

Serge Klarsfeld, célèbre « chasseur de nazis » aux côtés de son épouse Beate, a également fait le déplacement. À l’époque, l’historien réclame l’interdiction du Front national, « étant donné sa nature profondément néofasciste ». L’homme a aujourd’hui totalement retourné sa veste, au point d’être allé jusqu’à rencontrer Marine Le Pen en 2024 et d’estimer, à rebours de son histoire, que le RN « soutient les juifs ».

« Strasbourg est une ville symbole de l’Europe. Et l’Europe, c’est l’ouverture, la lutte contre le racisme. Des idées élargies, pas des idées rétrécies », affirme un manifestant, alors interrogé par France 2. Dans le reportage consacré au défilé le soir même dans le journal de 20 heures, la journaliste explique que les citoyens présents pratiquent « un harcèlement démocratique » à l’encontre du Front national. Une expression très courante à l’époque, quasiment plus utilisée aujourd’hui.

Des personnalités de toute la gauche attendues

Le parallèle entre l’événement de 1997 et celui de 2026 est particulièrement intéressant. Samedi, à Orléans, sont attendues des personnalités de toute la gauche : Olivier Faure (PS), Ian Brossat (PCF), Bally Bagayoko (La France insoumise), Sophie Binet (CGT)… Dans une rhétorique calquée sur celle des années 1990, Marine Le Pen s’est indignée que des organisations de gauche cherchent, selon elle, à « entraver » le congrès du RN.

Car cette nouvelle mobilisation, à laquelle pourraient participer 20 000 ou 30 000 personnes, entrave la stratégie de normalisation et de dédiabolisation entreprise par Marine Le Pen depuis qu’elle a repris les rênes du parti à son père. En 1997, l’ambiance dans la manifestation était joyeuse, festive, pacifique. Elle avait presque éclipsé le congrès du Front national, dont les cadres dirigeants enrageaient de se faire ainsi voler la vedette.

Il pourrait en être de même cette année. Au-delà de la bataille de chiffres (la gauche pourrait réunir davantage de monde que le RN), c’est une bataille d’image qui se joue, à six mois de l’élection présidentielle. Ces contre-manifestations réactivent l’idée que le parti fondé en 1972 par d’anciens Waffen-SS n’est peut-être pas tout à fait un parti comme les autres.